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Envie de frissonner par cette chaleur estivale? On a demandé conseil à Chantal Fontaine, libraire à la Librairie Moderne à Saint-Jean-sur-Richelieu et grande amatrice de suspense. Voici ses 10 suggestions de romans policiers publiés au cours de l’année écoulée qui vous tiendront en haleine.

« L'été de tous les feux », de Catherine Lafrance, est publié aux Éditions Druide.
Photo : Éditions Druide
L’été de tous les feux, de Catherine Lafrance
Pour sa quatrième enquête sous la plume de Catherine Lafrance, le journaliste Michel Duquesne se rend à Chibougamau, aux prises avec des feux de forêt en ce chaud mois de juin. Un pompier trouve la mort, écrasé par un arbre, et un journaliste disparaît.
Que cachent ces deux événements? Michel Duquesne tente de faire la lumière et se lance à la poursuite d’un fugitif.
Écrivaine, mais aussi journaliste, Catherine Lafrance s’est vraiment bien informée sur les feux de forêt. On est vraiment dedans, elle décrit bien la panique, les animaux qui se sauvent… J’avais vraiment chaud en lisant L’été de tous les feux!

« La mariée silencieuse », écrit par Piergiorgio Pulixi et traduit par Anatole Pons, est publié aux Éditions Gallmeister.
Photo : Facebook/Éditions Gallmeister
La mariée silencieuse, de Piergiorgio Pulixi
À la demande d’un vieil homme qui s’occupe de son petit-fils depuis que sa fille a été tuée, l’inspecteur Vito Strega tente de résoudre le meurtre de cette femme, découverte sans vie, à Milan, dans une robe de mariée trop grande pour elle.
La violence masculiniste est au cœur de cette intrigue imaginée par Piergiorgio Pulixi, figure très appréciée du roman noir italien d’aujourd’hui.
C’est très actuel. Je ne me tanne pas de cet auteur aux personnages bien construits, mais pas classiques. Bienveillant, Vito Strega est à l’écoute des victimes et de son équipe. Ça change de l’inspecteur blasé qui s’accote aux comptoirs de bars.

« Salle Ville », d'André Noël, est publié par Les Éditions du Boréal.
Photo : Facebook/Éditions du Boréal
Sale ville, d’André Noël
Ancien journaliste à La Presse et enquêteur pour la commission Charbonneau, André Noël s’est aussi illustré comme auteur, avec André Cédilot, de livres sur le crime organisé.
Cette fois, il s’essaie à la fiction avec Sale ville, qui se déroule dans le Laval des années 2000, celles du maire Gilles Vaillancourt.
André Noël y raconte la corruption du milieu de la construction, qu’il a documentée en tant que journaliste, à travers les yeux de son personnage Valérie Soulières.
Jeune diplômée de Polytechnique, elle reprend l’entreprise de construction de son père à la santé déclinante. Cette idéaliste est bien résolue à affronter ce milieu corrompu.
C’est bien raconté et captivant. Ça plaira sans aucun doute aux gens qui aiment les livres sur la mafia.

« Celles qui ne dorment pas », écrit par Dolores Redondo et traduit par Isabelle Gugnon, est publié dans la collection Série Noire de Gallimard.
Photo : Gallimard
Celles qui ne dorment pas, de Dolores Redondo
Naviguant entre mythes et science, Celles qui ne dorment pas nous emmène dans le nord de l’Espagne, à la veille du début de la pandémie de COVID-19, pour suivre Nash Elizondo.
Avec son équipe, cette psychologue médico-légale fouille des grottes dans lesquelles étaient autrefois jetées des femmes accusées de sorcellerie, selon une croyance ancestrale. Mais c’est le corps d’Andrea – disparue depuis trois ans – qu’ils mettent au jour, une disparition pour laquelle une femme est emprisonnée à tort.
Des secrets ressortent autour de la famille d’Andrea dans ce roman qui tourne autour de légendes locales.

« Les disparus de Wolfsburg », de Virginie Roy, est publié par Saint-Jean.
Photo : Saint-Jean
Les disparus de Wolfsburg, de Virginie Roy
Direction les Cantons-de-l’Est pour ce roman qui met en vedette Amanda, une autrice de thrillers qui revient à Wolfsburg, son village natal, pour les funérailles de son père.
Ce retour la confronte à un passé marqué par la découverte, dans un marécage un soir de célébration d’Halloween en 2006, du corps d’une ado, mais aussi par les années passées par son frère en prison.
Si Wolfsburg est habituellement tranquille, le séjour d’Amanda est perturbé par un meurtre, poussant la jeune femme à enquêter et à démêler de multiples mensonges et secrets.
C’est bien écrit et Virginie Roy met bien les choses en place. Amanda est imparfaite, j’aime quand les personnages ne sont pas là où on les attend.

« Le sixième sens », écrit par J.R. Dos Santos et traduit par Catherine Leterrier, est publié aux Éditions Hervé Chopin.
Photo : Éditions Hervé Chopin
Le sixième sens, de J.R. Dos Santos
Présentateur du téléjournal à la télévision publique portugaise, J.R. Dos Santos – surnommé le Dan Brown portugais – est aussi un écrivain reconnu. Ses romans à suspense mêlent science, histoire et philosophie.
Dans Le sixième sens, il s’intéresse aux propriétés des champignons magiques, dont les bienfaits thérapeutiques sont de plus en plus étudiés.
Un homme travaillant pour une agence de recherche américaine est retrouvé défenestré au pied d’un hôtel de Lisbonne.
Dans sa chambre, la police retrouve le nom de Tomás Noronha, héros de multiples romans de J.R. Dos Santos. Dans l’espoir de sauver sa peau, ce professeur d’histoire se lance dans une enquête pour comprendre ce qui se cache derrière cette mort.
On suit une enquête bien racontée tout en apprenant beaucoup sur les substances psychédéliques, car J.R. Dos Santos, qui est journaliste, a effectué un gros travail de recherche à ce sujet.

« La cabane dans les arbres », écrite par Vera Buck et traduit par Brice Germain, est publié aux Éditions Gallmeister.
Photo : Facebook/Gallmeister
La cabane dans les arbres, de Vera Buck
Après son très remarqué premier roman Les enfants loups, l’écrivaine allemande Vera Buck ancre à nouveau ses personnages en pleine nature.
Dans le nord de la Suède, Henrik, Nora et leur petit garçon s’installent pour les vacances dans une maison entourée d’une épaisse forêt. Leur séjour vire au cauchemar quand l'enfant disparaît.
En parallèle, Rosa est une jeune femme dont les connaissances en botanique lui permettent de repérer les mousses et les lichens indiquant la présence d’animaux morts. Mais, un jour, elle tombe sur un squelette d’enfant en arpentant les bois.
L’histoire est narrée de plusieurs points de vue : ceux de Henrik, de Nora et de Rosa, mais aussi celui d’un enfant enfermé dans une cabane.
C’est un roman psychologique plein de tension et de secrets qui remontent à la surface. C’est très bien raconté et vraiment intelligent. C’est un coup de cœur!

L'autrice Véronique Marcotte et son livre « Je n’ai personne à qui dire que j’ai peur », édité par Québec Amérique, lors du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en 2025.
Photo : Facebook/Québec Amérique
Je n’ai personne à qui dire que j’ai peur, de Véronique Marcotte
Dans ce livre qui oscille entre thriller et autofiction, une autrice s’isole dans une cabane dans le bois pour écrire, mais aussi pour réfléchir sur sa vie marquée notamment par des relations amoureuses toxiques.
Quand une femme et son fils toquent à sa porte, elle les héberge. Non loin de là, une enquêtrice tente de comprendre ce qui est arrivé à deux hommes jumeaux, découverts nus et sans vie.
Ces trois femmes ont un point commun : elles ont déjà été victimes de violences sexuelles.
Ce polar féministe est un de mes coups de cœur de cette année. C’est un livre puissant, qui m’a vraiment secouée.

« Le pacte de Venise », écrit par Fabiano Massimi et traduit par Renaud Temperini, est édité par Albin Michel.
Photo : Facebook/Éditions Albin Michel
Le pacte de Venise, de Fabiano Massimi
Spécialiste du polar historique, Fabiano Massimi a connu le succès avec Ange de Munich, une enquête fictive sur la mort, bien réelle, d’une nièce de Hitler dans l’appartement de ce dernier, puis avec Les démons de Berlin, centré sur l’incendie du palais du Reichstag, en pleine montée du nazisme.
Cette fois, l’auteur se penche sur le fascisme italien à travers l’histoire, peu connue, d’Ida Dalser, mère du fils illégitime de Mussolini et première épouse reniée du Duce. Pour les effacer, ce dernier les a fait interner.
Le pacte de Venise est bien écrit, on voit que Fabiano Massimi a fait ses recherches. C’est chouette à lire pour les amateurs d'histoire.

« Là où on enterre des bêtes », de G.R. Roussel, est publié aux Éditions Fides.
Photo : Éditions Fides
Là où on enterre les bêtes, de G. R. Roussel
Originaire de la Côte-Nord, G. R. Roussel a vécu dans plusieurs États américains. C’est à Tipton, dans le fin fond du Kansas, qu’il a choisi de camper son roman.
Femme noire dans un comté à la population presque exclusivement blanche, Dillon Dixon est une détective à l’intuition fine – sauf en amour, mais mauvaise au tir. Son père, qui fut le premier détective noir de Tipton, a été retrouvé pendu et son meurtre n’a jamais été élucidé.
Un jour, un corps sans jambe droite est retrouvé, puis un deuxième et un troisième…
La force de ce livre réside dans ses personnages très colorés. Il y a aussi de l’humour un brin cynique dans ce roman, dont les protagonistes se taquinent beaucoup.


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