C’est l’histoire d’une population que tout le monde croise, mais qu’infiniment peu connaissent. Elles et ils tendent leur gobelet à ras les godasses dans les rues Basses, ponctuent le trajet des «tpgéistes» entre Bel-Air et Plainpalais de quelques notes de musique, et le soir venu, parfois, s’étendent sous un auvent ou dans un parc sous des yeux bien empruntés et des airs pincés. Depuis vingt ans et l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, la présence des mendiants roms dans les rues de Genève agite, au gré de campagnes électorales, de l’ire des commerçants et des déconvenues judiciaires des autorités.
Progressivement au cours du printemps, le dossier, l’un des plus épais de la République, a refait surface sur les réseaux et dans les rames de tram, avant d’éclater, cette semaine, dans les médias locaux quand la centriste Marie Barbey-Chappuis a déclaré sur le plateau de Léman Bleu que la situation n’était «pas loin d’être hors de contrôle», en raison de «la multiplication des campements» dans l’espace public.


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