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Une équipe du consulat général du Guatemala à Montréal s’est déplacée en Abitibi-Témiscamingue cette semaine.
Un bon accompagnement, tant de la part des organismes que des employeurs, joue un rôle clé dans l’intégration des travailleurs étrangers temporaires (TET), qui sont ici à coups de contrats. C’est l’un des constats qui ressort des échanges tenus mardi à la ferme laitière Témistar, à Saint-Eugène-de-Guigues.
En visite pour la première fois dans la région, l’objectif du consulat était de faire connaître ses services aux travailleurs guatémaltèques, mais aussi à leurs employeurs.
La propriétaire de Témistar, Édith Lafond, a pu discuter avec la consule générale, Julissa Hengstenberg Delgado, d’exemples concrets.
Si j’ai un travailleur qui travaille ici au Québec, mais qui va faire des visites en Ontario et qu’il arrivait un pépin?, a questionné Édith Lafond. Il appelle le consulat à Toronto, lui a répondu la consule. Nous, on ne peut pas intervenir en Ontario.

Le groupe a pu visiter les installations de la ferme laitière.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Un cercle social
Quand un propriétaire d’entreprise accueille un travailleur venu de l’étranger, son rôle ne s’arrête pas à l’emploi, bien au contraire. À la limite, on est quasiment des mères de famille!, illustre avec un sourire Édith Lafond.
À l’arrivée d’un nouveau travailleur, la productrice laitière prend souvent le temps de passer en revue avec lui certaines règles de conduite québécoises, comme le port de la ceinture obligatoire au volant.
Ensuite, il faut leur montrer comment ça fonctionne un compte à la Caisse, comment ils peuvent transférer les fonds à leurs familles, comment ça fonctionne d’entretenir leur logement, cite-t-elle en exemple.

La ferme Témistar est située à Saint-Eugène-de-Guigues, au Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
La vie sociale est un aspect fort important de l’intégration des travailleurs, fait remarquer Édith Lafond.
D’apprendre à se connaître entre les Guatémaltèques ici, ce sont des choses qu’on aime bien faire. Quand on reçoit des nouveaux, on aime qu’ils s’intègrent au groupe d’amis qu’il y a déjà dans la région, explique-t-elle.
Sergio Noé Ramirez Santos, à l’emploi de Témistar, affirme se sentir à l’aise au Témiscamingue. J’ai plusieurs amis et je les visite pendant mes congés. Tout va bien, j’aime le climat, confie-t-il.
On va essayer de leur donner la chance d’avoir rapidement un sentiment d’appartenance à la région, pendant qu’ils sont ici pour faire leur travail.
Des sorties dans les festivals et événements de la région sont aussi organisées. L’intégration au milieu de vie demeure, selon elle, un enjeu partagé par bien des producteurs agricoles qui font appel à des travailleurs étrangers temporaires.

Sergio Noé Ramirez Santos, qui termine son deuxième contrat à la ferme Témistar, a reçu des informations et de la documentation.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Bien que les traducteurs automatiques soient pratiques, rien ne remplace quelques cours d’espagnol pour faciliter les communications, relate Mme Lafond.
L’argent et la santé
Plusieurs organisations ont le mandat de soutenir travailleurs et employeurs au Québec. L’organisme Immigrant Québec était sur place, avec son guide Info TET, qui présente des informations utiles en trois langues.
Les préoccupations des travailleurs sont souvent les mêmes, explique le directeur de projet Nicolas Bellier.
Surtout en termes de santé, ils ne sont pas tellement au fait de comment ça peut se passer, en termes de fiscalité également, connaître une fiche de paie… puis la langue. Ça va être LE numéro un, la communication. Évidemment, avec les employeurs, puis avec l’environnement local, illustre M. Bellier.

Immigrant Québec produit, par l'entremise de Info TET, un livret d'informations pour les travailleurs étrangers temporaires.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Son collègue Jonathan Buitrago, originaire de la Colombie et établi au Québec depuis quelques années, renchérit : les impôts sont un véritable casse-tête pour la majorité.
Pistes d’amélioration
Le modèle de travailleurs étrangers temporaires au Canada fonctionne bien, selon la consule générale Julissa Hengstenberg Delgado.
Si elle pouvait améliorer un aspect du système, elle souhaiterait davantage de financement pour renforcer la présence sur le terrain des organismes spécialisés auprès des TET.
Ça m’étonne que malgré toutes ces ressources que les gouvernements déploient, c’est la première fois qu’ils viennent dans des zones si lointaines, exprime Mme Hengstenberg Delgado.

Julissa Hengstenberg Delgado, consule générale du Guatemala à Montréal, se réjouit de pouvoir visiter la région pour la première fois.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Pour Édith Lafond, les délais pour faire venir un travailleur gagneraient à être revus.
Parfois, on a un départ précipité de travailleur pour toutes sortes de raisons, et le processus pour ravoir quelqu’un est souvent trop long. Il y a des entreprises qui se retrouvent à découvert pendant un peu trop longtemps. Quand tu perds un travailleur et que tu as quatre ou cinq mois à attendre, ça peut devenir épuisant, témoigne la productrice agricole.
Elle salue l’accompagnement que les employeurs reçoivent, mais précise qu’il est important de s’impliquer aussi.


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