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Les Petites Sœurs des Pauvres sacrifiées sur l’autel de l’euthanasie d’État

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Le vote de l’Assemblée nationale sur la fin de vie, achevé le 27 juin, referme une porte que beaucoup espéraient encore voir entrouverte, celle de la liberté des établissements de santé à refuser de pratiquer l’euthanasie dans leurs murs. Malgré les tentatives de plusieurs parlementaires d’introduire une clause de conscience collective, le texte final impose à toutes les structures, y compris confessionnelles, d’organiser cet acte qu’elles répriment en leur sein, sous peine de perdre financements et autorisations, donc droit d’exister.

Les Petites Sœurs des Pauvres, qui accueillent 2 500 résidents âgés dans une trentaine de maisons en France, ont exprimé leur refus catégorique de « donner la mort » dans leurs établissements, quitte à devoir fermer certaines maisons ou multiplier les recours en justice. Pour ces religieuses, la vie est un don inaliénable, et accepter l’euthanasie dans leurs murs reviendrait à trahir leur mission fondamentale d’offrir une présence aimante jusqu’au terme naturel de l’existence. Plutôt que de compromettre leurs convictions, elles envisagent, en dernier recours, de fermer les établissements, voire de quitter la France. Une perte inestimable pour la solidarité nationale. Un choix qui illustre une fois de plus l’impasse dans laquelle cette loi place les congrégations et associations dont l’accompagnement des plus vulnérables repose précisément sur un engagement de ne jamais provoquer la mort, rappelle Aleteia.

🚨🏥 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 — Après le rejet des amendements visant à instaurer une clause de conscience collective pour les établissements confessionnels, les Petites Sœurs des Pauvres pourraient fermer leurs maisons en France plutôt que de pratiquer l’euthanasie. pic.twitter.com/nPmf53Xs8O

— L'Écho Chrétien (@lechochretien) June 29, 2026

C’est dans ce climat que l’intervention du pape Léon XIV, lors de son audience générale du 4 juin, prend tout son relief. En appelant à « défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine » et en observant que le monde peine à valoriser la vie « même en sa dernière heure », le pontife n’a pas cité la France, mais l’allusion n’a échappé à personne. Son propos rejoint une inquiétude plus large : celle de voir la dignité humaine redéfinie par la loi elle-même, au point de neutraliser la liberté de conscience d’institutions entières. Sa visite prochaine à Paris ne manquera certainement pas de pousser quelque peu les autorités françaises dans leur retranchement, et de faire valoir ses propos avec fermeté. Il pourrait y dénoncer explicitement la dérive d’une loi qui, au nom d’une autonomie individuelle érigée en dogme, vide le débat de toute dimension spirituelle et contraint les consciences religieuses à se soumettre ou à disparaître. Dans une classe politique où plus personne n’ose s’opposer ouvertement à la doxa dominante, sa voix rappellera que cette approche prend des allures eugénistes en reléguant les soins palliatifs, pourtant plébiscités, au profit d’une solution létale expéditive. Sa visite dans la capitale sera l’occasion de soutenir publiquement les Petites Sœurs des Pauvres et toutes les voix qui refusent de voir la dignité humaine instrumentalisée par un texte législatif coercitif.

Ce texte qui prive les soignants et les structures de leur droit de refuser de donner la mort ne protège-t-il pas moins la dignité qu’il ne l’instrumentalise ? En voulant garantir un soi-disant droit individuel absolu, la loi ne risque-t-elle pas de sacrifier une autre liberté fondamentale, celle de ne pas tuer ? En arguant que « les murs n’ont pas de conscience », le député Olivier Falorni montre le mépris d’une certaine caste politique qui n’hésite pas à balayer d’un revers de main la liberté religieuse et la spécificité des institutions, avec dans sa voix comme une pointe de volonté de coercition.

Le discours sur l’autonomie individuelle cache une sorte d’uniformisation mortifère qui fragilise les plus faibles et marginalise les voix dissidentes. Plus grave encore, cette approche politique semble vouloir vider le débat de toute dimension spirituelle. Au nom d’une doxa qui érige le droit à la mort en absolu intouchable, s’y opposer relèvera bientôt de l’obscurantisme. Pourtant, les Français restent profondément attachés à cette spiritualité qui donne sens à la vie jusqu’à son terme et dont on cherche à les détacher au profit d’une vision purement matérialiste, utilitariste et laïque, flirtant avec des logiques eugénistes qui décident de la valeur d’une existence selon des critères imposés par l’État.

Source : France Soir

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