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Par Paul Sugy
Le 28 mars 2026 à 19h23

Le ministre de la Justice, qui vient de retrouver un siège d’adjoint à la mairie de Tourcoing, analyse dans Le Parisien sa vision de la montée des extrêmes, à la suite d’élections municipales qu’il estime perdues pour le bloc central, et n’écarte pas l’idée d’une candidature en 2027.
Passer la publicité Passer la publicitéGérald Darmanin s’est longuement confié au Parisien dans un entretien publié ce samedi, après avoir retrouvé le conseil municipal de Tourcoing où il siège désormais comme simple adjoint à l’urbanisme, six ans après avoir quitté le fauteuil de maire.
Le ministre dresse un constat sévère de la situation politique française. Les résultats des municipales traduisent selon lui «un malaise et une colère du peuple» que les partis traditionnels, incapables de parler à l’ensemble des Français, n’ont pas su capter à ses yeux. Il décrit une société traversée par un sentiment commun de «manque de respect» — qu’il s’agisse des travailleurs, des patrons, des personnes issues de l’immigration ou même des catholiques. Face à ce vide, ce sont le Rassemblement national et La France insoumise qui ont su s’imposer comme porte-voix de cette frustration, «malgré leurs défauts, leurs inexactitudes, leurs outrances».
Gérald Darmanin dit encore percevoir chez les électeurs qui se tournent vers les extrêmes «une sorte de contestation qu’on pourrait comparer à celle des sans-culottes et des soldats de l’an II» et estime qu’«on n’est pas loin d’un sentiment prérévolutionnaire électoral». Une «prérévolution» qu’il qualifie avant tout de sociale : «le travail ne paie plus», dit-il, ce qui «met en péril notre pacte républicain». Il appelle à un candidat capable de porter une «triple paix», sociale, civique et internationale.
Sur 2027, Darmanin continue de plaider pour une primaire à droite et au centre, et tend même la main à «la gauche républicaine» hostile à LFI. Sans fermer la porte à sa propre candidature («il ne faut rien exclure, pour personne»), il dit vouloir avant tout être «l’infatigable militant de l’unité». Il cite Édouard Philippe comme celui qui semble actuellement «en dynamique», tout en lui demandant de clarifier sa ligne et de «rassembler autour d’une ligne gaulliste sociale».
En marge de ces considérations politiques, le garde des Sceaux défend également son projet de loi sur la justice criminelle, dont la mesure de «plaider coupable» pour les crimes fait polémique. Il annonce par ailleurs la création d’une «direction des victimes», une première en France, pour que chaque victime soit contactée au moins deux fois par an et informée de ses droits : une manière, dit-il, de répondre au sentiment d’abandon que lui expriment de nombreuses victimes.


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