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Aujourd'hui essentiellement pratiqué en Iran, le chiisme, l'un des trois principaux courants de l'islam avec le sunnisme et le kharidjisme, stipule que le califat doit revenir à un descendant d'Ali, qui était le gendre de Mahomet.
En parallèle, les duodécimains, plus nombreux et plus actifs, sont les chiites qui croient en la prophétie des Douze imams, considérés comme les véritables successeurs spirituels et politiques du prophète.
C'est cette doctrine que l'ancienne Perse, majoritairement sunnite depuis la conquête musulmane du VIIe siècle, va adopter contrainte et forcée au tout début du XVIe siècle.
Un coup de force religieux et politique
Entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, les chefs safavides - une dynastie originaire du Kurdistan iranien d'abord rattachée au sunnisme - se convertissent à un chiisme radical, en partie influencé par le soufisme, qui sacralise le combat armé contre les « infidèles », avec l'objectif de l'étendre à toute la région.
Au printemps 1501, le jeune chef militaire Ismaïl Ier, aidé par 7 000 combattants qizilbash issus de groupes soufis militants, bat une armée de 30 000 guerriers Aq Qoyunlu, une fédération tribale turque oghouze, lors de la bataille de Sharur, s'empare de la ville de Tabriz, alors capitale de l'Iran, se fait couronner chah et fonde la dynastie safavide. Il impose aussitôt le chiisme duodécimain comme religion officielle.
Ce choix a une portée politique très importante. Face à l'Empire ottoman à l'ouest et aux Ouzbeks à l'est, deux puissants voisins sunnites, il singularise la Perse en tant qu'entité religieuse distincte, tout en offrant une source de légitimité sacrée au nouveau pouvoir.
Les chiites et les sunnites sont deux courants rivaux de l'islam. © France InfoUne conversion par l’épée
Pour les Iraniens, la réalité de la conversion est brutale. Les safavides exigent de leurs sujets des professions de foi déclamées en public et l'acceptation inconditionnelle des rituels chiites.
Dans la plupart des régions, Ismaïl 1er mène une campagne méthodique de « chiitisation », n'hésitant pas détruire les tombeaux des anciens checks, à exécuter les juges, prédicateurs et fonctionnaires sunnites récalcitrants, et à réprimer dans le sang toute forme de résistance populaire, parfois en brûlant vifs les opposants.
Malgré ce déferlement de violence, il faudra attendre le milieu du XVIe siècle pour que les chiites prennent définitivement l'ascendant sur les sunnites. Dès lors, l'Iran sera identifié, jusqu'à aujourd'hui, comme le grand bastion du chiisme. La dynastie safavide s'éteindra quant à elle en 1760, avec la mort d'Ismaïl III, son dernier souverain.


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