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En tant que futurs juristes, des étudiants en droit au Nouveau-Brunswick désirent être mieux outillés pour combattre la violence conjugale.
À la demande de groupes comme l’Association des étudiant(e)s noir(e)s en droit de l'Université de Moncton, une conférence sur la question s’est déroulée samedi.
Elle visait à sensibiliser les futurs diplômés aux réalités complexes des violences conjugales, dans l’espoir de mieux accompagner les victimes.
On souhaite aussi briser le silence et les tabous culturels qui peuvent entourer la violence entre partenaires intimes, a expliqué Rouguietou Ndiaye, la présidente entrante de l'association.
J'aimerais que les victimes sachent qu'elles ne sont pas seules, que l'accompagnement est possible, que le système judiciaire est en évolution, plaide Rouguietou Ndiaye.

Rouguietou Ndiaye est la présidente entrante de l'Association des étudiant(e)s noir(e)s en droit de l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
C'est encore très, très tabou dans nos communautés, relate-t-elle.
Au Sénégal, d’où est-elle est originaire, la violence entre partenaires intimes, c'est quelque chose dont on ne parle pas, dénonce-t-elle. On voit, on ferme les yeux et on avance.
On ne connaît pas où sont les aides. On ne connaît pas où sont les ressources. On ne connaît même pas ce qu'on a droit en tant que victime, déplore Rouguietou Ndiaye.

Aaron Kamondo, avocat-procureur, est membre du conseil d'administration de la Fondation des femmes pour la dignité et le développement.
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
La plupart des gens qui viennent de différents pays ne comprennent pas c'est quoi la violence conjugale au Canada, affirme Aaron Kamondo, procureur au Nouveau-Brunswick.
Parce que, bien sûr, il y a la culture. Il y a des gens qui viennent de pays qui ont des régimes patriarcaux où c'est l'homme qui décide [...] où les gens ne savent pas c'est quoi le consentement, par exemple en matière de relations sexuelles, déclare Me Kamondo.

Isabelle Dionne (à gauche, au micro), procureure de la Couronne au Nouveau-Brunswick, et Rouguietou Ndiaye (assise à sa droite), lors de la conférence de samedi à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
Selon Isabelle Dionne, procureure de la Couronne à Moncton, sensibiliser le plus tôt possible est essentiel.
Les futurs juristes auront inévitablement à travailler sur des dossiers de violence conjugale.
Malheureusement le volume est très élevé de dossiers de violence conjugale qui sont apportés au bureau des procureurs, à chaque semaine, souligne-t-elle.

Alida Kamdem est étudiante de deuxième année à la faculté de droit de l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
Les avocats et procureurs qui seront confrontés à des cas de violence basée sur le genre auront un grand défi. Tout ce qui a trait avec la famille, il faut avoir un esprit fort pour gérer ça, observe Alida Kamdem, une étudiante de deuxième année à la faculté de droit de l'Université de Moncton.
En tant qu'étudiante, en tant que jeune juriste, c'est vraiment l'idéal de parler sur un tel sujet, poursuit-elle. Non seulement pour interpeller, mais également pour sensibiliser.
En juin 2025, l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick a adopté une motion qui reconnaît la violence fondée sur le genre comme une épidémie, c’est-à-dire comme un phénomène nuisible qui touche un grand nombre de personnes.
La procureure Isabelle Dionne espère que l'augmentation des dossiers de violence conjugale s'explique par le fait que les victimes dénoncent davantage leurs agresseurs qu'autrefois.
C'est seulement en adressant [la question] qu'on va pouvoir espérer réduire le nombre de victimes, déclare Me Dionne.
D’après le reportage de Margaud Castadère


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