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A l'UGent, la polémique liée au philosophe américain ne retombe pas et s’internationalise

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La polémique ne retombe pas à l'université de Gand. La nomination du philosophe américain Nathan Cofnas, qui prétend "qu'il existerait un gène de l'intelligence", continue de susciter de vives tensions en Flandre et au-delà. Un débat qui cristallise des lignes de fracture profondes autour de la liberté académique et des limites du discours scientifique.

À l'origine de la controverse, deux pétitions réclamant le licenciement du chercheur postdoctoral. En cause : ses prises de position sur les différences de QI entre groupes. Pour leurs auteurs, ces propos contreviennent au code d'éthique de l'université. L'une des pétitions va plus loin, qualifiant ses idées de "moralement méprisables".

La contestation s'est rapidement structurée en interne. La semaine dernière, plus de 40 enseignants et chercheurs du département de philosophie et de sciences morales ont publié une lettre ouverte dans plusieurs médias flamands. Ils y affirment qu'il n'y a pas de place, à l'université, pour "la pseudoscience et le racisme".

Dans la foulée, près de 300 universitaires et étudiants ont à leur tour interpellé la rectrice, Petra De Sutter, pour dénoncer les propos de Cofnas et exiger son départ.

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Une polémique qui s'internationalise

Mais depuis mardi, le débat a changé d'échelle. Une troisième lettre ouverte, signée par plus de 120 universitaires et organisations de défense de la liberté d'expression à travers le monde, est venue rebattre les cartes. Parmi les signataires figurent notamment Peter Singer (Princeton), Jeff McMahan (Oxford) et Francesca Minerva (Milan). Ensemble, ils dénoncent "une atteinte à la liberté académique".

Leur position se veut nuancée. Ils ne valident pas les thèses de Cofnas mais défendent son droit à les exprimer. Selon eux, les universitaires doivent pouvoir avancer des idées controversées, voire provocatrices, sans craindre pour leur emploi. En retour, la critique et la contradiction doivent rester pleinement ouvertes.

Une ligne de crête délicate, dans un contexte académique de plus en plus polarisé.

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Le débat au cœur de l'université

Pour les signataires, les désaccords, qu'ils portent sur des faits, des principes éthiques ou l'interprétation d'un code universitaire, doivent être tranchés par la recherche et une discussion libre, ouverte et respectueuse.

Sur ce point, ils rejoignent la position de la rectrice Petra De Sutter. Pour elle, l'université a pour mission de créer un espace de débat, tout en garantissant un climat où chacun se sent écouté et respecté.

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