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Vendée : les empoisonneuses qui se sont inspirées de la série Breaking Bad condamnées à 15 et 20 ans de prison ferme

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Depuis le mercredi 25 mars, Amélie D. et sa mère Carole D. étaient jugés à la cour d’assises de Vendée. Elles ont été condamnées pour empoisonnements et tentative de meurtre sur Enrique Bonte, le conjoint de la première.

L’histoire avait marqué par le mode opératoire, tiré de fictions à succès, des deux accusées, Amélie D. et sa mère Carole D. Depuis ce mercredi 25 mars, elles étaient jugées devant la cour d’assises de Vendée pour tentative de meurtre et d’empoisonnement sur le compagnon de la première. Au bout de trois jours d’audience, ce vendredi 27 mars, la cour a condamné Amélie D. à 20 ans et Carole D. à 15 ans de réclusion criminelle.

L’affaire remonte à l’été 2021, plus d’un an après le début de leur relation. Enrique B. commence alors à soupçonner Amélie D. et Carole D. de l’avoir empoisonné. «Quand je bois mon café, il n’y a aucun goût bizarre, mais j’avais des suspicions suite à mes réactions : je n’avais plus la notion du temps, j’étais épuisé», explique-t-il, ce jeudi, à la barre. Les accusées y avaient versé des anxiolytiques.

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Un véritable «projet criminel»

Pendant près de deux ans, ce dernier va subir les nouvelles idées mortifères des accusées. Peu après cet épisode caféiné - qui sera renouvelé à plus forte dose - Amélie D. et Carole D. assaisonnent des plats de chili con carne destinés à Enrique avec de l’aconit, une plante létale découverte dans la série You .

Plus tard, c’est un épisode de Breaking Bad  qui les inspire. Elles glissent dans des olives des graines de ricin, dont les coquilles ont, elles, été dissimulées dans le paquet de tabac du compagnon. Amélie D. teste ensuite de l’antigel, sur le chien, cette fois. «Si ça marche sur le chien, ça marchera sur lui», déclare la mère. Agonisant, l’animal doit être euthanasié au bout de 48 heures. Si Enrique B. affirme en avoir également été victime, bien que la principale mise en cause assure l’inverse.

Quelques mois passent et Amélie D. décide cette fois de sectionner les freins de son véhicule. Enrique Bonte est alors convaincu du rôle de cette dernière dans toutes les réactions inexpliquées - somnolence, palpitations, fourmillements du corps - qu’il a ressenties à la suite des empoisonnements. En la confrontant après cet épisode, Amélie D. lui avoue tout sur son «projet criminel», tandis qu’il l’enregistre secrètement.

Un duo «très fusionnel»

Au cours de ce procès, une chose est clairement ressortie : la relation extrêmement forte qui lie Carole D. à sa fille. «On en voyait une, on voyait l’autre. Leur relation était très fusionnelle. C’était un binôme», explique Patrick D., le frère de Carole. Au deuxième jour d’audience, cette dernière rappelle avoir été «prise dans un engrenage.» À écouter ses réponses, et malgré ses démentis répétés, celle-ci semble avoir été «manipulée par Amélie D.», selon les mots mêmes de la cour :

Présidente : «Tout ce que votre fille vous réclame, c’est oui. Comment vous l’expliquez ? Il y a des abysses entre le fait de faire plaisir à votre fille et d’arriver à faire ces actes-là.»

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Carole D. : «Je voulais son bonheur.»

Présidente : «Et son bonheur peut passer par la mort de quelqu’un d’autre ?»

Carole D. : «Quand c’est ma fille...»

Présidente : «Comment en vient-on à cette idée d’empoisonnement ? Qui a eu cette idée ?»

Carole D. : « C’est ma fille. Je n’ai pas eu le courage de lui dire non. »

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Depuis 2020,Carole D. avait rejoint le couple dans une annexe de la maison, sur proposition d’Amélie D. Le début du calvaire, selon Enrique Bonte. Auditionnée, une médecin légiste ayant expertisé Carole D., résume un comportement «sous l’emprise d’une enfant tyrannique, répondant aux demandes de sa fille depuis deux ans, dans une forme d’inconscience.»

«Je pense que son incarcération lui a sauvé la vie»

La cour le dit et le redit : le profil d’Amélie D. est «immature». Un trait de caractère qui laisse des traces sur son passage. Cyril S., ancien proche d’Amélie D. rencontrée en 2004, avec qui il a entretenu une relation amoureuse a été entendu à la barre jeudi. Ce dernier est aujourd’hui en affection de longue durée (ALD). Il aurait tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, dont les dernières tentatives sont directement liées à Amélie D., reconnaît-il timidement.

Cyril S. est endetté après avoir contracté un prêt pour rembourser les factures et pannes de voiture d’Amélie, qui lui avait promis de le rembourser. Pendant la relation d’Amélie D. avec Enrique B., ce dernier reconnaît avoir régulièrement communiqué avec elle - qui lui «faisait miroiter une relation», assure l’avocate générale.

Pour Julien A., témoin invité par la défense, le tableau dressé par la cour est en totale divergence avec sa réalité : «Avant, c’était quelqu’un de dynamique, pétillante.» Il témoigne cependant de cette peur de l’abandon, quasi constitutive chez Amélie D. «Elle m’avait raconté ses problèmes avec son père. (...) Je pense que son incarcération lui a sauvé la vie», avance toutefois Julien A. Dans son expertise, la médecin légiste relève de nombreuses tentatives de suicide ayant débouché sur des hospitalisations en réanimation.

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