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Une résidente de Chicoutimi âgée de 73 ans en situation de handicap dénonce le fait qu'elle devra payer pour ses services de soins à domicile à partir du mois d’avril. De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait état d’une « réorganisation » de ses services.
Martine Lafond vit avec des problèmes de mobilité depuis qu'elle a contracté la polio quand elle était bébé. Elle se déplace le plus souvent en fauteuil roulant et son appartement est adapté à son état.
Depuis 15 ans, Mme Lafond bénéficie presque gratuitement des services d’une travailleuse sociale qui l'aide à accomplir ses tâches quotidiennes. Elle indique que son aide est précieuse pour faire son épicerie, son lavage et le ménage.
Ces services étaient jusqu'ici remboursés en majeure partie par le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Or, la retraitée a appris dans les derniers jours qu'elle devra débourser 160 $ par mois à compter d’avril pour continuer à profiter des 18 heures de services en soutien à domicile.
Quand tu es en fauteuil roulant, que tu rentres dans l'appartement l'hiver, tu rentres de la saleté. Ça prend de l'entretien. Ce n’est pas une gâterie de venir me dépanner une fois par semaine. C'est un besoin, dénonce-t-elle.
Je trouve ça très ordinaire de la part du système.

Martine Lafond se déplace le plus souvent en fauteuil roulant. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Pour Mme Lafond, il s’agit d’une somme considérable. Elle estime qu’elle devra se serrer la ceinture à l’épicerie ou recevoir moins de visites de la part de la travailleuse sociale.
160 $ par mois, je n’ai pas les moyens. Tout augmente! L'épicerie, on fait une épicerie de 100 $ aujourd'hui, on n'a plus grand-chose, déplore la septuagénaire.
Sans être en mesure de dévoiler des chiffres, le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean confirme que plusieurs usagers vivant avec un handicap se retrouvent désormais contraints de payer pour pouvoir compter sur des services d’aide à domicile.
Dans une déclaration écrite adressée à Radio-Canada, l'organisation indique que chaque situation est évaluée individuellement afin de s'assurer que les usagers reçoivent le soutien approprié à leurs besoins particuliers.
Le montant de la facture envoyée aux usagers est déterminé par la RAMQ en fonction de leur revenu annuel.
C’est assez dramatique
Cette situation est assez dramatique, juge la directrice générale du Groupement des organismes des personnes handicapées du Saguenay, Sylvie Jean. Selon elle, cette décision va nuire à l'autonomie d'une partie de la population qui rencontre déjà beaucoup d'obstacles.
Elle indique que la fin de la gratuité des services de soutien à domicile va dans le sens contraire des orientations de la province depuis plusieurs décennies. Depuis les années 1980, le Québec adopte des politiques pour favoriser l'autonomie des personnes en situation de handicap, fait-elle valoir.
Ce que je trouve dommage, c'est que le gouvernement ne trouve pas mieux à faire que de cibler nos personnes vivant avec un handicap, souligne Mme Jean.
Du côté d’Aide chez soi royaume du Saguenay, une coopérative qui embauche des travailleurs sociaux venant en aide à des résidents à mobilité réduite, il n'y a pas encore lieu de s’inquiéter.
La coopérative assure qu’elle continuera à prendre en charge les personnes en situation précaire.


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