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Aide médicale à mourir : une médecin explique sa démission devant la justice

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Une médecin spécialisée en soins palliatifs de Vancouver, qui affirme avoir préféré démissionner plutôt que d'autoriser le transfert de patients dans le cadre de l'aide médicale à mourir (AMM), a témoigné devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique cette semaine.

Selon la médecin, ce processus de transfert cause des « souffrances inutiles » aux patients.

La docteure Jyothi Jayaraman est l'une des trois plaignantes dans cette affaire. Elles contestent la constitutionnalité des établissements de santé confessionnels financés par des fonds publics qui interdisent l'aide médicale à mourir dans leurs bâtiments.

Parmi les autres plaignants figurent Gaye O'Neill — la mère d'une femme décédée après avoir été contrainte d'être transférée de l'Hôpital Saint-Paul, situé dans le centre-ville de Vancouver, pour y recevoir l'AMM en 2023 — et l'association Mourir dans la dignité Canada.

Dans sa déclaration sous serment, la Dre Jayaraman affirme avoir démissionné de son poste de soignante en soins palliatifs dans deux centres de Vancouver au début de l'année 2023, car l'un d'entre eux allait passer sous l'administration de Providence Health Care.

Une opposition à l'euthanasie

Providence Health Care, un des défendeurs dans cette affaire, est un organisme de santé catholique qui gère l'Hôpital Saint-Paul et 17 autres établissements de santé.

J'ai vu des transferts forcés causer d'importantes souffrances physiques, psychologiques et spirituelles inutiles. Lorsqu'une personne approche de la fin de sa vie, chaque mouvement peut être atrocement douloureux. Lorsqu'un patient n'a plus que 15 minutes à vivre, chaque minute semble durer une heure , a-t-elle affirmé dans sa déclaration sous serment.

La médecin affirme avoir fourni l'évaluation ou le soutien pour l'aide médicale à mourir à des patients qui ont ensuite été contraints de se faire transférer dans un autre établissement pour avoir recours à cette procédure.

En ne prodiguant pas l'aide médicale à mourir au chevet du patient, alors que je sais que je peux le faire, je suis obligée d'aggraver les souffrances de cette personne. Je trouve cela extrêmement éprouvant.

Des espaces adjacents

Lors du contre-interrogatoire de la Dre Jayaraman, l'avocate représentant le défendeur, Vancouver Coastal Health, a souligné que les autorités sanitaires avaient créé des espaces spécialement destinés à la pratique de l'aide médicale à mourir, appelés espaces adjacents , à proximité des hôpitaux et des centres de soins palliatifs gérés par Providence.

Ces espaces adjacents sont gérés par Vancouver Coastal Health.

L'avocate a souligné que la Dre Jayaraman a été la prestataire de l'aide médicale à mourir pour les deux premiers patients à avoir subi cette procédure à Shoreline, l'espace adjacent à l'Hôpital Saint-Paul.

Elle a présenté comme preuve un courriel rédigé par la Dre Jayaraman dans lequel elle félicitait le personnel pour le bon déroulement des procédures et pour avoir accordé la priorité aux soins prodigués aux patients.

Dans sa déclaration sous serment, la Dre Jayaraman a toutefois fait remarquer que même les transferts vers des espaces adjacents peuvent être perturbants, car ils signifient que les dernières minutes de la vie d'un patient — qui, selon elle, devraient être passées dans un espace calme et sacré — sont accaparées par la logistique.

Une question d'exemption religieuse

La province de la Colombie-Britannique, Providence Health Care et la Régie de la santé Vancouver Coastal sont toutes citées comme parties défenderesses dans cette affaire.

La Cour suprême de la Colombie-Britannique se penche, depuis le 12 janvier, sur cette affaire. Elle doit déterminer si les hôpitaux peuvent refuser l'accès à l'aide médicale à mourir aux patients pour des raisons religieuses.

Le procès pourrait durer jusqu'à quatre semaines.

Plusieurs intervenants participeront au procès, notamment l'Association canadienne des libertés civiles, la BC Humanist Association, le Canadian Centre for Christian Charities, Canadian Physicians for Life et la Christian Legal Fellowship.

Avec des informations de La Presse canadienne et de CBC. (nouvelle fenêtre)

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