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Une ville du Labrador, susceptible d'être transformée par les nouveaux aménagements proposés dans le cadre de l'entente énergétique de principe entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec, affirme avoir besoin d'aide avant de pouvoir soutenir le projet.
Happy Valley-Goose Bay, une communauté d'environ 8000 habitants située près de l'embouchure de la rivière Churchill, au centre du Labrador, a besoin d'infrastructures essentielles avant de pouvoir accueillir le grand nombre de travailleurs qui viendront construire les importants projets prévus dans la proposition énergétique des provinces, a expliqué le conseil municipal dans un communiqué publié mardi.
Nous allons subir de plein fouet les répercussions de ces projets, a dit le maire Bert Pomeroy en entrevue. Nous avons besoin des ressources nécessaires pour en gérer les impacts.

Les premiers ministres Tony Wakeham, Mark Carney et Christine Fréchette lors de l'annonce d'une nouvelle entente-cadre concernant les projets hydroélectriques du fleuve Churchill, à Saint-Jean de Terre-Neuve, le 17 aoùt 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Les premiers ministres du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador ont dévoilé lundi les détails de l'entente énergétique proposée entre les sociétés hydroélectriques des provinces. Celle-ci pourrait mener à la construction de plusieurs centrales électriques autour de la rivière Churchill, dont une centrale à Gull Island et un parc éolien terrestre.
Le gouvernement fédéral investira 10 milliards $ dans le financement de plusieurs projets proposés, notamment les lignes de transport d'électricité et l'aménagement de Gull Island, selon un communiqué.
Si le projet est finalisé, les travaux de construction pourraient créer des milliers d'emplois et entraîner un afflux de travailleurs dans le centre du Labrador, à la recherche de logements, d'emplois, de soins de santé et d'autres services.
Les infrastructures d'eau, d'égouts, de routes et autres, ainsi que les services d'urgence et sociaux, seront soumis à une pression accrue.
La construction du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls sur la rivière Churchill, en 2013, avait attiré de nombreux travailleurs. Happy Valley-Goose Bay se remet encore de cette situation, ajoute le maire.
Cet afflux d'argent et de population avait engendré une multitude de problèmes, dont la consommation de drogues, une augmentation des violences conjugales et des troubles de santé mentale, obligeant la ville à se démener pour trouver les ressources nécessaires.
Nous ne pouvons pas revivre le traumatisme de Muskrat Falls, a affirmé M. Pomeroy.

Le barrage de Muskrat Falls, sur le fleuve Churchill, au Labrador, en novembre 2023. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault
La ville exige des gouvernements qu'ils débloquent davantage de fonds, investissent dans de nouvelles infrastructures et apportent une aide accrue pour répondre aux besoins en matière de logements et de services sociaux.
La municipalité de Happy Valley-Goose Bay a besoin de modernisation de ses réseaux d'eau et d'égouts, d'améliorations routières, d'installations ambulancières et d'une nouvelle caserne de pompiers, selon un communiqué de presse publié mardi.
La municipalité s'attend à des ententes formelles et contraignantes précisant le financement des capacités municipales, les investissements dans les infrastructures et les échéanciers, les mesures d'atténuation des impacts sociaux et les engagements en matière d'impact environnemental, a indiqué le communiqué.
Ni le ministère des Affaires municipales ni le cabinet du ministre des Affaires du Labrador n'ont répondu immédiatement à une demande de commentaires.
Les Innus veulent être consultés
Par ailleurs, les Nations innues Matimekush-Lac John et Uashat mak Mani-utenam, au Québec, ont expliqué n'avoir pas été consultées au sujet du projet énergétique. Dans un communiqué conjoint publié lundi, les deux nations ont affirmé qu'aucune entente ne serait conclue sans leur participation et leur consentement.
Le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et l'Inuit a également pris la parole, déclarant que les projets décrits dans l'entente-cadre auront des répercussions importantes sur le territoire traditionnel innu de Nitassinan, qui s'étend sur une partie du Labrador et du Québec.

Jodie Ashini, la grande cheffe de la Nation innue du Labrador, en marge d'une conférence de presse à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 17 août 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Les gouvernements concernés doivent obtenir le consentement éclairé des communautés innues pour développer des projets à Nitassinan, a indiqué le groupe dans un communiqué de presse publié lundi.
Jodie Ashini, la nouvelle grande cheffe de la Nation Innue du Labrador, a indiqué que sa nation n'avait pas participé aux négociations de l'accord, en raison des élections en cours. Elle a expliqué lundi aux journalistes qu'elle espère que les droits et la culture innus seraient pleinement respectés et que l'accord apporterait la prospérité aux communautés innues.
Nous espérons maintenant pouvoir faire avancer les choses et présenter cet accord au peuple, et m'assurer qu'il s'agit d'une entente juste et équitable pour les Innus, a-t-elle affirmé.


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