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Santé 31/03/2026 20:51
Après un long cheminement personnel, la journaliste met des mots sur sa neurodivergence et évoque les angles morts du diagnostic chez les femmes.

Capture d’écran YouTube
Dans une vidéo sur la chaîne YouTube de son média « Mesdames », Maïtena Biraben revient sur le déclic, le diagnostic de son autisme et la « relecture » de toute une vie à 57 ans.
Pendant des années, Maïtena Biraben a eu le sentiment d’être différente et à part, sans jamais réussir à vraiment comprendre pourquoi. À 57 ans, l’ancienne présentatrice du « Grand Journal » révèle être autiste dans une vidéo que vous pouvez visualiser ci-dessous.
Le déclic survient lors d’un live sur son média « Mesdames ». Une femme apparaît à l’écran. Avant même qu’elle ne parle, quelque chose accroche. « Rien n’allait et tout était familier. » Puis viennent ces mots : « Bonjour, je suis HPI et je suis autiste. » La suite est immédiate. « Ça s’est brisé dans moi. » D’un coup, tout s’aligne.
« Ça fait 28 ans que je cherche à comprendre ce qui dysfonctionne chez moi. » Et avec le temps, cette sensation devient plus nette : « J’avais le sentiment permanence que je n’arrivais pas à rejoindre les autres, à rentrer en contact. »
Après ce moment, elle plonge dans une quête quasi obsessionnelle. Articles, témoignages, études : tout résonne. « Tout ce que je lisais, tout ce que je trouvais comme information me racontait, disait qui j’étais. » La prise de conscience est violente : « Je me suis pris mais un bus dans la tronche. »
Un diagnostic qui lui « fait du bien »
Maïtena Biraben entame alors un parcours médical. Les tests sont réalisés avec une psychologue clinicienne, puis validés par un psychiatre. « Donc c’est un diagnostic que j’ai obtenu. » Les évaluations révèlent aussi un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et un haut potentiel intellectuel (HPI).
Ce diagnostic agit comme un point de bascule. « Pour moi, il me fait du bien. Il m’aide à me comprendre. Il m’aide à expliquer aux autres quelles sont mes limites. » Pour la première fois, son fonctionnement devient lisible.
Mais cette compréhension a un prix. « Ça veut dire que j’ai 57 ans de ma vie à revisiter. » Une remise en perspective totale de son histoire, de ses relations et de sa manière de percevoir les autres.
Même sa carrière à la télévision s’éclaire différemment. « Sur un plateau de télé, il y a un conducteur […] C’est paradis pour une autiste. » Un cadre structuré, prévisible, qui contraste avec la complexité des interactions sociales.
À ceux qui doutent et qui pensent qu’être autiste n’est pas compatible avec une carrière « à succès » dans l’audiovisuel, elle répond sans détour : « Je crois que c’est parce que justement je le suis que j’ai pu faire la carrière que j’ai faite. »
« Les femmes sont très peu diagnostiquées »
Au-delà de son parcours, Maïtena Biraben veut pointer une réalité encore largement invisibilisée : « Les femmes sont très peu diagnostiquées. » Beaucoup compensent, s’adaptent, masquent au point de passer sous les radars pendant des années.
Le chemin vers le diagnostic reste long. « C’est un chemin qui est long et qui est assez douloureux parce qu’on ne sait pas où on est. »
Aujourd’hui, elle prend la parole pour celles qui se reconnaissent dans ce qu’elle décrit. « Je sais que vous êtes très nombreuses […] à vous sentir incroyablement différente et à vous sentir de plus en plus éloigné des autres. »
Et avec une conviction : « On peut y arriver, on peut le faire et on peut sortir de cet immense chagrin qui consiste à ne jamais pouvoir rejoindre les autres. »


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