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À sept semaines de la rentrée scolaire fixée au 24 août prochain, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a validé ce lundi un nouveau projet de décret. Ce texte adapte les mesures de lutte contre le décrochage scolaire, définies dans une réforme adoptée en mai 2024. Celle-ci avait instauré "un accompagnement individualisé et progressif des élèves, fondé sur trois niveaux d'intervention selon l'évolution de leur situation, ainsi qu'une meilleure coordination entre les écoles, les centres PMS et les différents partenaires, comme par exemple le secteur de l'aide à la jeunesse", rappelle le cabinet de la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny (MR).
Une simplification administrative
Aujourd'hui, la majorité MR-Engagés présente cette adaptation comme une opération de pure simplification administrative. Jusqu'ici, de nombreuses écoles devaient à la fois encoder les absences des élèves dans un logiciel interne à l'établissement et dans le DAccE (dossier d'accompagnement de l'élève) mis en place par la FWB. L'objectif de la réforme est justement de supprimer ce double encodage grâce à "un outil unique de gestion de la fréquentation scolaire". "Le DAccE restera l'outil central de suivi, mais il sera désormais alimenté automatiquement", complète le cabinet de la ministre Glatigny.
Par le biais de cette simplification administrative, le gouvernement entend permettre aux directions, enseignants et centres PMS de consacrer plus de temps à l'accompagnement des élèves. Le texte allonge par ailleurs le délai de justification des absences à 10 jours, contre 5 actuellement. Il entend aussi renforcer l'identification des absences répétées (par exemple pour un même cours) afin de détecter au plus tôt les situations à risque, "avant que l'absentéisme ne se transforme en décrochage scolaire".
Plongée au cœur du Collège Saint-Benoît de Maredsous : "Il ne faut pas voir l'internat que comme l'endroit où envoyer son enfant en cas de difficulté"D'un point de vue pratique, ces changements seront déjà d'application pour les primaires dès la rentrée d'août 2026. Dans le secondaire, la réforme n'entrera par contre en vigueur qu'à partir de la rentrée 2027, "afin de tenir compte des demandes des acteurs de terrain de l'enseignement", justifie Valérie Glatigny.
Le PS dénonce "un détricotage"
Sans surprise, cette réforme a été adoptée majorité contre opposition. Pour le Parti Socialiste, la ministre Glatigny a opéré via ce texte "un détricotage du nouveau dispositif de lutte contre le décrochage scolaire", adopté il y a deux ans. "Sous couvert de simplification administrative, ce projet de décret affaiblit plusieurs piliers essentiels de la réforme initiale adoptée par la majorité MR-PS-Ecolo en mai 2024", a ainsi lancé le député socialiste Ersel Kaynak en commission de l'Éducation du Parlement. Le député a ensuite rappelé que les chiffres du décrochage scolaire ont fortement progressé après la crise du Covid-19. De 2020-2021 à 2023-2024, le nombre d'élèves en décrochage est par exemple passé de 50 000 à 93 000.
Concrètement, le PS dénonce la modification ou l'abrogation de certaines dispositions du texte de 2024. Le gouvernement aurait par exemple touché au volet "fréquentation scolaire" dans le DAccE. "Ce volet garantissait une traçabilité du suivi de l'élève décrocheur, des actions coordonnées, la transmission d'informations entre acteurs, ainsi qu'une continuité d'une année scolaire à l'autre, y compris en cas de changement d'école", rappelle-t-il. La politique de lutte contre le décrochage scolaire en cohérence et en efficacité y perdrait dès lors, selon lui, en cohérence et en efficacité.
Autre point qui fait tiquer les socialistes : certaines démarches concernant les élèves décrocheur majeurs devront désormais nécessiter leur accord en vue de faire l'objet d'un suivi. "Or quelles sont les chances pour qu'un jeune qui se détourne du chemin de l'école réponde positivement à une proposition d'accompagnement contraignante ?", s'interroge Ersel Kaynak. Selon lui, il s'agit là d'une tentative d'exclure ces élèves des chiffres du décrochage, ce qui permettrait de les alléger – du moins en apparence.
Ecolo et le PTB aussi inquiets
Ecolo a, de son côté, regretté un "recul" sur les avancées majeures du décret de 2024, à la fois sur la prévention et la prise en charge des élèves. "Il faut déployer des dispositifs de prise en charge individuelle adaptée à la situation spécifique de chaque élève puisque les situations et les causes de décrochage sont diverses", soutient notamment Barbara Trachte, députée Ecolo.
Enfin, le PTB évoque un "plan machiavélique" dont l'impact concernera surtout les élèves socio-économiquement défavorisés. "Quand un jeune décroche, c'est le résultat d'un parcours difficile, de difficultés sociales, familiales, d'un climat scolaire dégradé, ou d'un manque d'accompagnement", affirme Bruno Bauwens, député PTB. "Quand on parle de décrochage et de redoublement, on sait quelle classe sociale est la plus touchée (les plus défavorisés, NdlR). Le MR et Les Engagés sont en train de créer une école à deux vitesses", ajoute-t-il.
De manière générale, l'ensemble de l'opposition regrette que la question du manque de moyens financiers et humains alloués à la lutte contre le décrochage scolaire n'ait pas été tranchée.
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