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Combatif et digne face aux effets invalidants de la maladie de Charcot dont il souffre, l’ancien directeur des sports de Canal+ a reçu le journaliste de France 2 chez lui à Carnac, en Bretagne.
Passer la publicité Passer la publicitéLaurent Delahousse s’est rendu à Carnac, en Bretagne, pour rencontrer Charles Biétry à son domicile dans le cadre d’une interview diffusée dimanche soir sur France 2 dans « 20h30 le dimanche » . « Cela fait 30 ans que je le connais, il a été une des plus grandes voix du sport à la télévision », témoigne le journaliste, figure du «JT de 20 Heures», admiratif du parcours de celui qui se bat depuis plus de quatre ans contre la maladie de Charcot. « Il se bat pour lui et pour celles et ceux qui revendiquent le droit à mourir dans la dignité. »
Privé de l’usage de la parole, les pensées de Charles Biétry sont retranscrites grâce à un outil d’intelligence artificielle générant sa propre voix. Une technologie a capella qu’il utilise depuis un entretien réalisé il y a un an avec Audrey Crespo-Mara pour le magazine « Sept à huit » sur TF1. « C’est terrible d’avoir une idée, d’avoir une phrase, un mot qui reste enfermé dans le cerveau comme dans une bulle », témoigne-t-il. Une chose demeure intacte, sa passion pour le football. « La Coupe du monde est plus qu’une source de joie. Je suis prêt pour la victoire des Bleus face à l’Espagne ou l’Allemagne », a déclaré l’ancien directeur des sports de Canal+.
« Tant que les poumons résistent, je suis toujours dans le match et vivant »
Charles BiétryÀ 82 ans, Charles Biétry a parlé de son « combat » contre une maladie de plus en plus invalidante qui évolue « lentement ». « Je n’aime pas perdre. Je sais que ça va mal se finir, mais je vends chèrement ma peau. Le philosophe Alain, mon directeur de pensée, m’a appris qu’avoir peur de la mort, c’était pire que la mort. Alors, je n’ai pas peur, a-t-il assuré. La maladie de Charcot a fait quelques dégâts. Je ne marche quasiment plus. J’ai les plus grandes difficultés à avaler et donc à manger et j’ai perdu la parole. Tant que les poumons résistent, je suis toujours dans le match et vivant. »
«Trop tard pour moi, mais ils vont trouver... »
Auprès d’un Laurent Delahousse très ému, Charles Biétry a affirmé vouloir se contenter des soins de son kiné. « Ouvrir la cage thoracique pour installer un appareil qui te permettra d’étouffer moins vite, c’est sans moi, a-t-il indiqué en se montrant néanmoins confiant pour l’avenir. L’IA révolutionnera le monde et accélérera les recherches pour trouver le médicament miracle. À mes copains atteints de la même maladie, je dis : “Accrochez-vous, ils vont trouver”. Trop tard pour moi, mais ils vont trouver... »
Charles Biétry a rappelé sa volonté de mourir librement et dignement, sans agoniser sur un lit d’hôpital. « Mourir en Suisse, assisté médicalement pour la fin de vie que je choisirai, est apparu très vite comme une évidence, a-t-il expliqué en espérant toujours le vote d’une loi sur la fin de vie en France. Aujourd’hui, je vis mes dernières émotions. Elles m’arrachent souvent des larmes, mais je n’en ai pas honte. À l’approche de la mort, chaque sentiment est décuplé, mais je ne vais pas les refouler. Toute ma vie, j’ai cherché ces émotions. »


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