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Fatiguée de l’intimidation et de l'acharnement de certains résidents à son égard, la mairesse de Frampton, Gina Cloutier, claque la porte de la municipalité beauceronne qui l’a élue sans opposition il y a moins d’un an.
Ça fait plusieurs mois que je dors moins bien, je commence à avoir des symptômes un peu désagréables au niveau de ma santé, avoue la mairesse démissionnaire, ébranlée.
Elle explique subir de l'intimidation et recevoir des menaces. J'ai eu, dans les dernières semaines, des menaces qu'on me casserait les jambes, qu'on me ''péterait la gueule'', comme ils disent. C'est des rumeurs qui circulent, poursuit-elle. J'ai un surnom aussi dans le village pas très, très charmant que je ne nommerai pas.

Frampton est une municipalité d’environ 1300 résidents en Beauce.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Des gens m’appellent pour me traiter de menteuse. Je me suis aussi fait dire que mes prochains 37 mois, la personne a pris le temps de bien calculer, ça ne serait pas le fun pour moi. [...] J'ai décidé que c'était assez, que je me passais en premier.
Une semaine difficile
Le projet de la future salle communautaire de la municipalité a mis le feu aux poudres dans la dernière semaine lors d'une rencontre avec les citoyens.
On parle d'un projet de 1,7 million, mais, avec toutes les subventions qu'on a réussi à aller chercher, c'est un projet qui ne va pas avoir beaucoup d'impact sur les taxes des citoyens, explique l’entrepreneuse à la retraite. Elle affirme qu’il y a eu de la désinformation à ce sujet.
L’élue assure avoir été transparente dans le processus décisionnel concernant ce projet. Je suis toujours au bureau municipal. Si les gens ne sont pas d'accord, ils peuvent venir s'asseoir avec moi.
Une pétition à sa défense
Déçue de la tournure des événements, Émilie Ferland, copropriétaire du Miller Zoo, a immédiatement lancé une pétition pour convaincre la mairesse démissionnaire de revenir sur sa décision, qui doit prendre effet le 31 octobre.
J’ai travaillé avec elle dernièrement, puis j'ai vu vraiment quelqu'un qui était passionné, qui avait à cœur de faire évoluer les choses et les faire avancer, lance-t-elle en montrant la pétition en ligne sur son téléphone.

Émilie Ferland est copropriétaire du Miller Zoo et travaille sur la reconversion de l’église du village en centre de divertissement familial.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Il y a eu des gens qui ont pris la peine de l'humilier, de l'insulter. Bien, c’est important qu'il y en ait qui prennent le temps de souligner le bon travail qu'elle a fait puis qu'on veut qu'elle reste. C'est pas ça qu'on veut que le fait d'humilier puis de rabaisser quelqu'un l'emporte sur la passion puis la dévotion d'une personne.
Ébranlée par cette vague d’amour, Gina Cloutier réfléchit quelques secondes lorsqu’on lui demande si la pétition pourrait la faire changer d’idée. Je ne suis pas capable de répondre.
Souvent, c'est ceux qui crient le plus fort qui sont les plus écoutés. Là, je pense qu'il y en a d'autres qui ont décidé de crier fort. [...] Je pense qu’il y en a qui croient en moi, lance-t-elle, touchée par cette démarche.


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