«J’en ai fini avec le rôle d’entraîneur.» Ces mots ont été prononcés à l’été 2024 par Jürgen Klopp, au moment de quitter le banc de Liverpool. Le technicien allemand, précédemment passé par Mayence et le Borussia Dortmund, y avait passé neuf saisons et remporté huit titres dont une Ligue des champions, d’où le sentiment peut-être d’avoir fini le jeu. Après deux ans au poste plus stratégique de directeur du football au sein de l’empire Red Bull, qui possède plusieurs clubs européens, le revoilà pourtant au bord du terrain: il a été intronisé vendredi à la tête d’une équipe d’Allemagne à reconstruire après son élimination dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde. «Ce sera idéalement le point culminant de ma carrière», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
A sa décharge, le rôle de sélectionneur national n’est pas le même que celui d’entraîneur en club… On ne recrute pas ses joueurs dans l’océan de la discipline la plus globalisée mais dans la petite mare d’une nationalité donnée. On ne les fait pas travailler au quotidien pour qu’ils progressent et intègrent les concepts philosophico-tactiques souhaités mais une dizaine de jours tous les trois mois. On n’a pas un championnat, une coupe nationale et une compétition européenne pour briller mais un grand tournoi biennal à réussir. Malgré le prestige indiscutable de la Coupe du monde et de l’Euro, ces caractéristiques ont longtemps retenu les entraîneurs stars d’accepter une mission de coach national longtemps associée à une préretraite. Mais en la personne de Klopp, l’Allemagne a recruté un coach qui aurait pu prétendre à entraîner n’importe quel grand club. Et ce n’est pas un cas isolé.


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