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Des entreprises de la Haute-Gaspésie se tournent vers un modèle d’affaires alternatif en basse saison, question d’assurer une certaine rentabilité et d’offrir des espaces à la communauté.
Avec les touristes qui sont moins nombreux en hiver qu’en été, des entrepreneurs font le choix d’ouvrir leurs locaux ponctuellement et à la location.
C’est le cas du studio de yoga et café-friperie Le Sasquatch à Sainte-Anne-des-Monts. L’entreprise souhaitait ouvrir ses portes à l’année, mais devant des mois d’hiver déficitaires, elle a fait le choix de n’ouvrir à la clientèle que durant la saison estivale.
La propriétaire Léa St-Pierre Castonguay souhaite faire de ce lieu, entre les mois d’octobre et de mai, un espace communautaire autonome, sous le nom du Refuge du Sasquatch.
On ne voulait pas que, pour une raison comme financière, on ne puisse plus offrir cet espace-là , résume Mme St-Pierre Castonguay.

Léa St-Pierre Castonguay est la propriétaire du Sasquatch. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Cet espace automne fonctionnera avec un système d’abonnement, sans employés et avec une formule libre-service, ce qui réduit vraiment beaucoup le coût d’opération, fait valoir la propriétaire.
On va pouvoir y accéder avec des droits d’accès quotidien à l’utilisation. C’est ça qui est intéressant, parce qu’on peut s’y faire notre propre café, il y a des collations et de la nourriture en libre-service, précise-t-elle.
L’objectif, c’est de créer un sentiment d’appartenance, de responsabilité et de maturité de la communauté, comme quoi on est membre de l’endroit et qu’on doit en prendre soin. C’est vraiment un système qui repose sur la communauté, la confiance et le respect.

Léa St-Pierre Castonguay est aussi propriétaire du bâtiment dans lequel se trouve Le Sasquatch.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
S’inspirer d’un modèle près de chez soi
Léa St-Pierre Castonguay ne se cache pas de s’être inspirée du modèle déjà mis en place par le café-librairie L’Hybride à Marsoui.
Ouvert sept jours sur sept l’été, L’Hybride entre en hibernation entre les mois d’octobre et mai. Le lieu reste toutefois accessible à la location, pour qui le veut, en espace de travail partagé ou de salle pour des événements.
Le local accueille aussi une fois par mois en hiver la Haute-Buvette, une vitrine culturelle portée par l’organisme culturel Mandoline Hybride, qui gère aussi le café-librairie.
On a des gens qui sont, par exemple, retraités, qui ont envie de découvrir des artistes de la région, donc ils vont venir aux soirées mensuelles Haute-Buvette. On a des jeunes dans la région qui travaillent parfois à distance ou des artistes, qui ont besoin de rédiger un mémoire ou des demandes de subvention, donc la formule abonnement va vraiment leur convenir , illustre la codirectrice générale de Mandoline Hybride, Priscilla Guy.

Priscilla Guy à l'intérieur du café-librairie L'Hybride, dont l'organisme culturel Mandoline Hybride est locataire. Le bâtiment appartient à la Municipalité de Marsoui. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
On a aussi, bien sûr, un peu de tourisme, par exemple, avec des groupes de motoneigistes ou des touristes de passage, qui cherchent un endroit où se restaurer l’hiver. À ce moment-là, ils peuvent faire une location ponctuelle, ajoute-t-elle.
C’est le premier hiver où cette formule est déployée à temps, mais Mme Guy soutient que la formule fonctionne bien.
La complémentarité des différents projets, ça permet de rejoindre différentes populations. Je pense que la meilleure manière d’avancer, c’est justement avec une offre qui est multiple et complémentaire.
Léa St-Pierre Castonguay, quant à elle, souhaite ardemment que son projet rallie la communauté. J’espère continuer d’être un cœur de village. Le rêve, c’est de garder un lieu communautaire vivant et disponible à l’année, confie-t-elle.
Priscilla Guy estime également que les deux endroits ne se font pas compétition, même s’ils sont dans la même MRC, en raison de l’immensité du territoire.
Il n’y a vraiment pas trop de lieux comme ça en Haute-Gaspésie, ça, c’est certain, puis je pense que l’engouement autour de ces initiatives-là démontre que ce sont des pistes assez probantes, conclut Mme Guy.


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