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Voile : contre les vents, en multicoque, sans poule… Cinq choses à savoir sur le tour du monde historique de Guirec Soudée

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Le marin breton vient de réussir le premier tour du monde à l’envers en multicoque. Un défi majuscule de 94 jours.

Pourquoi le record de Guirec Soudée est un réel exploit ?

Ce samedi matin, au large de l’île d’Ouessant, Guirec Soudée a réussi un authentique exploit : boucler le tour du monde d’est en ouest face aux vents et courants dominants sur son trimaran géant MACSF, long de 32 mètres. Une performance que n’avait jamais réussie aucun marin en multicoque (échecs d’Yves Le Blevec en 2017 et du duo Romain Pilliard-Alex Pella en 2021). Et lui a bouclé la boucle, ce 28 mars à 9h34, après 94 jours de mers, 21 heures et 58 minutes, battant de 27 jours le seul record établi en monocoque par Jean-Luc Van den Heede (122 jours et 14 heures). «Je suis content pour lui, content de voir mon record battu de mon vivant. Cela fait quand même 22 ans !», avait confié en milieu de semaine cette figure de la voile à l’AFP.

La difficulté a donc été de progresser face aux vents et de ne pas casser son multicoque qui, comme tous les engins à trois coques, préfère naviguer avec le vent dans le dos, ou de travers. Ce tour du monde à l’envers c’est « deux fois la route (40 000 milles soit près de 75000 kilomètres), trois fois le temps et quatre fois la peine », ont l’habitude de résumer les marins. C’est dire la difficulté du défi…

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Quel parcours a-t-il effectué ?

Après son départ le 23 décembre dernier au large de Brest, le marin breton a descendu l’Atlantique nord, comme s’il allait parcourir le tour du monde habituel, en passant le long de l’Afrique puis du Brésil mais au lieu de tourner à gauche vers l’Afrique du Sud et le Cap de Bonne Espérance, il a continué sa progression le long de l’Amérique du Sud pour passer en premier le célèbre Cap Horn et entamer la traversée des furieux océans Pacifique et Indien et terminer par doubler le Cap de Bonne Espérance, avant de remonter l’Atlantique vers l’Europe et la France.

«J’ai pratiquement fait deux fois la route normale mais je suis allé au bout ! Et c’est ça qui compte ! C’est passé à une vitesse folle», a réagi le jeune père de famille depuis son trimaran, dans un message audio transmis à la presse, disant avoir eu les larmes aux yeux en franchissant la ligne d’arrivée. «Je suis très heureux, très ému et aussi très soulagé d’avoir terminé (...) Je reviens avec un bateau un peu fatigué mais qui est encore vaillant et qui a été très costaud et ne m’a jamais laissé tomber.»

Pourquoi s’est-il retrouvé à naviguer au nord de Tahiti ?

Pour éviter de se «taper» tout le grand sud de face, avec ses mers démontées et ses vents violents déjà difficiles à vivre même au portant, Guirec Soudée est remonté très nord jusqu’en Polynésie après le passage du Cap Horn. Cela lui a permis de naviguer avec des conditions plus portantes. Et même si cela a rallongé sa route de 15000 milles, cela lui a permis d’éviter une casse certaine sur l’ancien multicoque d’Olivier de Kersauson remis au goût du jour par Thomas Coville. «Naviguer sur un bateau comme ça, c’est beaucoup de boulot, beaucoup de vigilance. C’est ultra stressant (…) J’ai parfois l’impression que mon bateau va se disloquer», confiait-il au Figaro le 26 février dernier, quelques jours avant qu’un filet de pêche ne vienne détériorer l’un de ses safrans, sa principale casse mécanique.

À lire aussi « J’ai parfois l’impression que mon bateau va se disloquer » : Guirec Soudée raconte son tour du monde à l’envers

Pourquoi Soudée s’est-il fait connaître grâce (notamment) à une poule ?

Guirec Soudée s’était fait connaître du grand public par un périple de cinq ans en voilier sur la planète accompagné d’une poule surnommée Monique, qu’il a récupérée au début de son aventure. Ses vidéos du bord avec Monique et les livres qu’il a ensuite écrits ont fait son succès. Et cet aventurier attachant qui n’a pas froid aux yeux a ensuite enchaîné par une double traversée de l’Atlantique à la rame, avant de rejoindre le monde de la course au large pour disputer en monocoque le Vendée Globe 2024-2025 bouclé à la 23e place.

Ses concurrents du Vendée Globe lui ont-ils manqué ?

Lors de son interview au Figaro, le Costarmoricain a avoué : «Ah oui, c’est sûr que d’avoir des concurrents autour de toi c’est chouette. J’ai quelques copains coureurs à terre avec qui je discute mais je suis moins sur mon téléphone que pendant le Vendée Globe. Je suis dans ma bulle, dans mon truc. Et franchement je ne trouve pas le temps long. Ça passe super vite.» La ligne d’arrivée constitue quand même pour lui une sacrée délivrance après plus de trois mois de mer en solitaire et de stress.

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