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Accusé injustement d’espionnage, l’ancien correspondant américain du « Wall Street Journal » en Russie a été détenu pendant seize mois dans une prison moscovite, en 2023 et 2024. Pour tenter de surmonter le traumatisme de cette expérience, il a décidé d’enquêter sur sa propre histoire. Son livre, « Ce beau pays maudit », sort le 28 octobre.

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Le journaliste américain Evan Gershkovich au Festival de littérature de Cheltenham, au Royaume-Uni, le 10 octobre 2026. Le journaliste américain Evan Gershkovich au Festival de littérature de Cheltenham, au Royaume-Uni, le 10 octobre 2026.

Longtemps, Evan Gershkovich, 34 ans, n’a pas voulu parler de son séjour en prison en Russie. Le reporter américain du Wall Street Journal, accusé, sans la moindre preuve, d’espionnage au profit des Etats-Unis, a été détenu pendant quatre cent quatre-vingt-onze jours dans la maison d’arrêt de Lefortovo, à Moscou, avant d’être échangé, le 1ᵉʳ août 2024, avec d’autres personnes séquestrées, contre plusieurs agents de renseignement russes emprisonnés en Europe.

Après sa libération, l’ancien correspondant, sollicité par les médias du monde entier, lutte pour retrouver une routine sans être submergé par l’angoisse. La simple évocation du porridge, la nourriture standard des geôles de la Fédération de Russie, ou de banals imprévus dans son emploi du temps, qui était réglé à la minute près par ses gardiens, provoquent en lui de violentes crises de panique. A l’automne 2025, au cinéma, devant Un simple accident, le film multirécompensé du réalisateur iranien Jafar Panahi qui met en scène d’anciens prisonniers politiques qui kidnappent leur tortionnaire, il doit quitter la salle. « Les raclements de gorge du gardien de prison du film m’ont replongé dans ma cellule moscovite », décrit-il au cours d’un appel vidéo organisé de New York, le 25 septembre.

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