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97 % d’entre elles jugent pourtant cette initiative pertinente, selon la Haute Autorité de santé. Et près de 40 % des victimes assurent qu’elles parleraient si elles étaient interrogées.
En 2025, seule une femme sur vingt (5 %) dit avoir été interrogée au sujet des violences conjugales par son médecin généraliste, lors d’une consultation récente. C’est ce que révèle un rapport publié ce 5 mars par la Haute Autorité de santé (HAS), qui recommande aux professionnels d’interroger leurs patientes systématiquement. Elles sont une majorité à trouver cette démarche positive pour mieux repérer ces violences.
Ainsi, 5 % des femmes déclarent avoir été interrogées à ce sujet lors d’une consultation récente, contre une sur 33 (3 %) en 2022, détaille la HAS. Environ 17 % se souviennent avoir été questionnées sur la relation avec leur partenaire, contre 14 % trois ans auparavant. À titre de comparaison, la question de la consommation de tabac a été abordée chez 37 % des femmes cette année.
Ce baromètre, qui analyse depuis 2022 l’évolution des pratiques des médecins généralistes, a été réalisé sur un échantillon de 1 000 femmes majeures, dont 876 ont consulté un médecin généraliste dans les 18 derniers mois.
39 % des victimes auraient parlé si questionnées
97 % de ces femmes estiment qu’un questionnement de toutes les patientes par leur médecin généraliste « pour faciliter le repérage d’éventuelles violences conjugales, actuelles ou passées, est une bonne chose ».
Parmi ces 876 patientes, une sur cinq dit subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, dont 21 % assurent en avoir parlé spontanément au médecin, sans qu’il ne les interroge. Mais 39 % des victimes déclarent n’avoir rien dit, alors qu’elles l’auraient fait si le médecin les avait questionnées : « J’en parlerais s’il me questionnait ». En revanche, 35 % pensent « ne jamais lui en parler ».
Ces victimes considèrent toutefois l’initiative d’un œil très favorable : elles sont 89 % à trouver cela rassurant.
Un « interlocuteur de confiance »
Depuis 2019, la HAS recommande aux professionnels de santé de premier recours (généralistes, gynécologues, pédiatres, urgentistes, sages-femmes...) de demander à toutes leurs patientes « si elles subissent ou ont subi des violences », même en l’absence de signes d’alerte, afin de faciliter la parole des victimes, en levant le tabou sur le sujet.
Le médecin est « un interlocuteur de confiance », estime la HAS : « L’écrasante majorité des femmes se sentent à l’aise » avec leur généraliste (93 %, dont 54 % disent être « tout à fait à l’aise » et 39 % « plutôt à l’aise »). « Améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus » de victimes, souligne l’autorité de santé publique.
Dérogation au secret médical possible
Cette réticence des généralistes à questionner leur patiente pourrait s’expliquer, du moins en partie, par la peur d’être amené à violer le secret médical. Pourtant, depuis 2020, la levée du secret médical est désormais possible mais il faut que deux conditions soient réunies, rappelle le Conseil national de l’Ordre des médecins : si « ces violences mettent la vie de la victime majeure en danger immédiat et [si] celle-ci se trouve sous l’emprise de l’auteur des violences ».
En effet, depuis la loi du 30 juillet 2020, le médecin peut signaler au procureur de la République une situation de maltraitance constatée ou supposée sans risquer de violer le secret médical. Sans créer d’obligation pour le médecin, cette réforme assure qu’au moment d’un signalement, fait avec le consentement de la victime majeure, la responsabilité du soignant n’est pas engagée sur le plan disciplinaire, civil ou pénal.
Si la victime est en danger immédiat faisant craindre une issue fatale et sous l’emprise de l’auteur des violences, son accord n’est pas nécessaire pour permettre au médecin de signaler les violences commises au sein du couple. Il faut également qu’elle soit considérée comme vulnérable – « pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique », précise le Code pénal. Dans ce cas, le médecin doit néanmoins informer la victime qu’un signalement a été effectué auprès du procureur de la République.


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