La désalinisation de l’eau de mer est une technique assez intéressante pour obtenir de l’eau potable mais celle-ci a un coût financier et énergétique trop important. Alors que finalement, assez peu de pays ont choisi cette option, une start-up norvégienne offre depuis peu une alternative en théorie très pertinente. Si les installations de ce genre se situent généralement en bord de mer, la société propose de plonger son usine au fond de l’eau, du jamais vu.
Pourquoi installer une usine au fond de l’eau ?
Il faut savoir que la désalinisation de l’eau de mer fait l’objet de coûts d’exploitation variant de 0,30 à 9 euros par mètre cube, selon la technologie. En effet, l’osmose inverse est plus efficace avec ses 2,5 à 3 kWh/m³, face à la distillation et ses 15 kWh/m³ environ. Toutefois, les deux procédés consomment beaucoup plus que l’énergie théorique (536 Wh/m³) et les coûts varient selon la salinité, l’emplacement et les éventuelles subventions des états. Pour rappel, l’osmose inverse consiste à pomper l’eau de mer à travers une membrane présentant des trous microscopiques que seule l’eau traverse. Ainsi, le sel et les minéraux sont retenus.
L’entreprise norvégienne FLocean a gardé le principe d’osmose inverse mais y a ajouté sa petite touche. En effet, son installation ne se trouve pas en bord de mer mais au fond de l’eau, à une profondeur comprise entre 400 et 600 mètres. Comme l’explique la start-up, la pression naturelle des profondeurs peut contribuer à faire passer l’eau à travers la membrane. Or justement, la pression habituellement nécessaire pour faire transiter cette eau représente la plus grosse dépense au sein des usines de désalinisation classiques.
Un prototype en cours de test
Pour l’heure, la première installation de FLocean se trouve à 524 mètres de profondeur à Alver, un port pétrolier près de Bergen (Norvège). Selon la société, la production devrait débuter au printemps 2026 avec la promesse d’une économie d’énergie se situant entre 40 et 50% par rapport aux usines traditionnelles.
« Nous sommes ravis de collaborer avec Flocean pour tester leur technologie révolutionnaire de dessalement d’eau. Notre commune salue les initiatives audacieuses comme celle-ci et nous travaillerons en équipe pour évaluer et étudier l’offre de FLocean, tant pour les industriels locaux que pour le réseau municipal. », a déclaré Nina Bognøy, maire d’Alver dans un article du média Arctic Startup le 12 décembre 2025.
Crédit : FLocean
Un bon point pour la lutte contre la banqueroute mondiale de l’eau ?
L’expérience dans la commune norvégienne suscite un grand intérêt et ce, dans un contexte particulier. En effet, la désalinisation de l’eau de mer était jusqu’ici bien trop onéreuse et pour preuve, seulement 1% de l’eau potable dans le monde provient de ce procédé. En parallèle, la désalinisation offre certaines promesses comme l’arrêt de la surexploitation des nappes phréatiques et autres cours d’eau. L’initiative de FLocean est donc bienvenue et nulle doute qu’en cas de succès, de nombreux clients se précipiteront pour se procurer la fameuse usine sous-marine.
Enfin, rappelons que l’ONU vient de publier un rapport annonçant une banqueroute mondiale de l’eau. Selon les auteurs, la gestion des ressources en eau potable a franchi un point de non retour avec désormais, un fort déclin pour 70% des principaux aquifères de la planète. L’humanité a dépassé le seuil de régénération des « revenus » de surface – précipitations, fleuves, rivières, glaciers etc., si bien les nappes souterraines profondes s’épuisent de plus en plus, alors que leur cycle de renouvellement peut s’étaler sur plusieurs millénaires.


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