A la guerre, il y a des choses qu’on anticipe et il y a des surprises. Ainsi, la campagne de frappes ukrainiennes dans la grande profondeur russe était anticipée. Les missiles Flamingo avaient été présentés en août 2025 et l’Ukraine demandait de longue date la possibilité de répondre aux frappes russes dans sa profondeur. Plus surprenante a été la campagne ukrainienne de Battlefield Air Interdiction (BAI), interdiction aérienne du champ de bataille qui s’est développée depuis avril 2026. Il s’agit d’un mode d’action aérien intermédiaire, entre le soutien rapproché au combat sur la ligne de front et les frappes stratégiques.
La BAI commence à la fin de la Première guerre mondiale, avec la disponibilité en nombre croissant d’appareils de bombardement. L’idée est de frapper les arrières du dispositif militaire adverse. Dépôts et ateliers logistiques, postes de commandement avancés, positions d’artillerie, concentrations de troupes, unités en mouvement… Tout ce qui peut entraver l’adversaire et l’empêcher d’alimenter le front. Entre les deux guerres, ce mode d’action évolua de manière hétérogène. En Union soviétique, les théoriciens de l’art opératif en firent un aspect important de l’action dans la profondeur. La Luftwaffe en fera un usage abondant après 1939, avec des appareils spécialisés mais vulnérables. Mais ce furent les Anglo-saxons, après 1943, qui obtinrent les meilleurs résultats, notamment par la supériorité de leurs chasseurs-bombardiers et bombardiers légers. Les mouvements et la logistique de l’armée allemande pendant et après l’été 1944 seront ainsi considérablement entravés.


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