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69 heures de travail par semaine : s’estimant «exploitées», des employées sans papiers occupent un salon de coiffure parisien

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Par Le Figaro avec AFP

Le 3 mars 2026 à 14h40

 des employées sans-papiers occupent un salon de coiffure pour dénoncer leur exploitation

Une trentaine de personnes occupaient les lieux ce mardi, pour dénoncer leurs conditions de travail et les pratiques de leur employeur, qui produisait de fausses fiches de paie. Elles sont soutenues par la CGT.

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Des heures à rallonge, un salaire de misère et des pratiques illégales... Un salon de coiffure et d'esthétique était occupé ce mardi 3 mars dans le centre de Paris par une trentaine de personnes, dont des salariées africaines sans-papiers dénonçant leur «exploitation» par leur employeur. Sur le boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, au milieu de l'enfilade de vitrines aux têtes à perruques de toutes les couleurs, Bintou et ses cinq autres collègues, chasubles de la CGT sur le dos, sont sorties de l'anonymat pour dénoncer les «abus» de leur patron et «défendre leurs droits».

Depuis quatre ans, la trentenaire travaille dans ce salon six jours par semaine sur sept, de 10h30 à 22h pour 1300 euros par mois, assure-t-elle. Elle doit en plus verser «250 euros» pour obtenir chaque fiche de paie qui ne mentionne qu'une dizaine d'heures déclarées. «J'étais obligée, il me disait que c'était parce que j'étais sans-papiers», poursuit l'Ivoirienne, en France depuis 2018.

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Fiches de paie falsifiées

Elle pensait, grâce à ces bulletins de salaire, pouvoir déposer un dossier en préfecture dans l'espoir d'être régularisée. Mais il y a quelques mois, elle apprend lors d'une intervention de la police dans le salon, que ses fiches de paie sont fausses, douchant ses espoirs de sortir de la clandestinité. «J'ai fait trop de sacrifices pendant quatre ans, je ne peux pas me laisser faire», confie Bintou qui avec ses collègues a décidé de se mettre en grève.

Elles ont décidé d'occuper leur lieu de travail jusqu'à ce que leur «patron leur rembourse ce qu'il a indûment perçu» et leur paye leurs heures supplémentaires. Soutenues par le syndicat CGT, elles demandent également leur régularisation auprès de la préfecture, invoquant l'exploitation de leur vulnérabilité.

«Cette affaire est emblématique de ce que vivent les personnes migrantes. Plus la législation à leur encontre se durcit, plus il y a un effet d'aubaine pour les patrons voyous», dénonce Gérard Delahaye de la CGT Paris. Contacté, leur employeur a nié les accusations : «Tout est faux. J'ai voulu aider ces femmes et maintenant cela se retourne contre moi.»

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