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L’artiste gaspésien Marc Alain Marticotte célèbre ses 40 ans de pratique artistique au Musée de la Gaspésie, samedi. Pour l’occasion, l’artiste gaspésien dévoilera 40 tableaux grands formats, vendus à l’aveugle à des amateurs et des collectionneurs du Québec, du Canada et de l’Europe
Un recueil de 40 poèmes inspirés par les toiles de M. Marticotte sera lancé en parallèle par l’auteur français David Lorea.
Un roman biographique consacré à la vie de Marc Alain Marticotte sera aussi présenté au public, afin de célébrer les quatre décennies de pratique de l’artiste impressionniste abstrait établi à Cloridorme.
M. Marticotte se réjouit de la liberté de création que lui permet la relation de confiance bâtie avec son public au fil des années.
Il profite d’ailleurs de cette exposition pour réexplorer sa pratique artistique. Je n’avais pas de place pour raconter toute l’histoire de ce que je faisais au début, au musée, donc je me suis permis d’aller à peu près dans tout ce que j’étais depuis 40 ans, explique-t-il.
Ce sont toutes les couleurs que je suis que j’ai exprimées dans cette collection-là.
L’événement devrait rassembler une soixantaine de convives à Gaspé, en plus des acheteurs d’Europe, de l’Ouest canadien et du Nouveau-Brunswick qui assisteront au dévoilement par vidéoconférence.

En 2022, animé par un désir de rassembler des artistes en communauté, Marc Alain Marticotte a participé à la fondation du Symposium Clorid'Art, à Cloridorme.
Photo : Radio-Canada / Toby Germain
Toutes les couleurs que je suis
Né à Montréal, Marc Alain Marticotte a été élevé à Cloridorme jusqu’à ses 17 ans. Après avoir passé 41 ans dans la métropole, il est revenu s’installer dans le village de son enfance il y a sept ans.
Déjà, enfant, il se rappelle qu’il avait un tempérament d’artiste et qu’il aimait jouer avec la matière. Je n’allais pas jouer au ballon avec les autres enfants, j’étais autour de la table avec ma mère [...], je voulais faire des beignes, rouler des galettes, puis rouler de la pâte à tarte, évoque-t-il.
Puis, il dit avoir été impressionné par les cours d’Anne Poitras, qui était son enseignante à la polyvalente Esdras-Minville de Grande-Vallée. C’est là qu’il a réalisé son intérêt pour l’art.
C’est en 1986 qu’il développe sa propre pratique artistique en arts visuels. Il s’est d’abord intéressé au fusain, alors qu’il dessinait des bébés, avant de se tourner vers la peinture en aérosol aux couleurs éclatantes. C’était très années 1980, dit-il en riant.
Il a par la suite commencé à expérimenter avec la peinture à l’huile, dans le cadre de contrats de restauration de grandes toiles d'art religieux dans les églises de Montréal. J’ai dit oui comme si j’en avais fait toute ma vie, mais, en fait, je copiais sur les autres artistes qui étaient autour de moi, explique-t-il.

Afin de lutter contre l'ignorance qui accompagne souvent, selon lui, le partage de toiles abstraites sur les réseaux sociaux, Marc Alain Marticotte a commencé à donner des cours de peinture.
Photo : Facebook : Symposium Clorid'Art
Aux prises avec des problèmes de vision, Marc Alain Marticotte dit avoir développé un gout pour le flou.
C’est dans ce flou-là que j’ai été attiré par l’abstrait.
Autodidacte, il a commencé à s’intéresser aux différents mouvements artistiques abstraits, qu’il intègre à sa démarche artistique.
Si sa pratique en arts visuels remonte en 1986, c’est véritablement en 2012 que l’artiste a été propulsé par les réseaux sociaux. Un vidéo filmé dans le cadre d’une performance de rue pendant qu’il enflammait le jet d’un aérosol de colle afin de projeter flammes et fumée sur sa toile lui a permis de se faire remarquer à l’international. C’est arrivé par inadvertance, se remémore-t-il.
Ça a été là, le vrai déclic, ce qui me distinguait des autres.
Pour son 40e anniversaire, la collection intitulée Vous condense l'ensemble de ces explorations stylistiques. Un recueil de poésie de David Lorea, accompagne les toiles de l’exposition et sera lancé au même moment.
Entre l’ombre et la lumière
Cette célébration souligne aussi la parution de Marticotte, derrière le chevalet, un roman biographique écrit par Pierre Perreault. L'artiste y aborde un moment plus difficile de son parcours, marqué par les abus sexuels, la toxicomanie et l’itinérance, ainsi que son chemin vers la rédemption.
Je me sentais en fin de vie, c'est pour ça que j'ai tellement de gratitude. C'est pour ça que j'explose dans mes toiles.
Maintenant, je ne fais plus de l’art pour plaire. Je fais l’art que j’aime, l’art qui me parle et me définit, ajoute-t-il, serein.
Le peintre estime que son art est intimement lié à son histoire personnelle. Chaque tableau devient une preuve vivante qu’il est possible de transformer les blessures en lumière et le chaos en beauté, ajoute-t-il.
Une opportunité de se rapprocher de la communauté
Du côté du musée de la Gaspésie, le projet s’inscrit dans une volonté de tisser des liens plus étroits avec les gens de la région. Bien que l’institution se consacre d’abord à l’histoire régionale, le directeur général, Martin Roussy, a choisi d'expérimenter une nouvelle formule dans l'espoir de rejoindre la population locale.

L'organisation de ce type d'événement permet à Martin Roussy d'offrir un espace aux artistes tout en respectant les politiques de diffusion du musée de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
C’est une nouvelle façon de présenter des expositions événementielles de courte durée [...] associées à un artiste reconnu, qui arrive avec une clientèle [...] pour faire entrer chez nous un public nouveau, indique le directeur général, Martin Roussy.
Le musée a un grand plan qu'on applique depuis plusieurs années [...] qui est de se rapprocher du public de proximité.
L’exposition Vous de Marc Alain Marticotte est présentée au Musée de la Gaspésie jusqu’au 15 novembre.


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