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Visite de Gérard Larcher dans une ferme du Tarn : ce qu’il faut retenir de sa rencontre avec les agriculteurs

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Lors de son déplacement dans le Tarn, jeudi 15 janvier, le président du Sénat Gérard Larcher a fait étape à Sorèze où il a rencontré et échangé avec les agriculteurs du territoire.

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Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l'a conduit - sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Foliot - auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze.

Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l’a conduit – sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Folliot – auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Par Angélique Passebosc Publié le 15 janv. 2026 à 20h37

Elles n’auront probablement jamais vu autant de monde se presser devant leur museau. Les 360 vaches du GAEC de la montagne Noire – cette exploitation agricole implantée au nord de la commune de Sorèze que le président du Sénat Gérard Larcher est venu visiter ce jeudi 15 janvier 2026 – auront été les spectatrices d’un inhabituel défilé d’hommes et de femmes politiques à l’occasion, donc, du déplacement du « deuxième personnage de l’État » dans le département du Tarn.

Un déplacement « au fil de l’actualité » avec un premier arrêt ici, aux « Mengauds », où l’attendaient (forcément) de nombreux représentants du monde agricole.

« Je suis venu écouter »

Le président du Sénat a débuté son marathon par une visite d’une trentaine de minutes au sein de cette exploitation agricole de 540 hectares nichée aux confins du département. « Ici, nous autoconsommons tout ce que nous produisons », précise avec fierté Solange Aussenac, l’une des sept associés du GAEC de la montagne Noire.

Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l'a conduit - sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Foliot - auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze.

Les associés du GAEC de la montagne Noire ont profité de la présence de Gérard Larcher au sein de leur exploitation, et de la découverte par le président du Sénat de leur troupeau, pour évoquer la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC). ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Une visite guidée ponctuée de quelques apartés sur l’actualité, avant un temps d’échange plus long avec les élus du territoire et les agriculteurs invités. Mais auquel la presse, elle, n’était pas conviée. C’est donc à l’issue de cette séquence que Gérard Larcher s’est exprimé :

L’objectif de cette visite était de faire le point à cet instant sur la situation de l’agriculture, de l’élevage, de la viticulture dans le département. De faire le point, dans un moment de tension, sur la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse, NDLR), la question du revenu agricole, sur la crise viticole, sur la question de l’eau…

Avant de déclarer être surtout « venu écouter ». Écouter les doléances des agriculteurs et de leurs représentants, leur inquiétude, leur colère aussi. « Nous avons abordé des sujets qui tenaient à cœur des agriculteurs tarnais », résume Sébastien Bruyère, président de la Chambre d’agriculture du Tarn.

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Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l'a conduit - sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Foliot - auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze.

En se rendant dans le Tarn, Gérard Larcher répondait à l’invitation formulée par la sénatrice Marie-Lise Housseau – par ailleurs ancienne maire de Sorèze et directrice de la Chambre d’agriculture du Tarn – et du sénateur Philippe Folliot. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l'a conduit - sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Foliot - auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze.

Les élus du territoire, mais surtout de nombreux agriculteurs ont répondu à l’invitation des parlementaires à venir rencontrer et échanger avec le président du Sénat sur les problématiques agricoles. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

La question de la dermatose nodulaire contagieuse…

Le premier d’entre eux ? La DNC et ce fameux protocole sanitaire qui a provoqué une levée de boucliers, en particulier dans la région Occitanie. « Le protocole n’a toujours pas évolué. Et ce, alors même que le cheptel tarnais est en passe d’être totalement vacciné », déplore Sébastien Bruyère. Une situation que le président de la Chambre d’agriculture du Tarn juge « inacceptable ».

Car malgré la vaccination, l’inquiétude règne encore dans les élevages. D’abord, par rapport aux effets secondaires. « Quelques bêtes ont un peu accusé le coup, mais ça reste pour nous dérisoire. On a la chance d’avoir un troupeau qui a répondu plutôt favorablement à la vaccination, alors qu’ailleurs, ils peuvent perdre jusqu’à 6 litres (de lait, NDLR) par vache. C’est énorme ! Si, nous, on perdait ça, ce serait très dur de s’en relever… », confiait l’un des associés du GAEC au président du Sénat, lors de la visite de l’exploitation. Redoutant également les effets – peut-être à plus long terme – que pourrait avoir l’injection sur la reproduction des animaux. « Certains troupeaux seront peut-être en danger… »

Mais dans l’immédiat, d’autres problèmes les préoccupent. « Une fois l’injection réalisée, il faut attendre 21 jours avant d’être sûrs que nos bêtes sont complètement indemnes », renseigne Solange Aussenac. Et même après ce délai, rien ne garantit que l’ensemble des vaches ne sera épargné. « On n’a toujours pas la certitude du non-abattage des troupeaux… », regrette-t-elle. « Nous devons passer à l’abattage sélectif ! », insiste Sébastien Bruyère. Plus encore, les professionnels tarnais entendent bien servir d’exemple en la matière. « Ce que l’on espère, c’est que le département du Tarn puisse devenir un département pilote », pose l’exploitante agricole.

GAEC de la montagne Noire Sorèze - Vaches

Les agriculteurs tarnais, préoccupés par la crise actuelle autour de la DNC, disent vouloir faire de leur département un territoire « pilote » en la matière, notamment sur la question des éventuelles évolutions du protocole sanitaire. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

…et celle de l’eau

Autre sujet abordé : la question de l’eau, de la loi Duplomb et des nombreux freins auxquels sont confrontés les agriculteurs tarnais pour construire des retenues colinéaires. « Les réglementations sont absurdes et complètement démesurées par rapport à ce que nous demandons », peste Solange Aussenac, précisant que le GAEC de la montagne Noire porte un projet d’agrandissement de son lac. Un projet qui, comme beaucoup d’autres, n’avance pas.

Nous avons dans le département une ressource abondante – 800 mm de pluie tombent tous les ans -, mais que nous ne pouvons pas utiliser pour les élevages, les cultures spéciales… Et pendant ce temps, on importe tous nos produits de l’extérieur avec des normes sanitaires qui ne correspondant en rien aux nôtres. Bref, nous en sommes toujours au même point qu’il y a deux ans. Ça suffit ! Remettons du bon sens dans notre agriculture française.

Des difficultés dont l’ancien maire de Rambouillet semble conscient et qu’il assure, en tout cas, vouloir régler. « En tant que président du Sénat, je peux inscrire très rapidement une proposition de loi qui prenne en compte l’avis du Conseil constitutionnel sur la loi Duplomb-Ménonville et sur la gestion d’un certain nombre de produits phytosanitaires avec la nécessité de trouver un équilibre entre lutte contre les parasites et santé humaine. Un texte est en préparation », promet-il.

« Ce qu’il faut, ce sont des actes »

Ce que les agriculteurs espèrent désormais ? Que Gérard Larcher fasse « remonter [leurs] demandes auprès du Gouvernement ». « C’est un contre-pouvoir qui peut modifier la donne, estime le président de la Chambre d’agriculture du Tarn. Puis on sent que le Sénat a une envie de faire bouger les choses, qu’il a bien compris que l’on allait devenir totalement tributaire de la planète entière, dans notre alimentation, si l’on ne fait rien. »

Gérard Larcher a répondu à quelques-unes de nos interrogations, il nous a écoutés, entendus aussi je pense, maintenant, il faut voir ce qu’il va se passer au niveau parlementaire, ministériel et européen. Qu’est-ce qu’il va découler de tout cela ? Les paroles, c’est bien beau, mais ce qu’il faut, ce sont des actes. Nous sommes entendus, ok, mais comment ?

Le président du Sénat Gérard Larcher était en visite officielle dans le département du Tarn, jeudi 15 janvier. Un déplacement qui l'a conduit - sur invitation de la sénatrice Marie-Lise Housseau et du sénateur Philippe Foliot - auprès des agriculteurs du territoire, dans une exploitation agricole implantée à Sorèze.

Gérard Larchr est « venu écouter », prendre le pouls du monde agricole dans cette exploitation de 540 hectares. Les réponses, elles, viendront dans un second temps. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Alors, à quoi s’attendre, désormais ? Et quelles réponses exactes Gérard Larcher leur a-t-il apportées ? « Je suis venu écouter. J’apporterai une réponse à la mesure du Parlement, je transmettrai aux commissions concernées, naturellement cela nourrira cette loi d’urgence dans laquelle le Gouvernement vient de s’engager », répondait-il d’abord.

Avant de conclure : « Le Sénat est profondément engagé sur la loi d’orientation agricole et naturellement sur cette fameuse loi visant à lever les entraves qui pèsent sur l’agriculture. Sur la DNC, je n’ai pas de réponse. Une mission en rendra une en février pour voir si peut faire évoluer le protocole sanitaire – qui est un protocole européen, qui n’a pas été fait sur un coin de table et qui correspond à un certain nombre de données scientifiques. Voilà, je vais apporter tout cela »

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