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Le tireur de Côte-des-Neiges se serait servi d’une arme soviétique qui fait débat au Canada

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L’arme utilisée par le tireur dans la fusillade de lundi à Montréal semble être une SKS, selon un expert. Cette carabine semi-automatique compte plusieurs tueries à son actif au Canada.

Lundi, quelques minutes après la diffusion sur les réseaux sociaux des premières vidéos de la fusillade, les internautes s’aventuraient déjà à identifier la carabine du tireur. « C’est une SKS », écrivaient nombre d’entre eux. Les autorités, elles, parlaient simplement d’une « arme longue » sans aller plus loin.

Toutefois, la carabine semble bel et bien être une SKS, d’après le professeur d’histoire au Cégep de Trois-Rivières, Francis Langlois. « J’ai écouté les coups de feu. Ça sonnait comme une arme semi-automatique avec un chargeur de 10 balles », indique ce spécialiste des armes à feu. Sa forme générale, son système vertical d’éjection des douilles ainsi que sa baïonnette pliable sur le canon permettent de l’identifier, ajoute-t-il.

Une arme populaire « prisée des tueurs de masse »

« C’est une arme qui est peu dispendieuse, qui est facile à trouver, qui est facile à réparer, à modifier et qui est durable, explique M. Langlois. Elle est très très très populaire au Canada. »

Cette popularité s’explique en partie par son histoire. Dans les années 1990, après la Guerre froide, des surplus militaires soviétiques et des copies fabriquées par le fabricant chinois Norinco entraient au pays « à plein containers », à des prix « ridicules », rappelle l’historien Francis Langlois. « Tous les pays du Pacte de Varsovie produisaient [des SKS] pendant un certain temps. Donc il y en a énormément en circulation dans le monde et il y en a qui se sont retrouvés ici au Canada. »

Le succès de la carabine russe au Canada ne se limite pas aux chasseurs, poursuit-il. Sa facilité à être modifiée en fait une « arme prisée des tueurs de masse » et du crime organisé, selon ce spécialiste.

Malgré les demandes répétées de groupes pour le contrôle des armes à feu, ces carabines peuvent encore être achetées au pays par tout détenteur d’un permis de possession et d’acquisition.

Leur statut légal fait toutefois l’objet d’un « examen complet » du gouvernement fédéral, ce qui pourrait entraîner de nouvelles restrictions pour certaines versions de la SKS. Entretemps, comme l’échéancier de l’examen n’a pas été précisé, elles circulent toujours.

Un lourd passé criminel

La SKS n’en est pas à sa première apparition dans un dossier criminel canadien. Elle avait notamment été utilisée lors de la tuerie la tuerie de 2018 de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, où deux policiers et deux civils avaient été tués. Même scénario, plus récemment, pour le meurtre de deux policiers en Ontario, ou encore en 2023 lors de la tuerie de Sault-Sainte-Marie, également en Ontario.

« En théorie, la loi C-21 interdit ce type d’arme semi-automatique avec une grande capacité de munitions », explique Francis Langlois. En pratique, la SKS ne figure pas dans la liste des armes prohibées au Canada.

Pourquoi la SKS n’a-t-elle pas été incluse dans les dernières vagues d’interdictions alors que d’autres fusils semi-automatiques l’ont été ? « Ces armes sont particulièrement prisées de communautés qui dépendent de la chasse pour leur survie, essentiellement des gens des Premières Nations dans le Nord et dans les Prairies », explique M. Langlois. Peu dispendieux, facile à réparer et polyvalent : la SKS permet de chasser à la fois le moyen et le gros gibier à un coût accessible pour des communautés qui ne sont « pas nécessairement très riches », souligne celui qui est aussi chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand.

« Je pense que le gouvernement essaie de trouver une alternative, qui serait abordable et aussi versatile et fiable que cette arme-là », résume-t-il.

Pour l’organisme PolySeSouvient, avant de trouver cette alternative, il faudrait interdire la vente de nouvelles carabines SKS, tout en incluant une exemption pour les chasseurs autochtones qui l’utilisent principalement pour leur subsistance. « Compte tenu de l’implication répétée du SKS dans des fusillades tragiques, le gouvernement devrait immédiatement mettre fin aux nouvelles ventes », et ce, pendant qu’il « décide du sort des modèles actuellement en circulation », a déclaré en avril 2026 PolySeSouvient par communiqué.

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