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La polémique prend de l’ampleur à Port Saint-Père autour de l’abattage d’un noyer près du restaurant scolaire. La mairie répond.
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Par Marion Vallée Publié le 11 juil. 2026 à 18h00
La polémique enfle à Port Saint-Père (Loire-Atlantique) autour de l’abattage d’un noyer près du restaurant scolaire, baptisé Cantoche.
Notamment parce que l’activiste Thomas Brail, fondateur du groupe national de surveillance des arbres, s’est emparé du dossier sur Instagram. Dans sa vidéo, l’arboriste s’adresse au maire de Port Saint-Père lui rappelant que les arbres sont les meilleurs îlots de fraîcheur possibles.
Le projet prévoit donc la construction d’un espace couvert à l’arrière du bâtiment, afin d’abriter les enfants de la pluie et de leur offrir davantage d’ombre lors des fortes chaleurs. La toiture doit aussi accueillir des panneaux photovoltaïques. Selon la mairie, l’électricité produite sera directement consommée par la Cantoche et permettra de couvrir environ 30 % des besoins énergétiques.
Plus de 5 000 signatures pour la pétition
Mais l’aménagement entraîne l’abattage d’un noyer situé en limite de propriété. Les parents d’élèves élus de l’école des Hirondelles ne comprennent pas cette décision et ont lancé, le 12 juin, une pétition en ligne qui a recueilli plus de 5
000 signatures.
Étudier d’autres solutions
Ils estiment que cet arbre constitue un îlot de fraîcheur précieux à proximité de l’école, d’Anim’Action et de la cantine. Ils s’inquiètent également de l’imperméabilisation de plus de 100 m² et demandent que d’autres solutions soient étudiées, avec une concertation associant la communauté éducative et les enfants.
« C’est une aberration »
Après leur rencontre avec le maire début juillet, les parents sont toujours aussi remontés :
C’est une aberration. Pourquoi détruire un arbre pour produire de l’énergie alors que le bâtiment attenant de la salle de la Providence, tout comme le toit de la cantine lui-même, pourrait accueillir ces panneaux et alimenter le site en électricité sans sacrifier notre patrimoine naturel ? »
Les parents dénoncent un « passage en force »
Pour eux, il s’agit d’un « passage en force injustifiable. La mairie invoque le besoin d’abriter les enfants de la pluie, alors que ces derniers se réfugient déjà aujourd’hui dans les salles de la Providence. Ces salles vont être réhabilitées : il est donc logique d’intégrer ce besoin d’abri et la production d’énergie directement à ce projet de rénovation, plutôt que de créer une nouvelle structure coûteuse. Cette solution, ainsi que la réhabilitation du préau existant ou l’utilisation des préaux des écoles voisines, a été balayée par la municipalité, qui qualifie le projet d’« irréversible ». »
De l’argent public
Selon les parents, il s’agit aussi de gaspillage d’argent public : « 150 000 € pour détruire un arbre, alors que nous pourrions économiser 110 000 à 120 000 € (le coût d’annulation intégrant les dépenses engagées entre 30 000 et 40 000 €) pour financer la rénovation thermique des bâtiments ou une vraie végétalisation de la cour, des besoins bien plus urgents. »
Quatre arbres replantés en compensation
Dans un communiqué, le maire et l’équipe municipale réagissent
L’emplacement retenu n’est pas le fruit d’un choix arbitraire. Plusieurs solutions ont été étudiées. Compte tenu de la configuration des lieux, des bâtiments existants et des contraintes de fonctionnement du restaurant scolaire, la seule implantation techniquement envisageable se situe au fond de la cour, contre le bâtiment de la cantine et le mur mitoyen. Cette implantation nécessite malheureusement l’abattage d’un noyer. Cette décision n’a pas été prise à la légère. »
L’arbre concerné « ne figure toutefois pas parmi les arbres remarquables de la commune. Sa proximité immédiate avec une propriété voisine est également source de difficultés : ses branches recouvrent la toiture du bâtiment voisin et son système racinaire s’étend sous celui-ci, au point d’avoir conduit à l’ouverture d’un dossier de sinistre. »
Un débat qui dépasse le seul avenir d’un noyer
Afin de compenser cet abattage, « quatre nouveaux arbres seront plantés, dont deux sur le site et deux à proximité, précisent les élus. Les essences retenues ont été choisies pour leur adaptation aux conditions climatiques futures. »
Concernant une « bétonisation » possible, les élus souhaitent rétablir les faits : « La municipalité entend pleinement les interrogations que ce projet peut susciter. Le débat public est indispensable dans une démocratie. Il ne peut toutefois être pleinement constructif que lorsque chacun dispose de l’ensemble des éléments permettant de comprendre les choix qui sont faits. »
« Créer un équipement utile aux enfants »
Selon eux, « aucune nouvelle surface en bitume ou en béton n’est prévue. Le sol du préau sera réalisé en sable compacté et les espaces enherbés seront conservés pour permettre aux eaux pluviales de continuer à s’infiltrer. Le projet ne consiste donc pas à remplacer un espace naturel par une cour bétonnée, mais à créer un équipement utile aux enfants tout en limitant son impact sur les sols. »
L’arbre concerné contribue « au confort de cet espace, mais il ne constitue pas l’unique îlot de fraîcheur du secteur. Le jardin de la Bascule, situé à proximité, participe également à la présence de végétation et d’ombrage autour du restaurant scolaire ».
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