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Cette question peut facilement plomber l'ambiance d'un dîner en amoureux après une longue journée de travail: «Et si je partais en vacances sans toi?» La proposition peut être accueillie par un simple haussement d'épaules. Mais pour certains, elle est perçue comme une déclaration de guerre, voire même une tentative de rupture à peine masquée.
Sur les réseaux sociaux, le voyage en solo est célébré comme une expérience d'émancipation, de découverte et de liberté. Sur TikTok, plus de deux millions de vidéos au hashtag #solotravel vantent les mérites de l'aventure en solitaire. Mais partir seul lorsqu'on est en couple suscite des réactions mitigées. Certains y voient un signe avant-coureur d'une crise conjugale, tandis que d'autres y lisent une preuve d'égoïsme, explique le New York Times.
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Pour les psychologues de couple, la réalité semble moins manichéenne. «Voyager séparément n'est ni bon ni mauvais en soi, estime Justin Pere, thérapeute à Seattle, aux États-Unis. Cela ne fait qu'amplifier ce qui se passe déjà dans le couple.» L'idée qu'un couple heureux devrait passer beaucoup de temps ensemble a gagné du terrain. Or, cela ne fonctionne pas pour tout le monde.
D'après une enquête réalisée fin 2025 pour le Salon mondial du tourisme, près de 40% des Françaises et Français souhaitent voyager seuls. Ce choix concerne majoritairement les femmes. Une fois par année depuis maintenant cinq ans, Alli Hill quitte son mari et leurs deux enfants pour passer un week-end avec sa mère. Lors des voyages en famille, «il faut toujours faire des compromis, explique-t-elle. Partir séparément permet au contraire de faire ce que l'on veut.» En revenant de ses escapades, la mère de 39 ans réalise que sa famille lui a manqué.
Partir seul, oui. Fuir l'autre, non.
Katie Williams, 36 ans, voyage seule depuis une quinzaine d'années. Avant même de s'installer avec celui qui est devenu son mari, elle l'avait prévenu: elle n'allait pas renoncer à ses grandes aventures en solitaire. Depuis le début de leur relation il y a huit ans, la trentenaire a effectué une quarantaine de voyages en solo, notamment en Égypte, en Inde ou aux Maldives. Pour elle, cette indépendance a nourri son couple. «Je pense qu'on peut avoir une relation plus solide si l'on parvient à rester soi-même au sein de son couple et à faire ce que l'on aime.»
Pour Lisa Marie Bobby, thérapeute conjugale et familiale, la distance peut avoir un effet inattendu: réintroduire un peu de nouveauté dans une relation installée. Lorsqu'une personne revient d'un voyage, elle apporte un nouvel élan. «Cela ouvre une autre dimension dans le couple: celle de redécouvrir son partenaire sous un autre jour», précise la spécialiste. Autrement dit, s'éloigner quelques jours pourrait contribuer à retrouver l'énergie des débuts.
Avant d'organiser un voyage en solitaire, les psychologues recommandent de s'interroger sur ce que chacun des partenaires ressent. Si la distance procure surtout de la joie parce qu'elle permet d'échapper à une relation qui se délite, le problème n'est peut-être pas la destination. La frontière entre indépendance saine et évitement semble parfois très fine.




























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