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Par Anne-Sophie de Rous
Publié le 02/09/2026 à 20h08
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TRIBUNE - La débauche d’effets spéciaux sur les affiches générées par IA donne au paysage urbain l’allure sinistre d’une simulation en boucle, estime la chroniqueuse. Il reste à espérer que, comme beaucoup de laideurs de transitions, cela disparaîtra sans qu’on s’en aperçoive.
Passer la publicitéAnne-Sophie de Rous est photographe et chroniqueuse pour RTS (Radio Télévision Suisse).
Quand j’ai commencé à générer des images par intelligence artificielle, les machines avaient encore une conception plutôt souple de la quantité de doigts nécessaire à un humain. J’ai passé des heures à créer des visions involontairement apocalyptiques d’humanoïdes polydactyles, peuplant des mondes que l’on aurait volontiers qualifiés de «lynchiens», avant que les améliorations des modèles n’effacent progressivement ces étrangetés.
L’horreur que je pensais consubstantielle à l’intelligence artificielle générative n’était qu’un état transitoire de la technologie, assez long pour devenir reconnaissable, mais assez bref pour appartenir déjà à un premier âge lointain. C’est une des raisons pour lesquelles je ne parviens pas à partager tout à fait l’indignation suscitée par les menus de restaurants, les panneaux de boucherie et les affiches de fêtes de village générées par IA.
Je les trouve hideuses, mais je…


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