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Médias 26/02/2026 06:00 Actualisé le 26/02/2026 07:54
Le président de la commission avait prévu une audition du milliardaire conservateur en réponse à celles de Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Reste à savoir quand Vincent Bolloré sera convoqué (s’il vient vraiment un jour).

ALAIN JOCARD / AFP
En 2024, Vincent Bolloré était déjà passé sur le gril d’une commission parlementaire au sujet du renouvellement de la fréquence TNT de C8.
Ça devait être la réponse du berger à la bergère. Ou plutôt du président à son rapporteur. Finalement, le coup d’éclat promis par Jérémie Patrier-Leitus, le président de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, se fait toujours attendre.
Ce jeudi 26 février, la commission d’enquête poursuit ses auditions des grandes fortunes actionnaires des sociétés de production qui travaillent le plus avec l’audiovisuel public. Après Banijay et son fondateur Stéphane Courbit mercredi, c’est au tour de la société Mediawan, méconnue du grand public bien qu’omniprésente sur France Télévisions. Concernant l’audition de cette dernière, c’est une volonté personnelle du sulfureux rapporteur de la commission et député UDR Charles Alloncle, comme l’a confirmé au HuffPost le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).
Sont ainsi convoqués Matthieu Pigasse (membre du conseil de surveillance du Groupe Le Monde, auquel appartient Le HuffPost, ndlr) ainsi que Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr). Deux grandes fortunes implantées dans le paysage médiatique français que le ciottiste Charles Alloncle, vent debout contre l’audiovisuel public et pour sa privatisation, n’a donc pas prévu de chouchouter.
En réaction aux convocations de son rapporteur pour les auditions jusqu’à fin février, Jérémie Patrier-Leitus avait dévoilé sur franceinfo au début du mois vouloir convoquer − dans le même temps − Vincent Bolloré. Le groupe Vivendi, qu’il détient, fait partie des principaux actionnaires (près de 20 %) de Banijay, deuxième société de production la plus sollicitée par l’audiovisuel public, derrière Mediawan.
Auprès du HuffPost, Jérémie Patrier-Leitus confirme que les convocations de son rapporteur autour de Mediawan ont motivé sa décision d’en faire de même avec Banijay. Xavier Niel et Matthieu Pigasse d’un côté, Vincent Bolloré de l’autre, donc. « J’ai considéré qu’il fallait dans ce cas, par parallélisme, auditionner les principaux actionnaires des principales sociétés de production avec lesquelles France Télévisions travaille. Or il se trouve que Vivendi est le principal actionnaire financier de Banijay », justifie-t-il.
Silence radio au sein de la commission
Trois semaines après la promesse d’audition de ces trois grandes fortunes françaises, nulle trace de celle de Vincent Bolloré dans le calendrier de la commission jusqu’à la fin du mois de février. D’ailleurs, aucune trace non plus de celle de Marc Ladreit de Lacharrière, autre grande fortune française et actionnaire de Banijay et lui aussi annoncé par Patrier-Leitus.
La convocation de Vincent Bolloré s’annonçait pourtant piquante, car le président comptait notamment interpeller le milliardaire conservateur sur le maintien de Jean-Marc Morandini sur l’antenne de sa chaîne CNews, malgré la condamnation définitive de l’animateur pour corruption de mineurs. « Que dirions-nous si un présentateur de l’audiovisuel public avait été condamné définitivement pour corruption de mineurs et maintenu à l’antenne par les dirigeants de France Télévisions ou Radio France ? », argumentait le président pour motiver sa convocation, en plus de ses liens avec Banijay.
Questionné par Le HuffPost mardi 24 février sur l’avenir de la convocation de Vincent Bolloré, le président a botté en touche, indiquant seulement vouloir communiquer « le moment venu sur la seconde partie des auditions ». Soit après les élections municipales, dont la campagne officielle va mettre un coup d’arrêt aux travaux de la commission sur l’audiovisuel public. Renvoyant une éventuelle réponse après le 22 mars, date du second tour des élections municipales. Également contacté, Charles Alloncle n’a pas donné suite à nos sollicitations.
En coulisses, difficile d’obtenir plus d’explications sur cette absence remarquée. Un député, membre de la commission sur l’audiovisuel public, confie au HuffPost ne pas avoir « d’informations supplémentaires » sur la convocation du puissant patron du groupe Canal. Quant aux autres parlementaires contactés par nos soins, c’est le silence radio total.


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