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L’agriculture intensive participe au réchauffement planétaire par le biais de ses émissions de gaz à effet de serre. Tous les types d'agricultures ne génèrent pas la même pollution, de même que toutes les terres agricoles du monde n'ont pas le même impact. Pour progresser vers un meilleur futur climatique, il est nécessaire d'identifier les terres et les types de cultures qui occasionnent la plus grosse pollution de l'atmosphère. C'est ce qu'ont fait des chercheurs américains en analysant les données en provenance du monde entier : à la fois les types de cultures, mais aussi le niveau d'utilisation des engrais, le fumier, les feux agricoles, les tourbières, etc.
Au niveau mondial, les cultures agricoles occupent 12 % des terres utilisées par les humains et leurs émissions de gaz à effet de serre représentent 25 % de l'ensemble des émissions agricoles. En 2020, les cultures agricoles du monde entier ont émis 2,5 gigatonnes de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. Certaines régions du monde contribuent nettement plus que d'autres à ces émissions de CO2 : l'est de l'Asie et les pays du Pacifique génèrent à eux seuls la moitié de ces émissions ! Ils sont suivis du sud de l'Asie, de l'Europe et de l'Asie Centrale qui, ensemble, ont contribué à hauteur de 30 %. De manière plus précise encore, la manière d'utiliser les terres joue un rôle fondamental sur les émissions qu'elles dégagent : le drainage des tourbières (35 % des émissions), les rizières (35 % des émissions) et l'utilisation des engrais de synthèse (23 %) sont les principaux contributeurs.
La carte des émissions de gaz à effet de serre des cultures mondiales : en bleu foncé, les régions les plus émettrices. © Nature Climate Change
Une culture pose un problème majeur : le riz
Quatre cultures représentent à elles seules 67 % des émissions de gaz à effet de serre :
- le riz ;
- le maïs ;
- l'huile de palme ;
- le blé.
Interrogé par le site Phys, l'un des auteurs, Mario Herrero de l'Université Cornell aux États-Unis, explique : « tout se joue au niveau du riz. C'est là que se trouvent les plus importantes ressources et les plus grandes opportunités ». L'eau stagnante des rizières limite la circulation de l'oxygène et émet plus de gaz à effet de serre.
Les rizières dégagent une grande quantité de dioxyde de carbone. © shy sol, Pexels
Il faut donc agir au niveau local, indique le scientifique. Faut-il consommer moins de riz ? Oui, selon de nombreuses études scientifiques sur l'impact environnemental du riz. Cet aliment n'émet pas seulement d'énormes quantités de gaz à effet de serre lorsqu'il est en rizière, mais aussi après : son emballage et son transport à travers le monde entier aggravent son impact environnemental.
Et les émissions de gaz à effet de serre liées au riz ne vont faire qu'augmenter, selon une étude publiée en octobre 2024 par le Journal of Cleaner Production. D'ici 2100, il est prévu que la consommation de riz augmente de 32 %. Le chercheur Mario Herrero l'assure : « certains aliments plus nutritifs, comme les fruits et légumes, ont un impact environnemental bien moindre ». Un fait dont bien peu de consommateurs sont au courant : il faudra désormais trouver les bons arguments pour parvenir à faire diminuer la consommation globale de riz sans pour autant détruire les économies locales basées sur cette production.


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