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Le maire de Québec refuse d'appuyer un troisième lien basé sur un « ressenti » au sujet de son futur achalandage, comme le ferait le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Stéphane Lachance.
Mardi, lors du point de presse en marge de la dernière séance du conseil municipal avant l'été, le chef de Respect citoyen, Stéphane Lachance, a indiqué n'avoir aucune étude scientifique qui appuyait un troisième lien sur l'argument de l'achalandage.
Je ne suis pas là pour remettre en question les chiffres de la Caisse, mais je suis convaincu personnellement. [...] Je n’ai pas d'études scientifiques, mais c'est un ressenti, a indiqué le chef de l'opposition à l'hôtel de ville.

Stéphane Lachance, chef de Respect citoyens (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
On ne construit pas un pont sur un ressenti
On ne construit pas un pont sur un ressenti. On peut décider de construire sur des arguments économiques, de mobilité [...]. C'est ça qu'on a besoin d'avoir, a aussitôt réagi Bruno Marchand.
Le maire de Québec attend toujours d'être convaincu par les arguments du gouvernement lorsque le processus sera plus avancé. Il réserve sa position sur le projet jusque-là.
L'expérience de la population, c'est une chose et il faut partir de ça. En politique, on part de ce dont les gens ont besoin [...]. Après ça, pour réaliser quelque chose, on est nécessairement lié à la science, aux faits. Sans science, il n'y a pas grand pont, pas grand tunnel qui tient la route, a répondu le maire.

Le maire de Québec attend toujours d'être convaincu par les arguments du gouvernement avant de prendre position sur le troisième lien. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy
Je ne suis pas tanné des experts
La sortie de Stéphane Lachance est survenue après une déclaration du ministre de l'Économie, Bernard Drainville, indiquant lundi être un peu tanné des experts dans le dossier du troisième lien. Plusieurs remettent en question l'achalandage et la possibilité d'un péage afin de rentabiliser une portion de l'infrastructure.
Je ne suis pas tanné des experts, a affirmé Stéphane Lachance mardi après-midi. J'aimerais juste que ces experts-là, souvent, qui se prononcent sur le troisième lien puissent avoir le même type d'analyse sur le projet TramCité, a-t-il ajouté.
Selon le chef de Respect citoyens, plusieurs arguments négatifs contre le projet de troisième lien sont aussi applicables au projet de tramway. M. Lachance n'est pas convaincu que 40 000 utilisateurs de plus utiliseront le transport en commun chaque jour dès la mise en service du réseau structurant, comme le prévoit la Ville de Québec.

Le ministre de l'Économie, Bernard Drainville, a indiqué être « un peu tanné des experts » dans le dossier du troisième lien. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Stéphane Lachance réitère que l'arrivée d'un troisième lien contribuera davantage à améliorer la fluidité dans la région. Dire qu'on n'a pas besoin d'un troisième lien, ça ne tient pas la route. Ça n'a pas de bon sens. On arrive, les samedis matin, 10 h 30, et c'est complètement bouché à l'entrée des ponts, s'emporte le chef de l'opposition.
En 2024, CDPQ Infra prévoyait qu'un lien routier à la hauteur de l'île d'Orléans attirerait environ 800 véhicules à l'heure en direction de Québec durant la pointe matinale à l'horizon 2036.
C'est l'une des raisons pourquoi elle ne recommandait pas l'infrastructure à court terme. La Caisse écarte d'ailleurs la possibilité de prendre part à l’appel d’intérêt international lancé par le gouvernement caquiste afin de construire un troisième lien autoroutier.

Le RTC et CDPQ prévoient une hausse de l'achalandage de 30 % lors de l'arrivée du tramway. (Photo d'archives)
Photo : Ville de Québec
Dans le cas du plan CITÉ, qui inclut TramCité, le RTC et CDPQ prévoient une hausse de l'achalandage de 30 % lors de l'arrivée du tramway, ce qui équivaut à environ 40 000 personnes par jour et le retrait de 30 000 voitures.
Charles Milliard veut parler avec des experts
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), en faveur d'un lien interrives, s'engage à discuter avec des experts pour la réalisation d'un projet qui permettra d'améliorer la fluidité à Québec.
Moi, je vais parler avec les experts, de parler avec les gens de Québec, de parler avec le secteur privé et de proposer un projet qui va être porteur à terme, à long terme, a déclaré Charles Milliard. On est en faveur de poursuivre les discussions sur ce projet-là. Je ne peux pas être plus clair que ça.
Je ne souhaite pas lancer la serviette à ce stade-ci. On a un enjeu de circulation et d'ambition pour la Capitale-Nationale, a-t-il ajouté.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le Parti libéral embarque dans ce cirque!
Selon le Parti québécois (PQ), les libéraux font fausse route en appuyant déjà un troisième lien.
Selon le PQ, le PLQ veut aussi rentrer tête baissée dans le projet, sans réelles données.
La Caisse [...] a conclu que ce n'est pas la bonne solution, que ça ne réglera pas les problèmes de congestion et que ça va coûter trop cher. Charles Milliard nous dit qu'il va rentrer tête baissée, estime le député de Jean-Talon, Pascal Paradis.

Pascal Paradis, député de Jean-Talon (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le Parti libéral embarque dans ce cirque!, conclut-il.
La co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal soutient pour sa part que le projet est totalement irresponsable alors que toutes nos routes, nos infrastructures tombent en ruine. Elle demande à la première ministre Christine Fréchette combien d'argent public elle compte investir dans le troisième lien juste pour sauver quelques sièges.
Il n'y aura pas d'entreprises privées qui vont trouver que c'est profitable d'engloutir autant d'argent dans ce projet-là, affirme la députée solidaire.


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