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128 patients hospitalisés en attente d’une place en CHSLD en Chaudière-Appalaches

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Depuis juin 2024, le nombre de lits d’hôpitaux occupés par des patients qui n’ont plus besoin d’être hospitalisés en Chaudière-Appalaches ne cesse d’augmenter, selon les statistiques compilées par Santé Québec.

En date du 22 août, 22,78 % des lits des établissements de santé de la région sont occupés par ce type de patients, un sommet depuis les quatre dernières années. Répartis parmi les quatre établissements de santé de Chaudière-Appalaches, ils représentent 128 patients.

À l’échelle provinciale, cette proportion se situe à 15,05 %.

Bon nombre de ces personnes sont des aînés en attente d’une place dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée. (CHSLD) 

Bien conscient de la situation, Santé Québec Chaudière-Appalaches rapporte que le taux d’occupation des CHSLD et des Maisons des aînés sur le territoire a atteint le maximum de sa capacité.

L’ouverture d’une installation de 120 places en 2023 dans le secteur Saint-Étienne à Lévis a permis de résorber temporairement la situation, mais les effets se sont estompés.

Nous constatons que l'attente est attribuable principalement au vieillissement accéléré de la population, reconnaît Santé Québec Chaudière-Appalaches dans un échange de courriels avec Radio-Canada.

Sur le territoire, 241 personnes sont actuellement en attente d'une place en milieu d'hébergement, recense la société d’État.

Afin de remédier à cette situation, Santé Québec Chaudière-Appalaches a déployé une unité transitoire d’évaluation de 24 places pour accueillir les patients pour qui le retour à domicile est compromis.

D’autres mesures, comme les services de soins intensifs à domicile ont été mis en place pour soulager les établissements de santé.

Des unités de débordement à l’Hôtel-Dieu de Lévis ainsi qu’à l’Hôpital de Saint-Georges ont été mises sur pied, tout comme une unité d’hospitalisation brève à Lévis.

Les travailleurs débordés

De son côté, le Syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches (SPSCA) s’inquiète de la situation et déplore que l’employeur surcharge les infirmières avec ces patients ayant un niveau de soins alternatifs.

C’est là que ça devient problématique parce que ce n’est pas vrai qu’ils n’ont pas besoin de soins. Ce ne sont pas des demi-patients, ce sont des patients. Ce sont des humains qui ont besoin de soins, revendique Carole Mercier, présidente du SPSCA.

Carole Mercier, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches

Carole Mercier est présidente du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Voyant la saison grippale arriver, le SPSCA demande à Santé Québec Chaudière-Appalaches de répartir les effectifs pour répondre aux besoins des patients en respectant les capacités du personnel soignant.

On milite pour des ratios et soigner de façon sécuritaire et là, on voit tout le contraire. [...] Il manque de places dans les CHSLD, ça, c’est certain. On ajoute des charges de patients, les travailleurs sont accotés. Ils ne sont plus capables, indique la présidente du SPSCA.

Elle souligne que ces patients ont besoin de soins adaptés, mais surtout d’un milieu de vie plutôt que d’un milieu hospitalier. Cette situation peut notamment causer une perte d’autonomie importante chez ces aînés.

Il n’y a pas de salon où ils peuvent aller se promener. Ils sont confinés dans leur chambre et ce n’est vraiment pas l’idéal, déplore-t-elle.

Un enjeu généralisé

Pour la professeure à la Faculté de médecine à l’Université Laval, Maude Laberge, cette problématique s’explique par le vieillissement de la population, les quelques fermetures de petits milieux d’hébergement en raison du resserrement de certaines réglementations ainsi que la planification des ressources disponibles sur le territoire.

C'est un enjeu sur lequel on devrait réfléchir et apporter des solutions pas seulement pour l'Hôtel-Dieu de Lévis, mais à l'échelle de la province, souligne Maude Laberge.

Une femme sourit à l'extérieur en automne.

Maude Laberge est professeure à la Faculté de médecine à l’Université Laval. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Cette situation engendre des coûts et des impacts sur l’autonomie des patients.

C'est une très mauvaise utilisation des ressources, d'une part, parce que c'est coûteux. Et, d'autre part, parce que ce ne sont pas de bons soins pour la personne, avance la professeure.

À court terme, Maude Laberge estime qu’un plus grand nombre de lits en CHSLD serait nécessaire pour répondre à la demande.

À long terme, il serait nécessaire de permettre aux gens de vieillir à leur domicile, selon elle.

Les soins à domicile ont besoin d'être rehaussés pour soutenir le vieillissement chez soi des personnes en perte d'autonomie. Il faut du soutien à domicile. C’est toujours un enjeu d’avoir le soutien requis, conclut l’experte.

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