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Affaire du viol collectif de Cornell : la procureure Letitia James chargée de l’enquête

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International 02/10/2026 15:00 Actualisé le 02/10/2026 17:28

La procureure générale de New York a été nommée procureure spéciale dans l’enquête sur le viol en réunion commis fin 2024 à la prestigieuse université Cornell.

EN BREF • La procureure Letitia James est nommée procureure spéciale pour l’enquête sur le viol collectif présumé à l’université Cornell.
• Cette nomination souligne l’importance que l’affaire a prise aux États-Unis.
• Letitia James est célèbre pour ses investigations contre Donald Trump ou Andrew Cuomo, accusé de violences sexuelles.

Sa nomination dit tout de l’importance prise par l’affaire du viol collectif de Cornell aux États-Unis. La gouverneure de l’État de New York a annoncé, ce vendredi 2 octobre, désigner Letitia James, la procureure générale de New York, procureure spéciale pour diriger l’enquête dite des « 7 de Cornell », relancée depuis quelques jours.

« Des nouvelles informations rendues publiques soulèvent des questions graves (sur la façon dont ce dossier a été géré) », a souligné Kathy Hochul dans un communiqué publié sur X. « Cela a sapé ma confiance, et la confiance du public, sur la capacité du procureur local à enquêter efficacement et à poursuivre en justice », a ajouté la gouverneure pour justifier sa désignation d’un procureur spécial.

« La jeune femme au centre de cette affaire mérite de savoir que chaque fait sera examiné et que la justice sera poursuivie », a-t-elle complété. « Nous ne prenons pas cette responsabilité à la légère », a répondu Letitia James sur X.

Action civile contre Donald Trump

La magistrate est célèbre pour ses investigations contre Donald Trump ou l’ex-gouverneur Andrew Cuomo, accusé de violences sexuelles. En 2022, la procureure générale de New York avait ainsi intenté et remporté une action civile contre le président des États-Unis et ses fils Donald Jr. et Eric.

Ces derniers s’étaient vu reprocher d’avoir gonflé la valeur des actifs de la Trump Organization dans le but d’obtenir des prêts bancaires plus avantageux. Depuis, Letitia James continue de poursuivre en justice l’administration Trump sur plusieurs sujets, dont son retour en arrière sur les normes climatiques comme elle le met en avant sur Instagram.

Les « 7 de Cornell », une affaire à la résonance nationale

Revenons à l’affaire dite des « 7 de Cornell ». Dans une plainte au civil récente, la victime présumée de l’affaire, étudiante de 20 ans au moment des faits, affirme avoir été droguée et violée par sept membres de la fraternité Chi Phi, une association d’élèves uniquement masculine.

Ces étudiants n’avaient pas été poursuivis à l’époque par le procureur du comté de Tompkins, dont relève l’université Cornell, le témoignage de la plaignante ne permettant pas selon lui d’établir une absence de consentement.

Deux ans plus tard, l’affaire a pris une résonance nationale, la plainte récente ayant été largement relayée en ligne, suscitant une avalanche de réactions indignées, notamment d’élus et de célébrités. L’affaire jette une lumière crue sur les fraternités des campus américains, régulièrement accusées d’être un univers marqué par des soirées de débauche, la loi du silence, l’entre-soi et des bizutages humiliants.

La promesse de « changer » la loi sur les victimes de viol en état d’ébriété

L’affaire devrait aussi être l’occasion d’une évolution de la législation, a fait savoir la gouverneure de l’État de New York ce vendredi, promettant de réformer un texte polémique qui rend difficile pour une victime de faire reconnaître un viol si elle avait absorbé au préalable de l’alcool ou des stupéfiants de son plein gré.

Le fait d’être en état d’ébriété ou sous l’emprise de drogues après une consommation volontaire « ne donne pas licence pour une agression sexuelle ou un viol en réunion », a déclaré Kathy Hochul, en référence à ce texte et à l’affaire des « 7 de Cornell ». « Si quelqu’un est trop diminué » par les effets de l’alcool, des stupéfiants, ou des deux, « le fait que la consommation ait été volontaire ou non ne devrait pas entrer en compte », a-t-elle martelé.

La démocrate s’est dite « favorable » au fait de « changer cette loi » et elle assure qu’elle va « travailler avec le Parlement de New York pour y parvenir ».

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