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Le vernissage de l’exposition Ma vie en peinture de Georges Goguen a eu lieu samedi à la Galerie ART-ARTISTE à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, une rétrospective de 75 œuvres qui retrace plus de 70 ans de carrière.
Au cours de sa carrière qui s'est étalée sur sept décennies, Georges Goguen n’a cessé de produire, d’explorer et d’approfondir sa recherche sur l’art et d’explorer différentes approches artistiques.
À 92 ans, Georges méritait une exposition , dit Daniel Chiasson, le propriétaire de la galerie ART-ARTISTE. Comme il y avait une très grande quantité d’œuvres, il fallait faire une exposition importante qui nous montre à peu près toutes les époques de création de Georges.

Ma vie en peinture est également offre aussi l'occasion aux collectionneurs d'art de faire l'acquisition d'un Georges Goguen.
Photo : Facebook : Art-Artiste
Présent lors du vernissage, Georges Goguen a dit se réjouir d'avoir ainsi pu revisiter ses œuvres.
Tout a bien été, le monde est heureux. J’ai rencontré du monde que ça faisait des années que je n’avais pas vu , dit-il.
Son œuvre préféré, il l’a peinte en 1979.
Je l’aime beaucoup, parce que c’est une forme en train de bouger. On dirait qu’elle bouge , dit-il de la toile peinte dans des teintes d’orange et jaune.

La toile préférée de Georges Goguen.
Photo : Radio-Canada / Janic Godin
Il y en a beaucoup d’autres que j’aime aussi assure Georges Goguen.
Du premier bardeau à New York
Georges Goguen a commencé à peindre dans sa jeune enfance. Il dit avoir été grandement inspiré par son père, qui était un artiste peintre d’affiche.
J’aimais beaucoup mon père, alors quand il travaillait à l’extérieur sur ses camions, j’allais le voir et je voulais travailler moi aussi et il me disait non, non, non, ne touche pas parce que tu vas mettre de la peinture sur tes culottes, raconte le peintre qui est aujourd'hui âgé de 92 ans.
Un bon jour, il dit : Georges, j’ai une surprise pour toi, se souvient-il.
C’est à ce moment qu’il a reçu son premier pinceau, un petit pot de peinture. Son père lui a dit de peindre un sur un bardeau avec la couleur de son choix.
Le petit Georges a mis du jaune, puis du bleu, à la demande de son père. Il n’a jamais arrêté de peindre ensuite.
Ça grandissait en moi, je voulais en faire d’autres. Pour moi, c’était une belle carrière, raconte-t-il.

Georges Goguen dans son atelier.
Photo : Facebook : Art-Artiste
Son voyage à New York à la fin des années cinquante a beaucoup marqué un tournant dans sa démarche, raconte-t-il.
J’étais très jeune. Je suis arrivé là-bas en autobus, le gars voulait 5 $ et je lui ai offert un 5 $ canadien. Il n’était pas heureux avec moi, raconte Georges Goguen.
J’ai rencontré beaucoup de monde. Un prénommé Frank Stella, c’est un grand artiste américain. On travaillait ensemble et l’on s’amusait en même temps, poursuit-il humblement.
Frank Stella est le plus jeune artiste à avoir présenté une exposition rétrospective d’envergure au Musée d’art moderne (MoMA) en 1970.
Quand je suis arrivé à la maison, j’ai pensé : ce que j’ai vu, je vais essayer de m’en servir.
Je pense que, lorsque Georges est revenu de New York, il a complètement changé sa façon de peindre, avance Daniel Chiasson, propriétaire de la galerie ART-ARTISTE. Il était comme un des premiers Acadiens à entrer dans la modernité en peinture, à la suite de cette expérience-là.

Georges Goguen a été membre de la Moncton Art Society jusque dans les années 80 et a fait partie de la première exposition collective montée dans la nouvelle Galerie d’art de l’Université de Moncton en 1985.
Photo : Radio-Canada / Janic Godin
De nombreux styles
Le galeriste explique qu’aujourd’hui, on trouve des œuvres de Georges Goguen de différent style, mais, lorsqu’on observe ses anciennes œuvres et ses nouvelles, une trame se fait sentir.
Daniel Chiasson cite en exemple la série de collage de Georges Goguen où ses œuvres sont faites à partir d’objets trouvés dans des poubelles.
Lui voyait ça comme des trésors, puis il trouvait une façon de tout rassembler ensemble pour que ça devienne très esthétique, dit le galeriste.
Cette phase a duré environ 25 ans.

Georges Goguen a été très engagé dans le développement des arts visuels dans la région de Moncton, notamment en tant que l'un des membres fondateurs de la Galerie Sans Nom.
Photo : Radio-Canada / Janic Godin
Ensuite, il y a toute l’innovation au niveau de certaines oeuvres où il a voulu limiter la dimension de ses tableaux avec de faux cadres pour donner l’impression que ses tableaux flottent à la surface du mur, dit Daniel Chiasson. Ça, c’était une innovation assez intéressante.

Georges Goguen a été l’un des peintres en vedette dans le pavillon des provinces de l’Atlantique lors de l’Exposition universelle de Montréal en 1967.
Photo : Radio-Canada / Janic Godin
Tout au long de sa carrière, Georges Goguen a aussi travaillé avec le papier et a réalisé des milliers de croquis.
Tous les matins, il s’exerçait à faire des dessins, dit Daniel Chiasson. C’est un artiste qui était chez lui dans sa routine [...] Il était très ancré dans sa tête et dans sa création à lui. Quand il sélectionnait un dessin pour en faire une peinture, il était tout le temps très motivé à la réaliser aussi.
Les 75 œuvres de l’expo-vente de Georges Goguen sont en montre à la galerie jusqu’à la fin mars.
Avec des informations de Janic Godin


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