NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Une culture industrielle longtemps réprimée revient dans le secteur de la construction en tant qu'isolant approuvé. Le matériau associe le cœur ligneux du chanvre à un liant à base de chaux pour créer des remplissages de murs non porteurs. L'International Code Council a récemment validé la construction chanvre-chaux dans le code résidentiel international 2024, permettant aux bâtisseurs de l'employer dans des structures résidentielles à travers de nombreux États américains sans dérogation d'ingénierie sur mesure.
La fin d'un long interdit
Avant cette mise à jour réglementaire, les entrepreneurs se heurtaient à d'importants obstacles juridiques et administratifs. La plante a été de fait interdite aux États-Unis pendant près de 90 ans, les lois fédérales ne distinguant pas le chanvre industriel des variétés de cannabis riches en composés psychoactifs.
La donne a changé avec la loi agricole de 2018, qui a légalement séparé le chanvre industriel du cannabis au niveau fédéral. À la suite de ce texte, l'association américaine du bâtiment en chanvre a mené un travail de plusieurs années pour soumettre données d'essais et normes architecturales aux administrateurs du code national.
Dossier Matériaux de construction : entre modernité et tradition
Vous envisagez de faire bâtir une maison ? Alors il convient de choisir les matériaux de construction avec soin. Tour d'horizon des différentes options, traditionnelles ou modernes, de la brique à l'ossature acier, avec leurs avantages et leurs défauts.... Lire la suite
L'intégration concerne spécifiquement les maisons individuelles et jumelées, le matériau devant respecter des ratios de mélange et des épaisseurs précis. Le béton de chanvre fonctionne avant tout comme couche isolante, coulée autour d'une ossature bois standard, et non comme un substitut porteur au béton classique.
Ce que contient le mélange chanvre-chaux
Le cœur de la tige de chanvre est constitué d'une matière ligneuse appelée chènevotte. Une fois séparée des fibres extérieures dans des installations spécialisées, cette matière première est mélangée à de la chaux hydratée et à de l'eau, ce qui amorce une réaction chimique de prise.
Le liant de chaux enrobe alors les chènevottes poreuses, formant une matrice légère. Avec le temps, la chaux réagit au dioxyde de carbone présent dans l'air : ce processus de carbonatation transforme progressivement le liant en pierre de carbonate de calcium. Le composé obtenu offre une capacité d'isolation thermique pouvant atteindre quinze fois celle du béton standard, ce qui aide à stabiliser les températures intérieures en freinant les transferts de chaleur à travers les murs.
Le béton de chanvre, matériau écologique, durable et résistant au feu, vient d'être autorisé aux États-Unis pour la construction écologique des maisons individuelles ou jumelées. © Photoschmidt, iStock
Des murs qui respirent
Le matériau présente aussi un comportement hygroscopique particulier. Sa structure poreuse ouverte permet aux murs d'absorber la vapeur d'eau des pièces en période d'humidité, puis de la relâcher quand l'air s'assèche.
Cette respiration a des vertus concrètes. Elle empêche l'accumulation d'eau liquide dans la paroi. En éliminant l'humidité piégée, la composition chimique du liant de chaux maintient un pH élevé qui résiste naturellement au développement des moisissures et dissuade les insectes.
Des maisons qui absorbent le carbone
Le secteur de la construction génère une part substantielle des émissions mondiales de carbone, à travers la fabrication de la fibre de verre, des plaques de plâtre et du béton. Le chanvre industriel, lui, agit comme un puits de carbone durant sa croissance, absorbant du dioxyde de carbone par photosynthèse.
La plante pousse si vite que le matériau final approche un profil négatif en carbone : le volume de CO2 capté et stocké dans les tissus végétaux dépasse souvent les émissions totales générées par la récolte, la transformation et le transport. Le cycle agricole exige par ailleurs moins d'intrants chimiques que bien des matériaux industriels, la plante arrivant à maturité en 90 à 120 jours, ce qui permet une rotation rapide, tandis que ses racines profondes stabilisent la terre arable.
Quels matériaux pour décarboner le bâtiment ? Chanvre, bois, laine…
Les activités du bâtiment génèrent quelque 23 % des gaz à effets de serre en France. Pour diminuer son impact, il existe des biomatériaux pour décarboner le secteur aussi bien pour les constructions neuves que la rénovation de l'ancien.... Lire la suite
Une fois intégré à l'enveloppe d'un bâtiment, ce carbone reste piégé pour toute la durée de vie de la structure. Et si celle-ci est un jour démolie, le matériau durci peut être broyé et rendu à la terre, faute d'additifs chimiques de synthèse. Les constructeurs soulignent toutefois une limite : le béton de chanvre ne peut pas servir en fondations enterrées, un contact prolongé avec un sol humide empêchant le liant de respirer et pouvant dégrader les chènevottes avec le temps.
Des goulets d'étranglement à lever
Si les codes du bâtiment ouvrent désormais une voie légale claire, les chaînes d'approvisionnement régionales restent limitées. Les machines spécialisées nécessaires au traitement des tiges brutes demeurent rares dans de nombreuses régions d'Amérique du Nord.
Quels sont les principaux types de fondations de maison ?
Les fondations constituent l’assise de la construction. Elles transmettent au sol le poids total de l’ouvrage et assurent sa stabilité. La technique à mettre en œuvre dépend de la qualité du terrain, de sa situation géographique et du mode constructif.... Lire la suite
Les agriculteurs doivent acheminer leurs récoltes vers des installations équipées de défibreuses industrielles, qui cassent mécaniquement les tiges pour séparer les fibres extérieures des chènevottes destinées au bâtiment. Comme peu d'unités de grande capacité fonctionnent actuellement aux États-Unis, les coûts de transport peuvent grever la faisabilité financière des projets régionaux. Nombre de constructions pionnières ont d'ailleurs eu recours à des chènevottes importées d'Europe, où la culture du chanvre industriel est restée légale tout au long du XXe siècle.
Les capacités locales progressent toutefois lentement, à mesure que les investissements se dirigent vers des pôles de transformation agricole. En parallèle, des cabinets d'architecture développent des blocs préfabriqués et des méthodes d'application par projection, afin de réduire le travail manuel sur les chantiers. L'installation traditionnelle impose en effet de damer à la main le mélange humide dans des coffrages en bois temporaires, un procédé long et exigeant une supervision constante.


1 month_ago
37



























.jpg)






French (CA)