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Les Français pourront toujours admirer le métro d’Abidjan, entre deux suppressions de trains chez eux.
Les conventions ont été paraphées par le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, et l’ambassadeur de France Jean-Christophe Belliard. L’information ne relève pas d’une rumeur de comptoir : elle figure noir sur blanc sur le site officiel du ministère ivoirien de l’Économie et des Finances.
Allez les gueux ! hop hop hop ! il faut financer le métro d’Abidjan et des complexes sportifs.
Deux conventions ont été signées le 6 août 2026 à Abidjan, entre le ministre ivoirien de l’Économie Adama Coulibaly et l’ambassadeur de France Jean-Christophe Belliard.
La France… pic.twitter.com/TcVpvuU7e7
— Nathalie sans filtre (@NathalieE0810) September 2, 2026
Une première enveloppe doit permettre d’achever quatre complexes sportifs de proximité, baptisés « Agora », à Guiglo, Dabou, Boundiali et Dimbokro. Ces équipements sont présentés comme des lieux dédiés au sport, aux loisirs et à des activités économiques locales. La seconde concerne le dévoiement d’un collecteur d’eaux usées situé sur le tracé du métro d’Abidjan, un obstacle technique qu’il faut déplacer afin que les travaux puissent continuer.
Adama Coulibaly l’a résumé ainsi : « Au total, les concours financiers cumulés garantis par la France en faveur de l’économie ivoirienne portent sur un montant total de 35 millions d’euros. » Une formule importante. Il ne s’agit pas forcément d’un chèque donné sans retour, mais de concours financiers garantis par la France. Dans tous les cas, la signature engage la puissance publique française et donc, in fine, le contribuable.
Précision utile, car les communicants affectionnent les chiffres qui font tourner les têtes : ces 35 millions ne financent pas l’intégralité du métro d’Abidjan, chantier dont le coût se compte en milliards d’euros. L’enveloppe annoncée vise une intervention précise sur le collecteur, en plus des quatre Agoras. Cela ne change pas le fond du tableau : alors que chaque budget français vient expliquer qu’il faut serrer la ceinture, la France trouve encore des moyens pour financer des infrastructures hors de ses frontières.
Le contraste est difficile à ignorer. En France, les voyageurs paient davantage pour des transports souvent dégradés, les hôpitaux tirent sur la corde et les communes comptent leurs centimes. Mais la diplomatie macronienne conserve le réflexe du portefeuille ouvert, avec cette vieille recette : la France s’endette, puis explique aux Français que l’effort est indispensable.
Les habitants de Guiglo, Dabou, Boundiali et Dimbokro n’ont évidemment pas à être pris pour cible. Le sujet est politique : pourquoi l’exécutif, si prompt à invoquer l’austérité nationale, ne réserve-t-il pas la même énergie financière aux besoins urgents du pays qu’il administre ? Emmanuel Macron a peut-être trouvé sa ligne de métro préférée. Elle ne passe simplement pas par Paris.


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