426 pièces, 282 cheminées, 77 escaliers : Chambord a tout d’une ville de pierre posée au milieu des bois. Son commanditaire, François Ier, n’y a pourtant passé qu’une cinquantaine de jours entre le lancement du chantier en 1519 et sa mort en 1547, selon la formule du site officiel du domaine. À son décès, le bâtiment n’était même pas terminé.
Une cinquantaine de jours, pour 28 ans de chantier.
À retenir
- Le château compte 426 pièces, 282 cheminées et 77 escaliers.
- François Ier y a séjourné entre 27 et 72 jours selon les sources.
- Le château n’était pas terminé à la mort du roi en 1547.
Sommaire
Un colosse de pierre au milieu des bois
La Bibliothèque nationale de France donne les mesures dans sa ressource Passerelles : 156 mètres de long, 56 mètres de haut. À l’intérieur, on compte 77 escaliers et 426 pièces. Sur les toits, 282 cheminées dessinent une forêt de pierre. Un calcul simple remet les choses en perspective : passer une seule journée dans chaque pièce aurait demandé 426 jours au roi, soit plus de 8 fois la durée cumulée de ses séjours.
Là-haut, la toiture porte 800 chapiteaux sculptés, et la tour-lanterne de 32 mètres domine toutes les cheminées. Au centre du donjon, l’escalier à double révolution, attribué à Léonard de Vinci, permet à deux personnes de monter et de descendre sans se croiser. Le chantier a réclamé près de 220 000 tonnes de pierre de tuffeau et, selon certaines sources, plus de 1 800 ouvriers présents en permanence.
Autour du château, le domaine s’étend sur 5 440 hectares, une surface que le site officiel décrit comme aussi vaste que Paris intra-muros. Un mur de 32 kilomètres enferme ce parc, le plus grand parc forestier clos d’Europe, où vivent cerfs et sangliers.
Une vitrine de puissance, pas une maison
François Ier lance le chantier en 1519, quatre ans après sa victoire de Marignan en Italie, où il a découvert l’architecture de la Renaissance. Le site officiel de Chambord est net : le château n’est pas envisagé comme un lieu de vie, mais comme un symbole de puissance. Le donjon central, flanqué de quatre tours massives, mêle d’ailleurs héritage médiéval et emprunts italiens, avec terrasses et pilastres.
Chambord n’a jamais été un centre de gouvernement.
En 1539, le roi y convie des diplomates ainsi que Charles Quint, pour les éblouir, précise le site officiel. L’empereur, impressionné par le château et les fastes de la réception, repart dès le lendemain. Le lieu sert aussi à la chasse, au cœur d’une région giboyeuse, avec le cercle proche du roi.
Le souverain dort rarement sur place, mais il suit avec un vif intérêt l’avancement des travaux. Il a signé les murs à sa façon : monogramme « F », salamandre et cordelières à nœud ornent l’édifice.
L’identité de l’architecte reste discutée, car les archives de Chambord ont presque toutes disparu. Léonard de Vinci, invité en France par François Ier en 1516, meurt à Amboise en 1519, quelques mois avant le début des travaux. Son influence est souvent évoquée, sans que l’on puisse en mesurer l’étendue.
27, 42 ou 72 jours : les séjours d’un roi compté
La « cinquantaine de jours » n’a rien d’une donnée gravée dans le marbre. D’après le Catalogue des actes, le roi n’aurait séjourné que 27 jours, répartis en 5 séjours, soit à peine plus de 5 jours par visite. D’autres historiens retiennent 42 jours, entre 60 et 65, ou encore 72, un chiffre repris par de nombreux guides. Le milieu de la fourchette, entre 27 et 72, tombe à 49,5 jours : la formule officielle se situe donc à égale distance des deux extrêmes.
Même dans l’hypothèse la plus généreuse, 72 jours, le roi aurait passé moins de 1 % de ces 28 années à Chambord. Au plus bas, 27 jours, il n’atteint même pas un mois complet.
Un chantier laissé en plan
À la mort de François Ier en 1547, l’aile de la chapelle et l’enceinte basse ne sont pas achevées. Selon certaines chronologies, le logis du roi, dans l’aile orientale, n’était terminé qu’entre 1540 et 1544. Les travaux avaient aussi été interrompus plusieurs années pendant la captivité du roi en Espagne.
Louis XIV fait terminer les travaux.
Sous son règne, le château accueille des festivités grandioses et des parties de chasse, dans un parc aussi vaste que Paris. Les successeurs de François Ier, eux, l’ont boudé, le jugeant trop grand, difficile à chauffer et trop éloigné de Paris.
Au XIXe siècle, le comte de Chambord fait restaurer le château et l’ouvre officiellement au public. Il meurt en 1883, et le domaine revient à ses neveux, les princes de Bourbon-Parme. Depuis 1930, le château et son parc appartiennent à l’État.
Le château attire aujourd’hui plus d’un million de visiteurs par an. Il faut compter environ 2 heures pour le parcourir, et l’histopad, une tablette de réalité augmentée proposée dans certaines formules de visite, y restitue les pièces telles qu’elles étaient à la Renaissance.
Sources : valdeloire-france.com | passerelles.essentiels.bnf.fr


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