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Seconde partie de cette très bonne analyse de Khider Mesloub sut la théocratie yankee en phase finale d’implosion finale. A noter que toute cette fange est issue de ce qui est appelé le christianisme sioniste, dont les racines sont très profondes puisqu’elles proviennent d’une énième falsification de la bible avec la rédaction et la publication en Angleterre en 1908, sur commande, de la “bible de référence Scofield”, spécifiquement annotée pour la promotion totale du sionisme et de l’état juif “d’Israël” et financée déjà à l’époque, par la famille Rothschild et écrite par le charlatan Cyrus I. Scofield. (Résistance 71)
Etats-Unis une théocratie en costume-cravate (II)
12 juin 2026
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1ère partie
2ème partie
La politique américaine contemporaine parle la langue de Dieu (sic). Non pas par élévation spirituelle, mais par régression intellectuelle. Non par ferveur mystique, mais par calcul électoral. Aux États-Unis, la religion n’est plus seulement un héritage culturel : elle est devenue une arme politique de destruction massive de la raison.
LA MAISON-BLANCHE SOUS TUTELLE BIBLIQUE
Là où l’Europe moderne, au terme de luttes séculaires, a péniblement arraché l’espace public à l’emprise des Églises, l’Amérique, elle, s’enfonce méthodiquement dans une religiosité d’État à peine déguisée. La Bible s’y feuillette désormais comme un programme gouvernemental. Le prêche s’y confond avec le discours politique. Et la prière sert d’argument massue. La Maison-Blanche elle-même s’est métamorphosée en chapelle chrétienne. En effet, le Bureau ovale est devenu une officine religieuse où chaque réunion officielle débute par une prière présidée par Donald Trump, entouré de son équipe ministérielle et de pasteurs. À chaque réunion, ces dignitaires religieux en costume-cravate, convertis au culte de la personnalité, prononcent des invocations solennelles pour glorifier le président Trump : « Nous prions pour que votre bénédiction et votre faveur continuent de reposer sur lui (Trump). Nous prions pour que la sagesse du ciel inonde son cœur, son esprit ». Les prières englobent également la protection des troupes américaines et la guidance divine face aux « temps difficiles » que traverse le pays.
Dans ce pays qui se prétend le phare de la modernité, le Moyen Âge théologique fait ainsi un retour fracassant sous les néons des plateaux de télévision et les dorures de la Maison-Blanche.
Dans la plupart des sociétés contemporaines, la politique se discute en termes d’intérêts sociaux, de rapports de force, de projets économiques. Aux États-Unis, elle se décline d’abord en catégories morales : le Bien contre le Mal, les justes contre les pécheurs, les élus de Dieu contre « les agents de la décadence moderne ». Chaque question publique est aussitôt transformée en querelle théologique. L’avortement ? Un crime biblique. L’immigration ? Une invasion de païens. La justice sociale ? Une tentation socialiste contraire à la Providence. La complexité du réel disparaît sous une avalanche de versets mal digérés. Le débat rationnel cède la place à l’exorcisme idéologique. La délibération politique se métamorphose en tribunal religieux. La politique, au lieu d’être l’art du compromis, devient l’art de l’anathème, de l’excommunication.
Ce basculement n’est pas seulement rhétorique ; il est structurel. Dans une société sécularisée fondée sur le libre débat d’idées, les citoyens confrontent des arguments, évaluent des faits et arbitrent des contradictions. Mais dans l’Amérique trumpienne, à l’image du régime islamique iranien gouverné par les mollahs, une partie croissante du débat public prétend désormais parler au nom de Dieu lui-même. Dès lors, toute discussion devient presque impossible. On peut débattre d’un programme politique ; on ne débat pas d’un dogme présenté comme vérité divine. Lorsque Donald Trump, le guide suprême des « mollahs évangéliques » américains, se voit décrit par certains prédicateurs comme un « élu de Dieu » chargé de sauver l’Amérique chrétienne, ses adversaires cessent d’être de simples contradicteurs politiques : ils deviennent des ennemis spirituels, des agents du Mal, parfois même des « suppôts de Satan ». À partir du moment où une position politique se présente comme l’expression directe de la volonté divine, elle s’extrait du champ de la raison pour entrer dans celui de la foi. Et face à la foi, il n’y a plus d’adversaires : seulement des hérétiques. Ainsi se fabrique progressivement une société confessionnelle américaine où le pluralisme, comme en Iran, n’est plus toléré qu’à condition de ne pas contredire la vérité révélée.
LES « MOLLAHS ÉVANGÉLIQUES » À L’ASSAUT DE L’AMÉRIQUE
Ironie suprême, cette dérive théocratique se déploie au sein même des États-Unis, pays pourtant fondé sur la séparation de l’Église et de l’État. Les Pères fondateurs américains, traumatisés par les guerres de religion européennes, avaient précisément voulu empêcher qu’une confession ne s’empare du pouvoir politique. Le Premier amendement de la Constitution américaine traçait clairement cette frontière : la foi devait rester une affaire privée ; la loi, une affaire publique. Mais l’histoire réelle des États-Unis a fini par démentir ce principe fondateur. Au fil des décennies, la religion s’est réinvitée par la fenêtre après avoir été officiellement chassée par la porte. Elle a investi les écoles américaines, les médias, les tribunaux, les partis politiques et jusqu’au cœur de l’appareil d’État. Lentement mais sûrement, l’Amérique institutionnelle s’est laissée pénétrer par une religiosité politique de plus en plus agressive. Ce qui devait constituer un rempart constitutionnel contre la théocratie est progressivement devenu une véritable passoire idéologique.
Le tournant décisif s’opère dans les années 1970. Face aux conquêtes sociales des décennies précédentes – droits civiques, émancipation des femmes, sécularisation de la société – et aux premières secousses de la crise économique ouverte par le choc pétrolier de 1973, une partie du protestantisme américain entre en croisade pour canaliser et dévoyer la colère sociale.
Télévangélistes hystériques, pasteurs millionnaires, organisations réactionnaires, autrement dit les « mollahs évangéliques » américains, se mobilisent pour « sauver l’âme de l’Amérique ». Ils proclament que le pays s’est éloigné de Dieu, qu’il faut le ramener de force dans le droit chemin biblique. La religion cesse alors d’être un refuge pour devenir un programme. La foi se transforme en idéologie. L’Église se mue en parti. Les temples deviennent des bureaux de vote. Les sermons, des consignes électorales. Les fidèles, une armée d’électeurs disciplinés mise au service d’une politique de dévoiement social. Et très vite, une machine théologico-politique s’impose pour porter cette offensive inquisitoriale : le Parti républicain.
DE WALL STREET À TEL-AVIV : L’ALLIANCE SOUS L’ÉTENDARD ÉVANGÉLICO-DOLLAR
Cette alliance entre la droite religieuse et la droite politique n’a rien d’un hasard mystique. Elle repose sur un échange de bons procédés parfaitement terrestres. D’un côté, les Églises offrent au Parti républicain un électorat massif, passif, docile, fanatisé, prêt à voter en bloc au nom de « valeurs chrétiennes ». De l’autre, le parti promet de graver dans le marbre de la loi la « morale biblique » : restriction des droits des femmes, censure des programmes scolaires, nominations de juges ultra-conservateurs. Marché conclu. Le capitalisme prédateur américain trouve ainsi dans le christianisme évangélique son idéologie de masse et des masses pour son idéologie chrétienne évangélique. La défense des privilèges économiques s’habille de morale religieuse. Les milliardaires se drapent dans l’Évangile pour mieux piller les travailleurs. On parle de Jésus pour mieux servir Wall Street et soutenir inconditionnellement Tel-Aviv. Dans le camp de l’évangélisme américain, il n’y a pas de mur de démarcation entre défense du christianisme et du sionisme.
Derrière les envolées mystiques de l’évangélisme américain se dissimule une réalité beaucoup plus prosaïque. Aux États-Unis, cette religiosité politique sert, outre à occulter la crise économique systémique, à légitimer un ordre social brutalement inégalitaire. Pendant que l’Amérique conservatrice agite la Bible, elle démantèle les services publics. Pendant qu’elle sermonne les classes populaires sur la morale chrétienne, elle baisse les impôts des milliardaires et dérégule le capitalisme financier. Pendant qu’elle prêche la charité, elle détruit les protections sociales. Pendant qu’elle accuse les organisations pro-palestiniennes d’antisémitisme, elle finance avec l’argent du contribuable américain la guerre génocidaire à Gaza.
Le message idéologique est limpide : dans l’Amérique évangélique, la pauvreté relèverait de la responsabilité individuelle bien davantage que de l’injustice collective. Le chômage devient une épreuve envoyée par Dieu. L’exploitation économique se voit rebaptisée « volonté divine ». Aux États-Unis, la religion fonctionne ainsi comme un gigantesque tranquillisant social destiné à neutraliser la colère des classes populaires et à sanctifier l’ordre capitaliste existant.
L’AMÉRIQUE CHRÉTIENNE EN CROISADE CONTRE LES « ENNEMIS INTÉRIEURS »
Cette dérive religieuse produit un autre effet toxique : elle redéfinit l’identité américaine sur une base confessionnelle. Être un « vrai Américain », c’est désormais être un chrétien conservateur. Les autres – athées, musulmans, juifs, agnostiques, progressistes, communistes – sont implicitement relégués au rang de citoyens suspects. La nation n’est plus un corps politique ouvert ; elle devient une communauté de croyants. La société se transforme en club privé réservé aux fidèles. Ceux qui ne communient pas au même dogme évangélico-dollar se voient sommés de se taire, de se convertir ou de disparaître. Une conception de la tolérance qui rappelle celle des monarchies du Golfe, ces puissances qui vénèrent davantage le pétrodollar que le Coran.
Dans l’Amérique trumpienne, la vie politique prend désormais des allures de conflit apocalyptique permanent. Chaque élection présidentielle y est décrite comme une bataille finale entre la lumière et les ténèbres, entre les défenseurs de « l’Amérique chrétienne » et les prétendus agents sataniques de la décadence moderne. Chaque réforme progressiste est dénoncée par une partie de l’évangélisme américain comme une attaque dirigée contre Dieu lui-même. Aux États-Unis, l’adversaire politique cesse progressivement d’être un simple contradicteur démocratique : il devient l’incarnation du mal. Le compromis n’est plus perçu comme un art du consensus citoyen, mais comme une trahison spirituelle. Ainsi se met progressivement en place, au cœur même de la première puissance occidentale, une atmosphère quasi théocratique où la passion religieuse tend à remplacer la raison civique.
TRUMP, PROPHÈTE POLITIQUE D’UNE AMÉRIQUE FANATISÉE
C’est sur ce sol saturé de ferveur pestilentielle qu’a pu prospérer la candidature présidentielle de Donald Trump. Son irruption ne relève pas de l’accident historique, mais de la logique même du système foncièrement réactionnaire américain.
Dans une Amérique saturée de ferveur évangélique, Donald Trump n’avait même pas besoin d’incarner la morale chrétienne : il lui suffisait de se présenter comme le champion autoproclamé de Dieu pour être adoubé par des millions de disciples shootés à l’opium évangélique. Trump n’a pas créé cette Amérique mystique. Il en est le produit le plus caricatural. Ainsi s’est accomplie, presque à bas bruit, une transformation majeure : aux États-Unis, la Bible a glissé des églises vers les urnes. La prière s’est changée en programme gouvernemental. La religion, au lieu d’éclairer les consciences, s’est mise à gouverner les institutions. Ce qui devait être une foi intime est devenu une idéologie d’État, à l’instar du régime iranien contre lequel Trump a lancé sa croisade. Ce qui relevait du spirituel s’est mué en instrument de domination, voire de damnation. De la Bible au bulletin de vote, le chemin est désormais tout tracé. Et sur cette route s’avance, menaçante, l’ombre d’une théocratie moderne repeinte aux couleurs de l’Amérique trumpienne. Le décor est posé. Reste à comprendre comment cette contre-révolution religieuse s’est organisée concrètement, comment elle a capturé le Parti républicain, et comment elle a transformé l’électorat évangélique en armée politique. C’est ce que nous examinerons dans la contribution suivante.
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Lectures complémentaires :
Retour à la racine du christianisme en tant que mouvement spirituel guidant la société dans la compassion, l’entraide, la justice, l’égalité et l’amour universel —L’anarchisme chrétien —
This entry was posted on 17 juin 2026 at 4:46 and is filed under actualité, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, sionisme colonialisme génocidaire, terrorisme d'état with tags bible Scofield a l'origine du sionisme chrétien, bible Scofield chrétiens sionistes, bible Scofield falsification sionisme, bible Scofield sionisme, dissidence a l'oligarchie, dissidence au nouvel ordre mondial, guerre contre le terrorisme d'état, guerres imperialistes, résistance politique, société état et démocratie, terrorisme d'état, USA sionisme chrétien bible scofield, USA théocratie impérialiste sioniste, USA théocratie sionisme chrétien. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.


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