Le Tour de France va passer par Vichy ce mercredi matin, mais le passé peut-il enfin passer, lui? Huit décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville du centre de la France, 28 000 habitants, reste synonyme de la collaboration avec les nazis, associée au gouvernement de Pétain, qui en fait sa capitale de juillet 1940 à août 1944. Aucun président de la République n’a daigné la visiter entre 1951 et 2019. La Grande Boucle elle-même n’y avait pas donné de départ d’étape depuis 1952. L’incursion de cette année permettra d’apprécier comment la sous-préfecture de l’Allier essaie de transformer son image. Mais le peloton et la caravane croiseront encore de sinistres fantômes.
C’est d’abord le quartier général de la Gestapo qui se dressera sur la droite de la route, lieu de torture et d’exactions (au 121, boulevard des Etats-Unis). Longeant le parc des Sources, la course pourra ensuite voir l’Opéra, là où les parlementaires votèrent les pleins pouvoirs à Pétain, le 10 juillet 1940, mais aussi l’hôtel du Parc, où le maréchal avait son bureau et sa résidence – une association à sa mémoire entretient ses appartements au troisième étage, au milieu de cabinets de médecin et d’avocats ou de logements Airbnb. Ce sera enfin un défilé devant le Ministère de la marine et le Secrétariat à la guerre (aux 13 et 25, avenue Thermale), avant que l’étape ne se poursuive vers l’arrivée à Nevers.


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