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"Où sont passés les 700 millions de dollars décaissés par les donateurs internationaux dans la lutte contre Ebola ?" La question a été posée la semaine dernière à Kinshasa par Jean Kaseya, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), agence spécialisée de santé publique de l'Union africaine. L'homme parle d'un "flou dans la gestion de ces fonds".
Jusqu'ici, un peu plus de 200 millions de dollars ont pu être retracés par les autorités congolaises sur les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par les bailleurs.
Jimmy Kande, président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis), a appelé à rapidement "rectifier le tir. Les ONG et les agences internationales doivent justifier l'utilisation de ressources reçues auprès de leurs bailleurs, mais aussi auprès de populations qui en sont bénéficiaires". Sur les antennes de RFI, M. Kande a insisté : "Des fonds insuffisamment retracés ne sont pas nécessairement des fonds détournés. Ces informations semblent révéler un véritable problème de gouvernance et de coordination de la riposte."
Un people américain, proche de Donald Trump, blessé par balles en jouant le mercenaire dans l'est du CongoLe gouvernement congolais, par la voix de son ministre de la Santé publique, Roger Kamba, avait annoncé qu'il demanderait des comptes aux partenaires concernés afin qu'ils expliquent les fonds perçus et leur utilisation.
Pas une première
En 2019, lors de la précédente offensive d'Ebola en République démocratique du Congo, le ministre de la santé, le docteur Oly Ilunga, ex-directeur médical des Cliniques de l'Europe à Bruxelles, avait été arrêté, soupçonné d'avoir détourné plus de 4 millions de dollars venant des donateurs internationaux pour la lutte contre cette épidémie.
Nommé ministre de la Santé par l'ancien président Joseph Kabila en décembre 2016, M. Ilunga a démissionné le 22 juillet 2019, en pleine crise Ebola. le ministre s'estimait désavoué par le nouveau président, Félix Tshisekedi, qui lui avait retiré la conduite de la riposte contre le virus.
RDC: l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga lbéré de prisonL'ancien ministre, qui a toujours clamé son innocence, a été condamné à cinq ans de travaux forcés, assortis de cinq ans de privation de ses droits civiques, par la Cour de Cassation pour détournement de fonds publics. Oly ilunga est sorti de prison en septembre 2024 après avoir purgé l'intégralité de sa peine à la prison de Makala à Kinshasa ;
L'épidémie s'étend
Sur le terrain, plus de 9 000 cas de contamination, dans le nord-est du Congo (essentiellement les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri), ont été recensés et le virus a déjà tué près de 4 500 personnes, soit un taux de létalité de 48,3 %, selon le bilan de l'Institut national de santé publique congolais (INSP). Quelque 2 389 guérisons ont été signalées.
"Et l'épidémie continue de se propager", explique un médecin de la province de la Tshopo (Nord) à La Libre Belgique. "Des cas viennent d'être signalés dans notre province. Au total, au moins 7 provinces sont concernées par l'épidémie. La réponse des autorités congolaises est insuffisante et les gens n'ont pas conscience des risques qu'ils font courir à la communauté en continuant à se déplacer même s'ils ne se sentent pas bien. La transmission va bien au-delà de nos frontières. Il y a aussi des cas au Kenya et il y a fort à parier qu'il doit y en avoir en Ouganda, même si les autorités de ce pays ont annoncé qu'elles avaient éradiqué la maladie au mois d'août dernier".
Huit cas au Kenya
Le Kenya a déclaré le 6 octobre un premier cas et un premier décès d'Ebola sur son territoire, un homme d'affaires d'une quarantaine d'années qui vivait en République démocratique du Congo (RDC).
Ce premier malade kényan était tombé malade environ un mois auparavant, avait été soigné en RDC, avant de voyager vers la capitale ougandaise, Kampala, puis vers Nairobi le 3 octobre, où il est décédé le 5 octobre.
Parmi les sept personnes qu'il a infectées au Kenya, trois sont ses proches, les quatre autres travaillaient dans l'hôpital où il a été soigné à Nairobi. Tous sont dans un état "stable" selon un responsable local.
La RDC a officiellement déclaré la 17e épidémie d'Ebola de son histoire mi-mai. Mais le virus, détecté tardivement, avait refait surface dans l'immense pays de plus de 100 millions d'habitants depuis déjà plusieurs semaines voire plusieurs mois, selon les spécialistes.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a déjà fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. La pire épidémie enregistrée auparavant en RDC avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
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