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Dans le pays de Pontivy (Morbihan), des années 50 aux années 80, des mines d’uranium ont été exploitées. Une association alerte : de nombreux sites restent hautement radioactifs.
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Par Emmanuel Verdeaux Publié le 18 oct. 2026 à 6h00
Entre 1956 et 1984, 22 mines d’uranium ont été exploitées entre Guern et Le Faouët (Morbihan). Les remblais radioactifs ont été dispersés. On en distribuait à qui voulait. Une histoire que Pontivy Journal vous rapportait en 2013.
En octobre 2026, 13 ans plus tard, où en est-on ? Roz Glaz, une association lanceuse d’alerte, ne peut que constater l’impensable : de nombreuses zones restent hautement radioactives, parfois plus de 20 fois au-dessus des seuils normaux. En d’autres termes : en cette période de cueillette des champignons, rien ne garantit de ne pas se régaler d’une omelette radioactive…
Exploitation d’uranium pendant près de 30 ans
L’histoire commence dans les années 50. Dans le pays de Pontivy, notamment, sont ouverts des sites d’extraction d’uranium. Guern, Persquen, Lignol, Bubry, Meslan… De nombreuses carrières, exploitées de 1956 à 1984. Et des remblais contaminés gérés à la petite semaine.
En un temps où les règles de sécurité étaient moins drastiques, il en est aussi du traitement des terres extraites… Qu’on propose alors à tous vents.
Les sables et terres contaminées servaient « sous des routes, pour renforcer des chemins. On en a aussi mis dans des cours de ferme du secteur, comme à Lignol, à Guern ou encore à Bubry… On en retrouve dans des chemins de randonnée… Les exploitants des mines en distribuaient à qui voulait… », rapportait en 2013 Patrick Boulé, un des quatre co-présidents de Roz Glaz.
« Au-dessus de 1 000 chocs/seconde, on détale »
Un membre actif de l’association se qualifiant de lanceuse d’alerte qu’on a recontacté en cet automne 2026, en plein cœur de la cueillette des champignons. Et le constat reste « effarant ». Certes, des actions de décontamination ont été menées au fil des années par la Cogema, devenue Areva puis Orano en 2018, notamment du temps de Jean-Louis Borloo quand il était ministre de l’écologie. Mais la radioactivité, cette pollution incolore et inodore, demeure…

Et Patrick Boulé de citer en exemple : « A Bubry, un chemin d’accès a été décontaminé. Mais à côté, un bois privé n’a pas été traité ».
Ainsi, ces derniers jours encore, les mesures prises par l’association sur différents sites affolent les compteurs. Équipé d’un appareil de mesure, Patrick Boulé rapporte des mesures à plus de 2 500 chocs/seconde, à Guern, ou encore Lignol. Alors même que sur un terrain normal, naturellement radioactif (surtout en Bretagne), les mesures devraient plafonner normalement « entre 70 et 100 chocs/seconde »…
Si aucune valeur officiellement dangereuse n’est rapportée, cette radioactivité interroge, dérange. Et fait objectivement peur. « Au-dessus de 1 000 chocs par seconde, on détale vite », rapporte encore Patrick Boulé. « Toute exposition a forcément des incidences ». Un état de fait rapporté notamment dans un récent documentaire, Bretagne radieuse, réalisé par Larbi Benchiha.
Cueillette des champignons : « Des zones où il ne faut pas les ramasser ! »
Ce que déplorent le co-président de Roz Glaz et l’association tout entière, c’est que cette réalité reste trop méconnue. Et aucune information claire de mise en garde n’est installée sur et aux abords des chemins testés, des sous-bois contrôlés.
On ne tient pas compte des champignons. Il y a des zones où il ne faut pas les ramasser !
L’association évoque « un combat très difficile à mener », et soulève des interrogations constatées il y a de nombreuses années « par un médecin qui a consigné beaucoup de cas de cancers, notamment des reins », un type de cancer souvent lié à l’exposition à des radiations. « L’ancienne propriétaire d’une parcelle de Bubry en est décédée… »
« Un scandale sanitaire comme plein d’autres en matière d’environnement »
Une question « pas réglée du tout », donc, insiste encore Patrick Boulé. En évoquant, du côté de la commune de Persquen, un amas de 240 000 tonnes de remblais contaminés… L’histoire des remblais contaminés en pays de Pontivy, « un scandale sanitaire comme il y en a plein d’autres en matière d’environnement… »
Autre combat mené par l’association : celui des concessions, toujours valables. S’il est peu probable que les exploitations reprennent, obtenir une procédure officielle de délaissement est une priorité, menée au fil de réunions avec le corps préfectoral, l’Agence régionale de santé, les maires des secteurs concernés…
Dernier combat, enfin : celui de personnes devenues parfois propriétaires de parcelles, sans savoir en amont qu’elles étaient contaminées. Et dont le bien est aujourd’hui invendable…
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