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Inquiète que le cœur des villes et des villages du Québec ne batte plus avec la même vitalité qu’autrefois, une coalition demande l’adoption d’une « stratégie nationale » pour enrayer le déclin des centres-villes au profit de la périphérie.
L’érosion des noyaux municipaux ne date pas d’hier. Le déplacement de l’activité économique vers la circonférence des centres urbains, l’arrivée massive du commerce en ligne, l’itinérance de plus en plus criante au Québec contribuent tous à faner ces quartiers centraux qui fleurissaient, à une autre époque, à l’ombre des clochers d’église.
« Depuis des années, voire des décennies, nous déshabillons un peu les centres-villes, déplore Olivier Legault, directeur général de l’organisme Rues principales. Avec l’évolution de nos villes, nous sommes constamment en train d’enlever les petits ingrédients qui font en sorte qu’ils sont en vie. »
Au Québec, 45 % des municipalités estiment que leur cœur traditionnel se fragilise depuis 10 ans. Plus du tiers d’entre elles croient également que la santé de leur centre-ville est mauvaise, selon une étude d’Aviseo Conseil commandé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Aujourd’hui, une coalition de 35 signataires, dont font partie cinq municipalités, tire la sonnette d’alarme – et demande que la vitalité des centres-villes devienne un chantier de société.
« Les centres-villes doivent redevenir attrayants, croit le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau. Les gens doivent retrouver l’envie d’aller s’y promener, y flâner et y découvrir des boutiques par curiosité. »
Opportunité financière
La coalition menée par Rues principales demande la mise en branle d’un plan en 10 points qui inclut, notamment, un plus grand appui financier, le travail en présentiel et la création d’un fonds « afin d’augmenter jusqu’à 10 % le nombre de logements sociaux et abordables dans les cœurs des villes et des villages ».
Un centre-ville en santé comporte des bénéfices économiques, stipulent différentes études compilées par Rues principales. À l’heure où les infrastructures municipales se détériorent et où les budgets municipaux ne suffisent pas à enrayer leur déclin, il coûte presque 2 fois et demie plus cher de desservir des zones en périphérie que des cœurs villageois densément peuplés.
Un mètre carré occupé dans un centre-ville rapporterait aussi trois fois plus en revenus fiscaux qu’un mètre carré dans un mégacentre commercial.
De plus, les centres-villes représentent en moyenne 1 % de la superficie urbaine au Canada, mais génèrent 24 % des emplois de la municipalité.
« Nous ne pouvons plus nous permettre d’ajouter des actifs en infrastructure, plaide Olivier Legault. Un centre-ville, c’est l’endroit où c’est possible d’avoir un milieu de vie où tout est accessible à pied, où nous ne sommes pas en train de densifier le milieu d’un champ pour obliger les gens à avoir deux voitures par unité d’habitation pour aller faire l’épicerie et aller travailler. Quand j’entends le ministre des Affaires municipales qui veut ouvrir de nouveaux quartiers avec des maisons modulaires, ça me fait un peu grincer les dents. Ce que j’entends, c’est que nous allons devoir bâtir de nouvelles infrastructures. »
En prévision de la campagne électorale
Les préoccupations formulées par la coalition trouvent écho au sein de la population, selon un sondage Léger réalisé en ligne, donc non-probabiliste, auprès de 1033 personnes pour le compte de Rues principales.
Quelque 86 % des répondants s’estiment très favorables (29 %) ou plutôt favorables (57 %) à l’octroi d’un soutien gouvernemental pour « augmenter l’attrait général des centres-villes et des cœurs de quartier, pour aider les entreprises locales et pour améliorer le sentiment de sécurité ».
« L’appel que nous lançons aujourd’hui, oui c’est en prévision de la campagne électorale, conclut le maire Rémi Barbeau. Par contre, il y a une occasion à saisir aussi avec le boom démographique qu’une municipalité comme Saint-Jérôme connaît en ce moment. Nos centres-villes changent beaucoup et c’est une opportunité : il ne faut pas manquer cette chaloupe-là. »
Rues principales rappelle qu’au cours de la dernière campagne électorale, le gouvernement de François Legault avait promis 470 millions de dollars pour vivifier les cœurs de villages. « Depuis, souligne Olivier Legault de Rues principales, ce sont 50 millions de dollars qui ont été budgétés… »


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