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Alors que plus de 1 200 professionnels du cinéma ont signé une tribune dénonçant l’emprise de Bolloré sur le cinéma, Kassovitz estime qu’« aucun cinéaste n’a été censuré » jusqu’à présent.
Alors que la polémique autour de la tribune anti-Bolloré continue d’agiter le Festival de Cannes, une voix dissonante s’est fait entendre sur la Croisette ce mercredi 20 mai. Interrogé par Brut, Mathieu Kassovitz a pris la défense de Canal+, au moment où plusieurs centaines de professionnels du cinéma dénoncent l’influence grandissante de Vincent Bolloré dans le secteur.
Le réalisateur de La Haine et acteur de Le Bureau des légendes a d’abord esquivé le sujet, estimant qu’il mériterait « une bonne discussion ». Mais il a surtout refusé de condamner la chaîne cryptée à ce stade.
« En tant que cinéaste pour l’instant, je pense qu’aucun cinéaste n’a été censuré pour financer ses films par Canal Plus », a-t-il déclaré au micro de Brut. Avant d’ajouter : « Je pense que Canal Plus fait bien son boulot pour l’instant et qu’on devra gueuler quand Canal Plus ne fera pas bien son boulot. Mais pour l’instant, ils le font très bien. »
Depuis plusieurs jours, le monde du cinéma se fracture autour d’une tribune publiée dans Libération, qui critique « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma français à travers Vincent Bolloré, principal actionnaire du groupe.
La controverse s’est encore amplifiée le week-end dernier après les propos de Maxime Saada, patron de Canal+, alors qu’il affirmait que la chaîne pourrait « ne plus travailler » avec les signataires du texte. Des déclarations qui ont provoqué une nouvelle vague de soutien à la tribune, désormais signée par plus de 1 200 professionnels du secteur.
Dans ce climat, la sortie de Mathieu Kassovitz apparaît comme l’une des premières prises de position publiques favorables à Canal+. Le cinéaste insiste surtout sur la situation actuelle du financement du cinéma français, dont Canal+ reste un acteur central avec près de 170 millions d’euros investis chaque année.
En attendant, sur la Croisette, les inquiétudes autour d’éventuelles représailles ou d’une « liste noire » continuent de nourrir les discussions entre producteurs, réalisateurs et comédiens.


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