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Une vingtaine d’aires protégées à l’étude en Gaspésie

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La Gaspésie s’active pour contribuer à l’objectif québécois de protéger 30 % du territoire d'ici 2030. Une vingtaine de projets d'aires protégées terrestres et trois marines font actuellement l'objet de consultations.

Près d’une quarantaine de possibilités d’aires protégées avait été transmise au ministère de l’Environnement par les MRC de la Gaspésie au début 2025, à l'issue d'un appel à projets lancé par Québec, en juin 2024.

Finalement, en éliminant les doublons et les projets qui se recoupent, la concertation régionale se penche sur un peu plus de 20 projets. La liste complète n’est pas publique pour le moment.

Dans la région, le processus de consultation est déjà bien entamé. Il est piloté, en milieu terrestre, par le Conseil régional de l’environnement (CREG), alors que le volet marin est confié à Stratégies Saint-Laurent et ses comités ZIP.

Frein en Haute-Gaspésie

Si les projets cheminent un peu partout sur le territoire, il en est autrement en Haute-Gaspésie, puisqu'au moment de transférer les projets au ministère de l’Environnement, la MRC a rejeté en bloc la vingtaine de projets soumis, estimant que 44 % de son territoire avait déjà un statut de protection.

Paysage enneigé du mont Ernest-Laforce.

Aucun territoire de la Haute-Gaspésie, où sont situées les monts Chic-Chocs, ne fait partie des propositions étudiées. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Même si c'était en son pouvoir, le ministère de l’Environnement n’a pas inclus de projet touchant au territoire de cette MRC où se trouve une grande partie des Chic-Chocs, le parc de la Gaspésie et l’habitat essentiel du caribou montagnard.

Tous les projets complémentaires à des projets situés en Haute-Gaspésie ou qui touchaient une portion du territoire de la MRC ont dû être remodelés ou amputés.

C’est le cas, par exemple, du projet de créer un corridor vert autour du Sentier international des Appalaches (SIA) qui traverse plus d’une MRC, dont celle de la Haute-Gaspésie.

Selon Denis Frizat, chargé de projet conservation et biodiversité du Conseil régional de l’environnement de la Gaspésie (CREG), la valeur des projets en a parfois été diminuée.

 La biodiversité ne s’arrête pas aux frontières administratives et donc certains projets qui ont été déposés ont dû être coupés en prenant en compte les frontières administratives et ont perdu un peu de leur intérêt écologique.

Jacques Ouellet, souriant.

Jacques Ouellet, membre de Solidarité Gaspésie (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Jacques Ouellet, qui fait partie du regroupement citoyen Solidarité Gaspésie, déplore cet aspect. Des projets n’ont même pas pu être analysés avant de prendre une décision, puis avant de voir leur importance sur le territoire, estime-t-il.

Les élus de la MRC ont tout de même été inclus dans la discussion régionale.  C’est un acteur important à l’échelle régionale dont les commentaires nous importent et on est en contact avec eux , indique Denis Frizat.

Cheminement des projets au CREG

Du côté du CREG, qui pilote les projets proposés en milieu terrestre, une première rencontre a eu lieu en septembre 2025 pour présenter le processus de concertation aux participants. Les initiateurs des projets ont aussi été invités à les présenter, un aspect important du processus estime Denis Frizat. Ils apportent une sensibilité au projet qui est importante, puisqu’il y a cet aspect socioculturel qui fait partie du processus.

Au cours de l’automne 2025, les projets ont ensuite été discutés à l’échelle locale, dans chacune des MRC où des projets avaient été retenus.

randonneur

Les promoteurs ont été invités à présenter leur projet. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Une rencontre régionale de mi-parcours, le 17 février prochain, devrait permettre de faire le point sur les discussions. Puis, une dernière rencontre se tiendra en septembre prochain, deux mois avant la remise du rapport final, prévu en novembre 2026.

Processus pour les projets marins

De tous les projets initiaux d’aires marines protégées qui ont été relayés au ministère par les MRC, aucun n’a été éliminé, selon le directeur du comité ZIP Gaspésie, Antoine Bonhomme. Le gouvernement a toutefois rajouté un territoire à une proposition dans la section ouest de la Baie-des-Chaleurs et différents projets dont les frontières se superposaient ont été fusionnés.

Pour organiser la consultation, le comité ZIP a mis en place deux tables de concertation qui fonctionnent en parallèle. Deux propositions sont examinées par des intervenants de la Baie-des-Chaleurs et un à Gaspé, dans le secteur de Rivière-au-Renard.

 C’est vraiment l’idée d’avoir quatre rencontres, donc une première rencontre qui est plus pour la présentation des propositions, qu’est-ce qui en est, pourquoi elles ont été proposées ? Puis le ministère partage avec les acteurs de la table les informations tant environnementales qu’économiques et autres, décrit M. Bonhomme.

La baie des Chaleurs sous les glaces

Deux propositions d'aires marines protégées sont à l'étude dans la baie des Chaleurs. (Photo d'archives)

Photo : Courtoisie : Carolann Gravel-Tremblay

Les objectifs de conservation et les mesures pour les atteindre seront discutés lors des rencontres subséquentes.  Le type de protection et, si on veut, les actions qui pourraient être considérées comme permises ou non dans une aire marine protégée, puisqu’on rappelle que ce n’est pas une cloche de verre.

Le comité a déjà franchi les deux premières étapes de son processus de concertation.  Ça va assez vite , commente M. Bonhomme.

Les recommandations doivent être remises d’ici juin. Le rythme des consultations va de plus s’accélérer dans le secteur de Rivière-au-Renard où plusieurs pêcheurs sont assis autour de la table.  On sait qu’au printemps, les pêcheurs sont occupés. Donc c’est sûr que dans le calendrier, ç’a forcé un peu à ce que les choses se déroulent assez rapidement , précise le responsable du comité ZIP.

Antoine Bonhomme souhaite que les recommandations qui seront déposées au gouvernement reflètent bien les questions et les enjeux du milieu, incluant les activités qui seraient ou non admissibles dans une aire protégée.

Des personnes sur la plage

Les réflexions sur les activités admissibles ou non dans une aire marine réflètent les enjeux du milieu, selon Antoine Bonhomme du comité ZIP. (Photo d'archives)

Photo : Ville de Carleton-sur-Mer

 Des aires marines protégées, dit-il, ça reste quelque chose de relativement flou pour beaucoup de personnes. En Gaspésie, on a l’exemple du banc des Américains qui est très intéressant, mais ce ne sera pas pas un copié-collé des protections et des objectifs. 

D'autres étapes

Tout le processus de concertation n’est qu’une étape avant que des parties du territoire gaspésien deviennent des aires protégées.

Selon Antoine Bonhomme, le gouvernement tenait à ce que les propositions viennent du milieu pour favoriser leur acceptabilité sociale. Les rapports du CREG et du comité ZIP permettront de faire état de ces discussions.  Notre objectif est de dire : "Il y a ces projets qui ont été déposés, ils font plus ou moins l’objet d’acceptabilité sociale, ça répond à une telle carence, les enjeux ont été soulevés par tel secteur" , détaille M. Frizat.

Rivière Pabos.

Plusieurs sites ont été ciblés, un peu partout sur le territoire gaspésien, sauf en Haute-Gaspésie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Avant que ces projets deviennent des aires protégées, les propositions recommandées devraient faire l’objet d’une consultation publique et possiblement être soumises au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, selon M. Frizat.

Il n’y a aucun objectif minimum de protection du territoire gaspésien. Il n’y a pas eu de proposition déposée pour les îles de la Madeleine.

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