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Vallaud, Faure, Hollande : ce que cherchent les trois artificiers qui dynamitent le PS

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Profitant du duel qui oppose Olivier Faure au chef des députés PS Boris Vallaud, François Hollande essaie de tirer les marrons du feu.

Le coup d’éclat permanent ? Le Parti socialiste se réveille, ce lundi 11 mai, dans une position encore plus délicate qu’il y a quelques jours. Le troisième homme du dernier congrès, Boris Vallaud, a claqué la porte des instances vendredi pour marquer son désaccord tenace avec le premier secrétaire Olivier Faure au sujet de la prochaine présidentielle.

Le député des Landes reproche à son collègue, qu’il avait fini par soutenir face à Nicolas Mayer Rossignol en mai 2025, de « brutaliser » le parti. « Nous avons un collectif qui est défaillant », a-t-il encore déploré ce lundi matin sur France Inter, estimant que le Parti socialiste n’est « pas prêt » et « ne se prépare pas à une élection qui ne ressemblera à aucune autre. » Ce qu’il résume ainsi : « Tout le monde est campagne, pas nous. »

En réponse, Olivier Faure dénonce des querelles délétères pour son camp. « Il faut en finir avec les états d’âme et montrer des états de service, faire en sorte que nous puissions avancer ensemble, d’un même pas », a-t-il plaidé sur franceinfo, où il intervenait au moment où Boris Vallaud était dans le studio d’Inter, critiquant le « congrès permanent » nourri par ses opposants. Une « histoire sempiternellement répétée », selon ses mots, mais qui, à onze mois de l’échéance, embourbe encore davantage les roses dans les débats de méthode.

Duel Vallaud - Faure

Car sur le fond, difficile d’imaginer une issue positive à désaccords certes légers, mais savamment mis en scène. Concrètement, Boris Vallaud refuse la participation du Parti socialiste à une primaire de la gauche non-mélenchoniste, telle que voulue par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Comme les courants opposés à la direction du PS d’ailleurs.

À l’inverse d’Olivier Faure, qui est plutôt partisan de ce processus de départage, comme il l’a rappelé lors d’un meeting commun récemment, le chef des députés socialistes aimerait ainsi que sa formation s’engage dans un calendrier précis pour construire un projet, et désigner son propre chef de file. Ceci, avant même de procéder au rassemblement des autres chapelles.

« Je considère que la primaire est une grande entreprise de désunion, de distinctions, avec des blessures qui ne cicatriseront pas ensuite », a élaboré Boris Vallaud ce lundi, plaidant à la place pour des « rencontres de la gauche plurielle, dès maintenant. » Le but ? Établir un « contrat de gouvernement » et désigner in fine un candidat unique de l’espace qui s’étend de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Soit peu ou prou le même que celui dessiné par Olivier Faure depuis le début de la précampagne.

« Convoquer une nouvelle gauche plurielle, c’est exactement ce que je tente de bâtir semaine après semaine », a d’ailleurs riposté le premier secrétaire, sur franceinfo, rappelant que « les partenaires », écologistes notamment, demandent des garanties sur « la règle de départage qui permet d’arriver à un candidat ». Pour lui, la stratégie de son collègue est donc « un peu facile ». Comprendre, irréaliste.

Hollande en embuscade

Dans ce contexte déjà sensible, les querelles du Parti socialiste ne se résument pourtant pas à ce seul mano à mano. Un troisième homme apparaît sur le tableau, en la personne de François Hollande. L’ancien président de la République, qui dit « se préparer » à la prochaine échéance en structurant notamment ses équipes et ses anciens soutiens, a sauté sur l’occasion ce week-end pour enterrer le projet des unitaires.

« Il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du PS. C’est fini, que chacun le comprenne bien, c'est terminé, et cette décision (de Boris Vallaud) vient en donner toute la vérité », a-t-il assené sur France 3, dimanche, en s’adressant directement « aux écologistes, à François Ruffin, ou Clémentine Autain. » Une « conclusion qui lui va tout à fait », a-t-il reconnu, même s’il ne partage pas la stratégie du Landais pour autant.

L’ancien locataire de l’Élysée souhaite, lui, la réunion des prétendants sociaux-démocrates, comme Bernard Cazeneuve (son ancien Premier ministre) ou Raphaël Glucksmann. En espérant, au final, pouvoir s’imposer dans cet espace, au détriment du dernier cité, en tête dans les sondages actuellement. Une sorte de troisième voie, différente de celles envisagées par Olivier Faure ou Boris Vallaud. Mais qui semble mener à la même impasse.

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