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Du haut de ses 2,36 m (7 pi 9 po), Olivier Rioux n'a jamais eu besoin de faire grand-chose pour attirer les regards. Depuis son adolescence, sa taille exceptionnelle nourrit les comparaisons avec les géants de la NBA. Et à 20 ans, le jeune basketteur québécois espère toujours rejoindre leurs rangs.
L'an dernier, il est devenu le plus grand joueur de l'histoire du basketball universitaire américain en disputant ses premières minutes dans la NCAA. S'il parvient un jour à fouler un parquet de la NBA, il établira un autre record, dépassant le Roumain Gheorghe Mureșan et le Soudanais Manute Bol, qui mesuraient tous deux 2,31 m (7 pi 7 po), ou encore le légendaire Yao Ming (7 pi 6 po).
Mais entre ces deux records, il reste une étape essentielle, celle d'apprendre à jouer un rôle régulier au plus haut niveau universitaire. Ce qu'il n'a pas encore réussi à faire lors de ses deux premières années dans la NCAA.
Oui, ça reste mon objectif [...] J’aimerais d’abord pouvoir avoir mes [vrais] débuts [universitaires], bien me placer, puis aller en NBA. Mais la NBA, c’est toujours dans ma vision. C’est ce que je veux faire, affirme le jeune homme, sans la moindre hésitation, rencontré samedi par les médias montréalais.
Son agent Peter Yannopoulos assure pour sa part que plusieurs équipes de la NBA s'intéressent déjà au géant originaire de Terrebonne, à qui il reste trois années universitaires d'admissibilité.
On y va une année à la fois. Le but ultime, c’est la NBA. Je peux vous dire qu’il y a déjà plusieurs équipes qui me contactent [...] les retours sont positifs, ils voient le potentiel en lui, relate Yannopoulos en entretien avec Radio-Canada Sports.
Le plan actuel, c’est un plan de deux à trois ans. Je pense qu’il doit continuer à être plus fort physiquement. On va voir comment la saison va se dérouler. Mais on va être patients et prudents pour lui, pour s’assurer qu’il puisse passer à la prochaine étape et devenir un professionnel.

Le Québécois était de retour à Montréal avec sa nouvelle équipe, UC Irvine, dans le cadre d'un match préparatoire face aux Citadins de l'UQAM.
Photo : Radio-Canada/Raphaël Massoud
Le Québécois était de retour à Montréal cette fin de semaine avec sa nouvelle équipe, UC Irvine. Après avoir participé à un camp destiné aux jeunes, il devait disputer en soirée un match préparatoire contre les Citadins de l'UQAM, sa première rencontre dans la métropole en six ans.
Sa taille hors du commun a fait de Rioux une véritable vedette du basketball universitaire américain, bien au-delà des parquets. À chacune de ses apparitions, le géant québécois attire les regards, et ses vidéos font régulièrement le tour des réseaux sociaux.
Mais cette popularité contraste avec son expérience encore très limitée dans la NCAA. À 20 ans, Rioux doit maintenant démontrer qu'il peut se distinguer autrement que par sa taille et transformer ses atouts physiques exceptionnels en performances sur le terrain.

Olivier Rioux participait à un camp de basketball, à Montréal, avec l'organisation Jeunesse au soleil.
Photo : Radio-Canada/Raphaël Massoud
Son nouvel entraîneur-chef Russell Turner souhaite d'ailleurs que l'attention portée à Rioux ne détourne pas le jeune joueur de ses objectifs immédiats.
Je ne pense pas que ce soit un sujet approprié. C’est un objectif qui est loin. Il doit se concentrer sur lui-même, et je pense que ce qui est embêtant, c’est toute l’attention qui est autour de lui, dit-il au micro de Radio-Canada Sports.
Ce n’est pas Victor Wembanyama [la vedette française de 7 pi 4 po qui domine actuellement la NBA, NDLR], bien sûr. Il a évidemment des outils assez uniques, physiquement. Mais il peut encore travailler son impact du côté défensif. Il a tous les atouts pour avoir un impact de ce côté du terrain, ajoute Turner, à propos des points de progressions de son nouveau poulain.
Nouvelle équipe, nouveau départ

Le Québécois de 20 ans devrait tenter sa chance au repêchage de la NBA au cours des prochaines années.
Photo : Getty Images / James Gilbert
Si Olivier Rioux a quitté les Gators de l'Université de la Floride le printemps dernier, c'est parce qu'après deux saisons, il avait davantage observé le basketball universitaire qu'il ne l'avait pratiqué en compétition.
Son passage en Floride lui aura tout de même permis de faire partie d'une équipe championne nationale. Lors de sa première saison, en 2024-2025, il avait obtenu le statut de redshirt, qui lui permettait de s'entraîner avec ses coéquipiers sans disputer de match officiel, tout en conservant une année d'admissibilité universitaire.
Rioux a ainsi assisté depuis le banc au sacre national des Gators en 2025.
La saison suivante, il a enfin effectué ses débuts dans la NCAA. Mais ses apparitions ont été brèves. En 11 rencontres, Rioux a passé en moyenne moins de deux minutes sur le terrain, presque exclusivement dans les derniers instants de matchs dont le résultat était déjà acquis.
Le Québécois a donc changé d'air au printemps dernier, troquant le soleil de la Floride pour celui de la Californie, où se trouve sa nouvelle université, UC Irvine, au sud de Los Angeles.

Olivier Rioux a fait ses débuts avec les Gators de l'Université de la Floride en 2025, devenant ainsi le plus grand joueur dans l'histoire de la NCAA.
Photo : AP / Chris Watkins
Les Anteaters jouent dans la Big West, une association de première division de la NCAA. Moins réputée que les grandes associations qui rassemblent les puissances du pays (Big Ten, SEC, ACC), la Big West demeure compétitive. UC Irvine a d'ailleurs terminé au 1er rang de son association lors de la dernière saison.
Rioux aurait pu poursuivre sa carrière ailleurs. Selon son agent, il aurait reçu près d’une centaine d’offres d'universités américaines intéressées à ses services. Alors, pourquoi avoir choisi UC Irvine?
C’est une décision détaillée de partir de la Floride. Pour son parcours, son développement, on a décidé de changer de programme, explique Peter Yannopoulos.
On avait quatre critères. Jouer 18 à 20 minutes dans un programme, c’était le critère no 1. On voulait que le programme ait une stratégie pour lui offensivement, une stratégie défensivement, et également un plan pour le développement de son corps.
L'objectif est précis : passer de quelques présences en fin de match à un rôle régulier, avec des responsabilités des deux côtés du terrain.
Pour y parvenir, Rioux mise notamment sur Russell Turner, qui dirige les Anteaters depuis 2010. L'entraîneur s'est forgé une réputation pour son travail avec les joueurs de grande taille, une expérience qui a compté dans la décision du Québécois.
C’est un grand coach. Il sait comment communiquer avec les joueurs de façon positive, affirme Rioux, qui souligne que Turner est l’une des raisons principales de sa venue. Il y a plein de joueurs qui font sept pieds et plus avec qui il a bien travaillé.
Le jeune basketteur a déjà eu l'occasion de se familiariser avec ses nouveaux coéquipiers en août lors d'une tournée de matchs préparatoires à Taïwan.
Je pense qu’il aura de bonnes minutes cette saison. Il a très bien fait à Taïwan avec ce qu’on lui a donné, affirme l'entraîneur concernant ses premières impressions du Québécois.
C'est ainsi qu'Olivier Rioux abordera une saison bien différente de ses deux premières en Floride le 3 novembre prochain pour ses débuts officiels avec UC Irvine. La NBA reste son objectif, mais pour l'instant, c'est une place sur le terrain qu'il doit conquérir.


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