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GRAND ENTRETIEN - Dans 1966, année mirifique, l’académicien transforme une année ordinaire en point de bascule de notre histoire contemporaine, entre massification de l’enseignement, explosion des loisirs et baisse de la natalité. L’occasion de mesurer, 60 ans plus tard, l’ampleur des métamorphoses françaises.
Passer la publicitéProfesseur émérite au Collège de France et professeur de littérature à l’université Columbia, membre de l’Académie française, Antoine Compagnon publie 1966, année mirifique (Gallimard, 544 p., 26,50 €).
LE FIGARO. - Dans votre livre, vous proposez de regarder 60 ans en arrière, en 1966. Pourquoi cette année ? Représente-t-elle, comme vous l’écrivez, « l’essence du siècle sous l’écume des jours » ?
Antoine COMPAGNON. – Après avoir vécu aux États-Unis avec ma famille, l’année 1965-1966 est celle où je suis revenu en France, à bord du paquebot France. J’avais 15 ans et c’était ma découverte de ce pays. Je l’ai vécue comme une année très effervescente et j’ai voulu faire cette enquête pour vérifier que je ne me trompais pas : vérifier que c’était bien une année de bascule dans l’histoire de la France contemporaine. 1966 est une année moins frappante que 1962, avec la fin de la guerre d’Algérie, les accords d’Évian et les rapatriés qui débarquent, ou que 1968.
C’est une année…


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