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Un juge a rejeté mercredi une deuxième demande d’injonction provisoire visant à empêcher le démantèlement d’un campement de personnes sans-abri à Saskatoon.
Cette nouvelle requête avait été déposée cette semaine par la clinique juridique Community Legal Assistance Services for Saskatoon (CLASSIC).
Il s’agit d’un second revers judiciaire pour les résidents du campement. Le 29 septembre dernier, la justice avait déjà débouté une première demande menée par une avocate Ville des Ponts, pour bloquer l’éviction des quelque 100 personnes qui y ont trouvé refuge. Nous examinons le cadre juridique afin de déterminer la meilleure façon de procéder, précise l’organisme dans un communiqué envoyé ce mercredi.
Community Legal Assistance Services for Saskatoon a également intenté une contestation constitutionnelle contre les règlements municipaux invoqués par la Ville de Saskatoon pour justifier l’évacuation des lieux. Une audience sur le fond est prévue le 27 octobre prochain.
Nous maintenons que le règlement municipal porte atteinte aux droits des résidents du campement, et notre position est que cette question doit être tranchée par les tribunaux sur le fond, précise l'organisme.
CLASSIC presse l'administration municipale de faire preuve de retenue et fait valoir qu'un démantèlement forcé causerait un préjudice inutile et irréparable aux occupants.
Le campement s'étend actuellement sur un terrain de stationnement de la 20e rue Ouest ainsi que sur deux parcelles municipales contiguës appartenant à la municipalité, sur la 19e rue.

Selon des personnes rencontrées sur place le 7 octobre 2026, le campement s’est agrandi au cours des dernières semaines.
Photo : Radio-Canada / Thomas Simon
Une situation qui inquiète les résidents du campement
David Fineday, installé dans le campement depuis plus de trois semaines et désigné porte-parole du collectif, réclame une ouverture au dialogue.
La Ville doit nous écouter, insiste-t-il. Selon lui, des représentants de la Fédération des Nations autochtones souveraines (FSIN) se sont rendus sur place et ont offert une assistance juridique. Le mouvement va prendre de plus en plus d’ampleur. La ville, tout le monde, doit commencer à écouter, car la situation ne fera qu’empirer, complète-t-il.
Même constat pour Irene Lindaleash, elle aussi résidente des lieux depuis trois semaines, qui affirme que le groupe ne baissera pas les bras.
Le rejet de la première injonction a fait mal, mais cela nous a poussés à nous battre encore plus fort. On n’a pas fait tout ce chemin pour abandonner , confie-t-elle. Être balayés sous le tapis de cette façon, c'est inacceptable. Nous nous faisons entendre par nous-mêmes et nous méritons d'être écoutés, confie-t-elle.
Dans une vidéo publiée sur Facebook lundi, la mairesse de Saskatoon, Cynthia Block, a affirmé que les résidents du quartier de la 20e rue ont le droit de vivre en sécurité, tout en reconnaissant que les personnes vulnérables vivant sous les tentes ont droit à des conditions plus dignes.
Elle précise que la municipalité doit agir et s’attaquer aux risques d’incendie, à l’exposition aux intempéries ainsi qu’aux problèmes d’insalubrité.
Nous devons écouter les personnes concernées pour comprendre la nature exacte de leurs besoins , a déclaré la mairesse, ajoutant que cette crise ne sera résolue que lorsque chacun aura un toit et le soutien nécessaire.
La Ville de Saskatoon avait précédemment désigné le campement comme un site présentant un risque pour la santé et la sécurité publiques.


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